GROUPE : BRUITS VAM EXSUDAT
Ces exsudais sont liquides ou visqueux, et produisent des rAlos ; ou bien ils sont solides, et ils sont alors la cause de bruits de frottement ou d'autres bruits divers.
g jer. , BRUITS PAR LXSUDATS LIQUIDES, OU RALES.
Je réserve la dénomination de râles au vrai sens du mot : aux bruits résultant du passage de l'air à travers un liquide plus ou moins clair ou visqueux, se trouvant sur son passage. L'autorité de Laennec a fait admettre, dans la division des râles, des bruits anomaux d'un ordre absolument différent, et dont les qualifications de râles secs ou sonores ne peuvent satisfaire l'esprit. Ce sont des termes non justifiés que l'on devrait rejeter, pour rendre plus correcte la distinction des bruits d'auscultation, en plaçant ces prétendus râles parmi les respirations anomales, ainsi que je l'ai fait.
Les râles vrais varient suivant la consistance du liquide traversé ou agité par l'air, suivant le volume des bulles dont on a la sensation, et selon le diamètre des conduits ou des espaces dans lesquels ces râles se produisent. En s'appuyant sur ces données générales, on a divisé les râles de différentes manières. En ayant égard au volume des bulles, on les a divisés en râles fins ou en râles à bulles moyennes ou grosses ; suivant leur siège (1), en râles vésiculaires, bronchiques, laryngiens, cavernuleux, caverneux, amphoriques; selon la nature des liquides, en râles muqueux ou huileux, crépitants avec bulles fines ou grosses,et en craquements humides.Cette dernière distinction, basée sur la nature des liquides exsudes, est la plus simple; elle doit être adoptée de préférence aux autres, parce qu'elle peut les comprendre facilement toutes.
Skoda a donné une division des râles comprenant les variétés suivantes : « 1° râle vésiculaire; 2° râle consonna.it; 3° râle crépitant ou à grosses bulles, ou craquement;*0 rates indéterminés -, 5" râles accompagnés d'une résonnance amphorique et d'un tintement métallique ». Cette dislinc- M) C'est sur cette base <?ue Eournet a établi sa principale division des râles, qui ne comprend pas moins de huit divisions [ouvrage cite, p. 319).
RALIiS MUQUEUX. 237
tion des râles, proposée par Skoda, n'a pas été acceptée. Il a admis, comme Laennec, des râles secs, compris sous le nom de craquements, et sous la dénomination bizarre de râles indéterminés, qui sont incompréhensibles comme ses respirationsindéterminées, dont il a été question (p. 188), parce qu'ils n'ont que des caractères négatifs sans aucune valeur. Son râle consonnant est aussi indéterminé; rien déplus vague, selon l'expression d'Aran, et j'ajouterai rien de plus incompréhensible, que la description qu'en donne Skoda. Nous n'avons donc pas à tenir compte de son classement. Le plus utile nous parait être celui qui isole les râles humides des prétendus râles appelés secs (1), et qui comprend : l°les râles muqueux; 2° les râles crépitants.
1° Raies muqueux. (Râle humide, sous-crépitant, huileux, gargouillement.) — Caractères. — On a une idée approximative des râles muqueux par le bruit multiple que l'on obtient de la rupture successive des bulles produites par l'insuflîation d'eau de savon. Les différences entre ce bruit artificiel et les râles muqueux ou sous-crépitants intrathoraciquesdépendentde la différence des milieux, des conduits qui donnent passage à l'air, et du volume des bulles.
Le râle sous-crépitant ou muqueux emprunte au calibre variable des conduits bronchiques, ou à l'étendue des cavités accidentelles où il se produit aussi, le volume plus ou moins considérable de ses bulles; de là les termes de râle humide trachéal, vésiculaire, etc. Il est caractérisé par une succession de bruits huileux, inégaux de volume et souvent
(1) Fournet, dans ses études consciencieuses, mais trop méticuleuses, des bruits d'ausculation {ouvrage cité), admet quatorze espèces de râles secs: des râles secs à ton grave (râles sonore, ronflant, de tourterelle, de corde de basse, etc.), et des râles secs â ton aigu) (râles sibilant, de siflement, cri de petit chien, cri d'oiseau, etc.). Skoda admet le râle crépitant sec ou craquement de Laennec, mais il dénie la qualification de râles aux bruits de ronflement, de sifflement, de sibilanée.
de tonalité différente, d'intensité très-variable dans leur ensemble, et semblant se passer superficiellement sous l'oreille, s'ils sont nettement accusés.
A considérer les différents degrés de manifestation du râle muqueux ou sous-crépitant, on lui trouve des caractères gradués de la petitesse à la grosseur des bulles. Les deux types extrêmes sontle râle sous-crépitant fin etle gargouillement, si bien imité par l'insufflation de l'eau de savon. Eu égard à l'humidité ou à la viscosité du liquide exsudé, le râle muqueux arrive quelquefois à présenter les caractères d'un râle crépitant à grosses bulles. C'est alors une série de grosses bulles ou crépitations se succédant irrégulièrement; ces bulles ont un timbre plus dur que le râle muqueux proprement dit, et plus humide que le râle crépitant vrai.
L'intensité du râle sous-crépitant est variable et dépend de l'abondance suffisante du liquide et de la force de pénétration de l'air. Sa tonalité est d'autant plus élevée que les bronches dans lesquelles il se produit sont plus fines, et les bulles plus petites.
Ce râle se montre dans différents points de la poitrine, tantôt limité à une partie peu étendue, au niveau du sommet du poumon, par exemple, occupant souvent les deux bases des poumons en arrière, et envahissant soit un de ces organes tout entier, soit les deux à la fois. Dans ce dernier cas, il est associé à d'autres signes parmi lesquels prédominent les diverses respirations anomales que j'ai décrites : l'affaiblissement du bruit respiratoire, qui peut coïncider avec le râle ou être remplacé par lui, l'expiration prolongée, la sibilance, le ronflement. Le râle muqueux s'entend habituellement dans les deux temps de la respiration, par suite delà pénétration et de la sortie successives de l'air à travers les mucosités intra-bronchiques.
C'est un signe dont l'évolution est aiguë ou chronique se-