VOIX CAVERNEUSE
voix des chanteurs, parce que les registres de leurs voix peuvent descendre graduellement de celui du ténor le plus élevé à celui de la basse la plus grave. Nous ne saurions accepter, avec la plupart des observateurs français, la suppression du professeur de Vienne.
Il va être question de la voix caverneuse qui accompagne la haute voix. Je dirai ensuite ce que l'on comprend par pectoriloquie aphone.
Caractères.— La voix caverneuse est si réelle, quelle a été le premier signe important que l'auscultation a révélé à Laennec. lia insisté sur ces caractères que, dans la pectoriloquie parfaite, il y a une transmission évidente delà voix à travers le stéthoscope, une exacte circonscription du phénomène, avec la concomitance de la toux et des râles caverneux, qui empêchent de confondre la pectoriloquie avec la bronchophonie. Ce que l'on ne saurait admettre avec l'inventeur de l'auscultation, c'est qu'il y ait une pectoriloquie imparfaite, quand un de ces caractères manque et surtout quand la transmission de la voix n'est pas évidente. Il en est de même de la variété de pectoriloquie qu'il qualifie de douteuse, « quand la résonnance est très-faible et ne peut être distinguée de la bronchophonie qu'à l'aide des signes tirés de l'endroit où elle a lieu, des symptômes généraux et de la marche de la maladie ». Il est clair que, dans ces circonstances, la voix caverneuse n'existe pas.
Pour bien caractériser la pectoriloquie, il faut que la voix traverse le stéthoscope avec force (1), et qu'elle soit l&calisée. Elle est le plus souvent perçue au sommet des poumons, soit sous la clavicule, soit au niveau de la fosse sus-épineuse, ces points étant ceux où siègent habituellement les cavernes tuberculeuses.
Conditions organiques et physiques. - La pectoriloquie
(I) Il arrive quelquefois que la force de transmission est si grande quelle est insupportable à l'oreille qui ausculte.
se constate au niveau des excavations pulmonaires, et journellement au niveau de celles qui sont les plus fréquentes : les cavernes tuberculeuses.
Mais il y a deux conditions anatomiques nécessaires aux excavations tuberculeuses et autres, pour que la pectoriloquie se montre : 1° il faut que l'excavation soit béante, et 2° que les bronches qui débouchent dans leur intérieur soient libres. Que les parois soient rapprochées et se touchent pendant l'inspiration, ou que les bronches soient obstruées par une mucosité épaisse, et la voix cesse d'être caverneuse.
Ce phénomène est d'autant plus prononcé que la voix glotlique est plus grave, parce qu'elle résonne alors plus fortement clans la poitrine en général, et par suite dans l'excavation, qui constitue une caisse de résonnance. Quant à la tonalité de la voix anomale, elle dépend à la fois de la o-randeur de la caverne et des dimensions de l'ouverture de
pénétration de l'air.
Signification. - Laennec, qui pensait avoir trouve un signe d'auscultation pathognomonique pour chaque affection organique du poumon, signalait la pectoriloquie comme le signe spécial des cavernes tuberculeuses. Lorsque ce signe faisait défaut, comme cela se rencontre chez certains phthisiques, malgré l'existence d'excavations, il disait ou que la pectoriloquie était imparfaite, ou qu'elle était douteuse. Quoi qu'il en soit, lorsque la pectoriloquie existe, elle est un excellent signe d'excavation, surtout si elle coïncide avec la respiration caverneuse et du gargouillement
caverneux. . ...
On peut rencontrer la pectoriloquie au niveau de tou es, les excavations pulmonaires d'une autre nature que celles dues à la fonte des tubercules : celles qui résultent, par exemple, de la gangrène du poumon, des infarctus ramollis et communiquant avec les bronches, d'une simple