LARYNX. — ETAT SAIN
cartilage thyréoïde, en faisant porter légèrement la tête en arrière et en haut, du côté opposé à celui que l'on ausculte. On aura soin de presser médiocrement en appliquant l'oreille, de manière à ne pas produire de douleur et à ne pas rétrécir la cavité laryngienne. On peut faire cette application successivement des deux côtés, une différence pouvant exister, clans des cas très-rares il est vrai, entre le côté •droit et le côté gauche. — On ausculte la trachée en appliquant le stéthoscope en avant du cou à la partie moyenne, entre la fourchette du sternum et le cartilage thyréoïde. Barth a indiqué aussi la nuque comme un point commode où l'on peut également percevoir les bruits laryngo-trachéaux.
Caractères généraux des signes. — Comme pour les autres parties des voies respiratoires, les signes d'auscultation obtenus au niveau du larynx se font entendre pendant l'exercice de la respiration, de la voix ou de la toux. Les sonorités que l'on y perçoit ont le caractère de respirations soufflante, sifflante ou ronflante, et un petit nombre de signes spéciaux dont il sera question tout à l'heure.
Le bruit respiratoire laryngé se produit dans les deux temps de l'entrée et de la sortie de l'air. Il a une intensité remarquable, plus prononcée au niveau du larynx que de la trachée. Il est constitué par un souffle rude, à tonalité grave et à timbre caverneux, que l'on retrouve toujours, plus ou moins accentué, quelles que soient les variétés que présentent les différents individus examinés. — La voix et la toux y produisent des résonnanecs en rapport avec ce caractère caverneux de la respiration.
L'état anatomique des parties explique la production de
ces signes physiologiques. La cavité du larynx et de la trachée qui lui fait suite constituent un espace creux, à orifice rétréci par les lèvres de la glotte, par où l'air entre et sort en produisant une veine fluide d'où résultent les bruits perçus.
g 2. — DANS L'ÉTAT MORBIDE.
Il n'y a pas lieu de faire une élude particulière de tous les signes d'auscultation perçus dans l'état morbide au niveau du larynx. Il suffit de les envisager en général dans leurs caractères, leurs conditions organiques et leur signification.
Caractères. — Les signes morbides d'auscultation constatés au niveau du larynx sont des modifications des bruits normaux ou des phénomènes particuliers. Le bruit respiratoire, selon Bartb, devient plus rude, plus râpeux que dans l'état physiologique; ou bien il est remplacé par un sifflement prolongé, un cri de ton, d'intensité ou de timbre variables, par un ronflement prenant le caractère du cornage, et dans certains cas, un timbre métallique. Enfin on peut percevoir un ronchus humide à grosses bulles ressemblant au râle caverneux. — Plus rarement il y a un bruit de grelot, ou une espèce de murmure vibrant, de tremblotement, de bruit de drapeau, comme si un voile morbide membraneux était agité par le passage de l'air. Plusieurs de ces sonorités peuvent être entendues par l'oreille nue.
Une particularité qui n'a pas été notée, c'est la condition du retentissement dans toute la poitrine de certaines sonorités qui se produisent au niveau du larynx. Pour que cette propagation ait lieu, il faut, ai-je dit, qu'il se produise des sons ou des tons h vibrations régulières au niveau de la glotte On peut s'assurer en effet que la respiration sifflante