‹ Traité théorique et clinique de percussion et d’auscultation, avec un appendice sur l'inspection, la palpation et la mensuration de la poitrineChapitre 32 sur 151 · VOIX THORACIQUE NORMALE · texte numérisé non relu

VOIX THORACIQUE NORMALE

improvisé (v. p. 126), il appliqua l'auscultation aux organes Respiratoires. Il nous dit lui-même que, dès les premiers jours où il commença ses recherches, il songea h déterminer es différences que pouvait présenter la résonnance de la roix dans la poitrine. Son premier travail, qui était le mémoire présenté par lui à l'Académie des sciences, avait pour )bjet principal « l'étude de la phthisie pulmonaire par l'auscultation de la voix (1) ». Dans la première édition de son Ouvrage, le premier volume comprend deux parties : la jremière consacrée à l'exploration de lavoix,et la seconde i l'exploration de la respiration.

Beau préconisant sa théorie de la consonnance, et après ui Skoda, auquel on attribue à tort la priorité à cet égard, bnt aussi traité de la voix dans leurs ouvrages, avant de s'occuper des bruits respiratoires.

Cependant quelle que soit l'importante valeur de la voix (horacique en auscultation, les bruits respiratoires en ont me évidemment supérieure, et l'étude de la voix doit venir :n seconde ligne dans les traités d'auscultation , comme :ela a lieu d'ailleurs dans la pratique ; on recberche d'abord es signes fournis par la respiration, puis ceux que donent la voix et la toux.

Caractères. — «Lorsqu'un homme sain parle ou chante, it Laennec, sa voix retentit dans l'intérieur de la poitrine, it produit dans toute l'étendue des parois de cette cavité line sorte de frémissement facile à distinguer par l'applilation de la main. » Laennec ne semble d'abord avoir en tue que ce frémissement tactile, au lieu du retentissement c la voix qui l'accompagne. Il se montre peu confiant dans ie signe et le dit de médiocre valeur, parce qu'un grand ombre de causes font varier l'intensité du frémissement, ou : rendent tout à fait nul. « II est peu sensible, dit-il, chez

(1) Voyez le rapport de Pcrcy inséré dans le lor volume de roulage de Laennec, Inédit. , p. xij.

les personnes grasses, chez celles dont les téguments ont une certaine flaccidité, et chez celles dont la voix est aiguë et peu forte. L'infiltration des parois thoraciques le rend tout à fait insensible dans des cas où les poumons sont sains. Chez les hommes le mieux constitués, il n'est bien évident qu'à la partie antérieure supérieure de la poitrine, sur les côtés et dans la partie moyenne du dos. »

Ces excellentes remarques pratiques au sujet du frémissement vibratoire perçu par l'application de la main, sont applicables au bourdonnement de la voix perçu par l'auscultation.

Ce bourdonnement vocal, quelle que soit la région du thorax où il est perçu par l'auscultation, a des caractères différents de ceux de la voix parlée ou glottique. Il manque de netteté, et il constitue un bourdonnement plus ou moins intense et plus ou moins aigu, qui se passe près de l'oreille de l'observateur et qui est, par cela même, mieux perçu par l'auscultation immédiate qu'avec le stéthoscope. J'ai insisté, dans înô'ri mémoire de 1865, sur le fait de l'intensité de la réspnnance thoracique, qui est subordonnée à la tonalité de la voix parlée. Cette résonnance thoracique est, en effet, d'autant plus prononcée que la voix aune tonalité plus grave; cette résonnance est plus prononcée par conséquent chez l'homme que chez la femme en général, celle-ci ayant souvent une voix aiguë et grêle, qui ne retentit nullement au niveau du thorax (l). Nous verrons quelles utiles applications on peut faire de ces particularités à la pathologie.

Le timbre de la voix thoracique est plus variable encore

(1) On s'étonne que Laennec ait dit que la résonnance de la voix est très-peu marquée el.cz l'homme sain. Elle l'est extrêmement au contraire chez certains hommes, ceux ayant une voix do; basse-taille. U a noté pourtant, comme on vient de le lire plus haut, que le hem.ssement vocal thoracique était peu prononcé avec une voix aigm. et peu forle.

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