RALES MUQUEUX
Ion sa cause organique, et que l'on voit s'étendre graduellement de bas en haut de la poitrine, ou décroître en sens opposé, par suite de l'accumulation ou de la résorption graduelles des mucosités bronchiques.
Lorsqu'il est peu prononcé, et composé de bulles peu distinctes s'enchevêlrant entre elles, on peut le confondre avec la respiration granuleuse, ou avec le bruit de frôlement ou de frottement doux se passant clans la plèvre. Le vrai râle humide est ordinairement modifié dans ses caractères par la toux, par suite du déplacement brusque des mucosités, tandis que rien de pareil ne se manifeste habituellement dans les cas de respiration granuleuse ou de frôlement pleurétique, dont les caractères ne varient pas sensiblement. Barlh et H. Roger ont parfaitement indiqué les caractères différentiels du râle sous-crépitant avec le râle crépitant fin, et avec le râle caverneux, ou gargouillement, dont il est comme l'intermédiaire. Le râle sous-crépitant fin se distingue du râle crépitant parce qu'il est entendu dans les deux temps de la respiration, il est plus étendu, plus généralisé, et^n'est pas accompagné ni suivi de souffle bronchique. 11 diffère du râle caverneux en ce que ce dernier coïncide presque toujours avec la respiration, la toux et la voix caverneuses.
Conditions organiques et physiques. — L'air circulant dans des conduits ou des cavités intra-pulmonaires, en traversant des liquides fluides ou légèrement visqueux qui y sont sécrétés : telle est la condition organique et physique du râle sous-crépitant ou muqueux. La sécrétion du mucus du pus ou du sang, qui sont traversés par l'air, peuvent dépendre d'une inflammation de la muqueuse bronchique soit aiguë, soit chronique, ou d'une simple irritation de voisinage, comme celle due à la tuberculisation pulmonaire au premier degré. Dans tous les cas, le bruit produit est transmis d'autant mieux à l'oreille de l'observateur que le
tissu pulmonaire est plus compacte entre le lieu d'origine
et les parois que l'on ausculte.
Signification.— Dans l'état normal, il ne se produit pas, à l'auscultation, dans la poitrine, de bruit semblable ou analogue au râle muqueux. Sa constatation et sa persistance* révèlent donc toujours une modification morbide plus ou moins grave. On le trouve comme type, localisé à la base des poumons en arrière dans la bronchite franche, aiguë, ou chronique, et disséminé dans les différentes parties du poumon dans les diverses affections catarrhales. Le râle sous-crépitant n'est pas, comme je crois l'avoir démontré par mes recherches, un signe fréquent de congestion pulmonaire, ainsi qu'on le croyait auparavant Le râle à bulles plus ou moins volumineuses, est localise clans un espace circonscrit du thorax, variable du reste, dans le cas de dilatation des bronches, et il est quelquefois le seul signe de cette affection chronique. Il est encore localise ; dans les cas cI'hémoptysie et d'APOPLEXiE pulmonaire. Au sommet du poumon, il peut annoncer la présence des | tubercules; dans ce cas, il est habituellement bien circonscrit, et sa signification est fort délicate, car il peut coïncider avec la période de crudité des tubercules, qui provoquent la sécrétion bronchique par irritation de voisinage, comme ils provoquent la pleurésie sèche localisée; ou bien le râle sous-crépitant résulte d'un ramollissement , tuberculeux à son début.
Le gargouillement se perçoit à distance quand il est trachéal (râle de l'agonie), et à l'auscultation lorsqu il exis j une cavité contenant un liquide assez abondant travers par l'air : dans les cavernes tuberculeuses, dans les abcl, rares dus à la pneumonie, dans certaines dilatations de bronches, dans le pneumothorax étendu ou P^ie > J enfin dans les cas de corps étrangers, dans les bion ches.