‹ Traité théorique et clinique de percussion et d’auscultation, avec un appendice sur l'inspection, la palpation et la mensuration de la poitrineChapitre 33 sur 151 · VOIX THORACIQUE NORMALE · texte numérisé non relu

VOIX THORACIQUE NORMALE

que sa tonalité, car on peut dire qu'il est fort difficile de rencontrer deux individus dont le timbre vocal soit semblable : on reconnaît un individu à sa voix. Quoique le bourdonnement de la voix thoracique ne reproduise pas très-exactement le timbre de la voix laryngienne, il y a entre elles une certaine analogie, et. par conséquent une grande variété.

Cette résonnance bourdonnante de la voix à l'auscultation est considérée comme diminuant à partir de son lieu de production jusqu'à la base de la poitrine. Laennec signale celte résonnance dans le fond de la bouche et des fosses nasales comme se faisant entendre sur toute la surface de la tète (1). Lorsqu'on applique le stéthoscope sur le larynx, le bourdonnement vocal est extrême et désagréable à l'oreille ; il est moindre au niveau de la trachée, là la partie supérieure du sternum, et au niveau de la racine des bronches, entre la partie supérieure des deux omoplates ; mais il est plus accentué dans ces différents points que dans les parties plus éloignées de la poitrine.

Conditions de production, organiques et physiques. — Chomel et Beau, comme nous l'avons vu (p. 151), ont confondu la production du bruit respiratoire et du retentissement thoracique de la voix dans une même explication. On ne saurait accepter cette confusion. La même théorie en •effet ne peut convenir à l'un et à l'autre, attendu qu'ils (n'ont de commun que de se faire entendre dans les imêmes régions.

Pour bien comprendre les particularités que présente la voix thoracique à l'auscultation, il faut distinguer la voix Ibasse ou chuchotée, le chuchotement, en un mot, et la voix (sonore ou timbrée.

Dans le chuchotement, il n'y a pas de véritable son roduit, mais seulement un bruit que l'on s'accorde àcon- (1) Lacnnec, ouvrage cilé, 3° cdit., p. 82.

sidérer comme le résultat des oscillations de l'air à sa sortie de la glotte. Celle-ci est trop élargie pour que la colonne d'air puisse faire vibrer les cordes vocales (1). Aussi ne se produit-il alors que des bruits, exprimant des voyelles différentes et des articulations, par suite des modifications des cavités sus-glottiqaes, et principalement de la bouche et du pharynx. La voix chuchotée s'étend donc très- j faiblement au delà de son siège de production.

Quand la voix est sonore et parlée, elle résulte de mouvements vibratoires rendus possibles par le rapprochement des lèvres de l'orifice glottique. Le larynx est, en effet, un instrument à anche double, dont la trachée est le porle-voix et dont les poumons sont les soufflets; les cavités sus-glottiques sont des caisses de résonnance. La voix parlée ou chantée n'est plus sans action sur le thorax à l'auscultation, comme le chuchotement, dans lequel il y a absence de vibrations des cordes vocales ; dans un grand nombre de circonstances, elle est perçue parle stéthoscope, mais modifiée Lestons graves de la voix, ai-je dit, s'accompagnent principalement du bourdonnement thoracique de la voix, tandis que les sons aigus ne présentent pas le même phénomène. A quoi tient cette différence ?

La physiologie nous a appris que, dans les sons vocaux graves les deux lèvres glottiques, qui s'insèrent aux parois du larvnx par une base longitudinale relativement large et éoaisse vibrent dans toute leur épaisseur; tandis que pour les sons aigus ou de tête, le bord libre seul des cordes vocales entre en vibration (Miiller, Donders). D'un autre côté l'expérimentation nous montre que, si 1 on parle a haute voix dans un tube profondément engagé dans les voies

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de 1877).

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