RESPIRATION CAVERNEUSE
l'explication véritable, qui est encore à rechercher (1).
La respiration caverneuse n'est pas généralisée dans un poumon comme le souffle bronchique. Elle est limitée à une partie de cet organe, le plus souvent au sommet en avant sous la clavicule, ou en arrière dans la fosse sus-épineuse; mais on peut la rencontrer également dans les autres parties du poumon. C'est un signe fréquemment observé clans la pratique. Il se perçoit ordinairement pendant les deux temps de la respiration avec une intensité variable, et une tonalité grave qui dépend de l'étroitesse relative du con-* duit de pénétration de l'air. Tandis que le souffle bronchique peut n'avoir qu'une durée passagère dans les maladies aiguës, le souffle caverneux est presque toujours persistant. Il peut être pris pour un souffle bronchique lorsqu'il est peu accentué, ou pour un souffle amphorique si au contraire il est très-prononcé ; c'est sur ces qualités intermédiaires et graduées du souffle que Skoda s'appuie pour rejeter l'existence du souffle caverneux; mais elles ne sauraient empêcher de rencontrer fréquemment des respirations franchement caverneuses parfaitement distinctes. On ne doit pas oublier que le souffle caverneux se différencie du souffle amphorique par l'absence de la résonnance harmonique ou métallique qui caractérise le souffle ou la respiration amphorique, dont il sera question tout à l'heure.
Conditions organiques et physiques. — Dans l'immense majorité des cas, la respiration caverneuse est due à des cavités accidentelles produites clans les poumons par la fonte des tubercules, par un abcès du poumon d'une autre nature, par une gangrène pulmonaire à sa troisième période, par une dilatation prononcée des bronches, ou enfin par une
(1) Baréty, Sur un nouveau bruit de souffle pulmonaire (bruit de souffle broncho-pleural), avec des considérations sur le mécanisme des bruits ampkoriques, et les différences de tonalité dans les bruits de souffle cavilaires et d'induration. Nice, 1878.
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pleurésie localisée circonscrite au niveau des côtes pan des adhérences, et en communication avec les bronches.
Dans ces différentes conditions, il y a une cavité accidentelle nui explique la production du souffle caverneux; mais cette cavité peut manquer, et le souffle caverneux se produire H ne faut pas croire que, dans ce dernier cas, le souffle caverneux soit peu accentué; il peut avoir alors une intensité telle que, sans se rappeler les caractères distinctes des deux souffles, on a qualifié d'amphorique le souffle caverneux sans caverne. Gela m'est arrivé à moi-même dans e fait suivant. J'ai rencontré ce souffle au niveau cl une petite tumeur de la grosseur d'une aveline, peu distante de la nlèvre à la partie moyenne postérieure du poumon droit, et entourée de tissu pulmonaire parfaitement sain, sans aucune dilatation des bronches, et sans qu'il ait ete possible de se rendre compte du mécanisme de la production du souffle, ni du son tympanique localisé qui accompagnait celte respiration caverneuse (1). Cette existence du souffle caverneux sans cavité accidentelle fut confirmée les année, u va tes par Barthez et Rilliet (1853) et par Béhier (1854) d^de communications faites a la Société méd.cale des hôp taux-La respiration caverneuse, dite amphorique, était perçue au niveau du poumon comprimé par des epanche- Ss pleur étiques considérables, sans qu'il y eut aucune pulmonaire clans les huit observations relatées dans
^^'observateurs ont rapporté des faits analogue'
(1) Ovation de teneurs f»*tf**» généralisées et simulé un cancer du poumon (Arch. de med IMh A tt) De Ueauvais, Pleurésie chronique, avec ^Z'Z (GUetie des
la pleurésie (Arch. gén. de med., 1856),