‹ Traité théorique et clinique de percussion et d’auscultation, avec un appendice sur l'inspection, la palpation et la mensuration de la poitrineChapitre 48 sur 151 · VOIX SOUFFLÉE · texte numérisé non relu

VOIX SOUFFLÉE

du chuchotement de Skoka, qui n'est pas autre chose que la pectoriloquie aphone, et sans doute aussi, dans certains cas, la voix soufflée, confondues l'une et l'autre sous la dénomination de chuchotement.

Conditions organiques et physiques. — Nous avons vu que la condition générale qui domine la production de la voix soufflée est l'existence préalable de la respiration soufflante, ou du moins des conditions organiques qui la produisent (1).

En considérant son chuchotement comme un phénomène de consonnance, Skoda montre qu'il a méconnu la voix soufflée, et qu'il a mal interprété le chuchotement. Le malade parlant alors à voix basse ou étant atteint d'aphonie, le chuchotement entendu serait simplement la consonnance,' dans les poumons, du bruit respiratoire du larynx et non de la voix. Cette explication semble au premier abord toute naturelle; ce signe, comme Laënnec et Fournel l'ont indiqué dans d'autres termes, se produit en effet dans l'aphonie, alors qu'il ne saurait avoir pour origine le retentissement du bruit vibratoire vocal, et s'il y avait consonnance, ce ne pourrait être que celle du bruit respiratoire glottique. Mais cette explication n'est pas admissible au point de vue de la voix soufflée.

La consonnance des bruits laryngiens dans les cavités respiratoires naturelles ou anomales s'effectue en effet presque instantanément. Du moins l'oreille, comme le mot consonnance 1 indique, perçoit, comme étant synchrones et le son laryngien produit et son retentissement profond' Il en est ainsi dans la bronchophonie pure. Mais pour la voix soufflée quand le malade parle haut ou bas, dans un cas comme dans 1 autre, 1 articulation simplement soufflée des mots ou.

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des svllabes qui se fait sous l'oreille est franchement tardive, et par conséquent elle ne saurait être la consonnance des articulations glottiques.

L'explication de la voix soufflée me paraît très-difficile. J'ai proposé l'explication suivante, dont je n'hésite pas à reconnaître l'insuffisance, et que je rappelle faute d'une meilleure. Une certaine quantité d'air sort par la glotte a chaque articulation parlée. Cette sortie de l'air ayant heu par saccades, il est remplacé au-dessous, par saccades aussi, par de l'air plus profondément situé. Or cet air confine profondément, provenant des conduits ou sortant de cavités où se produit la respiration soufflante, le souffle saccade s'v effectuerait et serait transmis à l'oreille de l'observateur Cette progression avec sortie de l'air se ferait des lors en deux temps : dans le premier, il y a le bruit glotlique ou articulation aphonique, et dans le second, le souffle qui serait profondément produit par le mouvement de l'air confine profondément. Ce qui viendrait à l'appui de celle explication c'est que la voix soufflée intrathoracique constitue un souffle articulé profond qui est toujours identique, que la voix du même malade soit, haute, vibrée, ou qu'elle soit émise bas, sans vibrations laryngiennes. J'ai recueilli deux observations qui semblaient justifier cette manière de voir. Il s'agissait de deux cas de pneumonie suivis de mort et dans lesquels j'ai trouvé qu'au delà de l'hépatisation il y avait, une fois au sommet et l'autre fois à la base une partie de tissu pulmonaire non hépatisôe. Etait-ce dans celte portion reculée de l'organe que se trouvait confine air qui produisait la voix soufflée en traversant le tissu hepalise pour gagner la glotte? ou bien une partie de 1 air pousse vers la glotte ferait-il retour, à chaque articulation, dans les cavités aériennes où s'effectue la voix soufflée? Cette dernière explicalion me paraît préférable à la précédente

On voit en définitive que la voix que j'appelle souillée

VOIX AMPHORIQUE. 263

est un phénomène distinct d'auscultation aussi net que possible, mais dont il est encore difficile d'expliquer le mode de production.

Signifiait ion. — La voix soufflée, en raison de celte obscurité de production, n'a pas une signification bien .précise dans les maladies avec respiration soufflante dans lesquelles elle se montre. Ce sont la pneumonie, la pleurésie, les tubercules suivis d'excavations caverneuses, la gangrène suppurée, la congestion pulmonaire lorsqu'elle produit un souffle bien distinct, et enfin le pneumothorax avec sortie facile de l'air par la fistule (1). La voix soufflée peut-elle se produire dans la dilatation des bronches, ou dans l'apoplexie pulmonaire? Je ne saurais le •dire, ne l'ayant pas rencontrée dans ces affections. Quoiqu'il en soit, ce signe m'a paru se montrer dans la période la moins grave des affections que je viens de rappeler. Mais c'est encore un sujet de recherches intéressantes à faire.

■5° Voix amphorique. Bourdonnement vocal amphori-

que. — J'ai peu de choses à dire de la voix ayant le caractère amphorique. Quand le malade parle, cette voix produit un bourdonnement ayant les mêmes caractères que la respiration amphorique, avec ou sans tintement métallique. Nous venons de voir, à propos de la voix soufflée, que la voix thoracique amphorique pouvait prendre le caractère de la voix soufflée, ce souffle étant lui-même amphorique.

(I) Dans le cas de pneumothorax, le timbre du souffle a le caractère amphorique, et peut même être remplacé par un tintement métallique. Andry, dans son Manuel d'auscultation et de percussion (1844), a signalé ce tintement métallique comme se produisant pendant l'acte de la parole à la fin de chaque syllabe, les mots étant lentement et nettement articulés (p. 215). N'y a-t-il pas eu ici un phénomène analogue, pour son mode de production, à celui de la voix soufflée, qui serait due ici au retour de l'air par l'orifice fistuleux?

Celte voix amphorique se produit dans les mômes conditions que la respiration de ce nom, et la signification est la même de part et. d'autre. Je n'ai donc qu'à renvoyer le lecteur aux conditions de la voix amphorique déjà exposées.

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