VOIX SOUFFLÉE
à insister sur la signification de ce signe important dans les épanchements PLEURÉT.IQUES, dont il dénote habituellement le. peu d'abondance, soit au début de la pleurésie, •soit lorsque la résorption du liquide est avancée. Elle est ■de plus un signe de la hauteur occupée par l'épanchement, dont elle marque souvent la limite supérieure ; et alors son déplacement avec l'évolution de la maladie peut répondre aux différentes phases d'accroissement ou de déclin de la quantité du liquide épanché. L'égophonie se rencontre assez fréquemment dans le cours de la pneu- 3ionie, comme indice d'un épanchement pleurétique concomitant, ainsi que dans les hydrothorax de diverse •origine. Ce n'est que dans des cas très-rares que l'on pourra rencontrer l'égophonie sans épanchement dans la cavité pleurale, comme je l'ai constaté chez deux sujets atteints
•de CONGESTION PULMONAIRE.
4° Voix soufflée. — J'ai donné ce nom à un phénomène ■vocal particulier qui doit être distingué des précédents.
À propos de l'égophonie, Laennec a signalé le chevrotement de la voix qui la caractérise comme se faisant quelquefois entendre immédiatement après la voix, et non pas avec elle, et ne portant, comme un écho imparfait, que sur la finale des mots. Dans ce passage, qui m'avait échappé en 1 804, Laennec aévidemment entrevu le phénomène delà voix soufflée, sans y insister davantage, peut-être parce qu'il ne se rapportait pas h une maladie déterminée. Quoi qu'il en soit, c'est à propos d'un cas de pneumonie que je constatai ce signe anomal, et ce fait motiva de ma part des recherches que je communiquai en 1864 à la Société médicale des hôpitaux (1). Elles étaient extraites du présent ouvrage sous forme de mémoire.
(I) Mémoires de la Soc. méd. des hôpitaux, 1864-, et Union médicale, même année, t. XXIII, p. 165.
Caractères. — Pour bien comprendre le phénomène de la voix soufflée, il ne faut pas oublier quelle existe comme phénomène supplémentaire, lorsqu'on perçoit une respiration avec souffle bronchique, caverneux ou amphorique dans larégion du thorax où elle est perçue. Il faut distinguer les cas dans lesquels le malade parle à voix haute de ceux dans lesquels il parle bas.
Quand on fait parler le malade à haute voix, lorsqu'il s'agit des faits dans lesquels il y a du souffle respiratoire, j ordinairement la voix laryngienne, ou bien consonne comme un simple bourdonnement, ou bien se manifeste par de la bronchophonie, de la pectoriloquie, de l'égophonie ou de l'amphorophonie. Or toutes ces consonnances sans excep-' tion s'effectuent habituellement en même temps que la voix laryngienne. La voix soufflée, au contraire, s'accentue par un souffle saccadé comme les syllabes, mais après chacune d'elles. Cela est surtout sensible lorsqu'on fait articuler au malade des monosyllabes, comme les premiers nombres, un, deux, trois, etc. En un mot, la voix soufflée répond par un souffle, comme un écho bien distinct, aux articulations des sons de la glotte.
Lorsque le malade parle bas, ce ne sont plus que des saccades soufflées que l'on entend, se produisant comme dans la condition précédente, après chaque articulation parlée; c'est la voix soufflée clans toute sa simplicité.
On voit qu'il s'agit ici d'un phénomène vocal bien distinct des autres variétés de la voix Ihoracique. Elle ne saurait être confondue avec elles lorsqu'il s'y joint un souffle, et lorsque ce souffle accompagne absolument toutes les articulations vocales, au lieu de les suivre comme autant de réponses. La pectoriloquie dite aphone, qui ne se manifeste que par du souffle isochrone, ne doit pas être confondue non plus avec la voix soufflée aphone, si le souffle coïncide avec les articulations de la voix laryngienne. Il en est de mémo