‹ Traité théorique et clinique de percussion et d’auscultation, avec un appendice sur l'inspection, la palpation et la mensuration de la poitrineChapitre 52 sur 151 · LARYNX. — ÉTAT MORBIDE · texte numérisé non relu

LARYNX. — ÉTAT MORBIDE

ou ronflante, le cri sonore, elle gargouillement Iaryngo-trachéal sont perçus nettement dans les différentes parties du thorax, comme si ces phénomènes acoustiques se passaient sous l'oreille. L'arbre aérien constitue dans ces cas une cavité résonnante, à la condition toutefois d'avoir sa béance normale.

Conditions organiques et physiques. — De même que le passage de l'air dans la cavité laryngo-trachéale par l'orifice glottique explique les bruits normaux intralaryngiens, de même aussi les modifications anatomiques de cette cavité et de cet orifice permettent de se rendre compte des bruits anomaux produits. Ces modifications aiguës ou chroniques sont principalement des lésions qui rétrécissent l'ouverture de la glotte, ou qui en produisent l'obstruction incomplète. Cette obstruction ou ce rétrécissement sont dus à des causes diverses : — à la congestion dans le faux croup et la coqueluche; — à l'inflammation dans la laryngite grave; à la laryngite ulcéreuse lorsque les bords de l'ulcération sont, tuméfiés; — aux rétrécissements dus à V œdème de la glotte; à des polypes; à des tumeurs développées clans l'épaisseur des parois du larynx, ou extérieures et comprimant alors cet organe (cancer, végétations syphilitiques, hydatides); a des fausses membranes diphthériliques ou croupales; au spasme de la glotte. — Une obstruction d'un autre genre résulte de la présence de mucosités abondantes dans le larynx, où elles produisent un râle trachéal qui est un phénomène d'agonie des maladies graves, lorsque l'expulsion des mucosités ne peut plus avoir lieu.

Signification. - Les signes qui se rattachent aux diverses causes du rétrécissement laryngo-trachéal, tels que a rudesse du souffle respiratoire, la respiration sifflante, remuante, le cri sonore même, sont communs à un grand nombre d'affections. Ces signes ne sont donc pas caracténsfques dune affection plutôt que d'une autre, parmi celles

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■nui rétrécissent la glotte. Il n'y a que trois signes qui aient une valeur particulière. Ce sont : le bruil de grelot laryngien du dans certains cas, à la présence d'un corps étranger mobile - le bruit de drap m a, perçu dans des cas exceptionnels de croup, puisqu'il faut qu'une fausse membrane soit en partie détachée de la muqueuse et flottante; et enfui le gargouillement humide, qui n'estqu'un phénomène d'agonie asphyxique.

ART- 4. Auscultation de l'œsophage.

Aucun mouvement sonore appréciable ne se produit dans l'œsophage à l'état de repos; mais on a cherché a utiliser, pour le diagnostic des affections de ce conduit musculaire, l'auscultation du bruit produit par le passage d une sonde dans l'œsophage, et surtout le bruit de déglutition, qui van selon la lésion existante. Hamburger est l'observateur qui s'est occupé le plus de cette question de sémiologie dans des travaux récents (1.868 à 1870).

"en arrière de la poitrine, dans Vespaee interscapulaire née peuvent se percevoir les bruits inlra-œsophag.ens E^ant avaler une cuillerée à soupe de liquide au moment application du stéthoscope, celui-ci fa.t percevoir che 'homme soin une sorte de glouglou normal, qu est modifie ™ les lésions organiques de l'œsophage, et notamment pal % glissement. Dans ce dernier cas, Hamburger signale

s signes suivants : si le bruit de déglutition est nor ia s'arrête tout à coup au niveau du point ret reç ^ » h l'écoulement du liquide au passage du point reliée, prend le caractère d'un bruit de frottement.

S'il y a une dilatation paralytique de l'œsophage au-dc s de l'obstacle, on perçoit un bruit de J^sement ruissellement, et parfois un bruit de regurg, a mn » gargouillement. Une sonde donne un brmtde flottement

OESOPHAGE. 271 de grattement, lorqu'elïe chemine au niveau des rugosités que peut présenter le rétrécissement, ou bien un exsudât diphlhéritique, des ulcérations inégales, des excroissances, un corps étranger. Un bruit sifflant ou amphorique est signalé aussi par Hamburger dans les cas de rupture de l'œsophage dans la cavité pleurale.

Ces différentes données diagnostiques ont besoin d'être étudiées pour que leur signification puisse être bien établie; elles ont une utilité qui, jusqu'à de nouvelles recherches, paraîtra secondaire en présence des autres signes cliniques déjà connus.

L'auscultation s'emploie au niveau du cœur, des vaisseaux •artériels ou des vaisseaux veineux, pour percevoir les bruits naturels ou morbides qui s'y produisent.

Après Laennec, et depuis les recherches si remarquables du professeur Bouillaud, on a tellement écrit sur l'auscultation du cœur, tant à l'étranger qu'en France, qu'il serait difficile de faire ici un exposé succinct de ces nombreux travaux (1). Je me contenterai donc de les rappeler à l'occasion dans le cours de ce qui va suivre. Malheureusement, malgré l'importance et la multiplicité de ces publications, beaucoup de questions relatives à l'auscultation du cœur restent encore obscures. Les nouvelles recherches physiologiques sur le cœur ont néanmoins permis d'élucider différents points de l'étude de l'auscultation cardiaque. Maurice Raynaud, dans son intéressant article Cœur du Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, a fait une véritable mo-

(1) On trouve une bibliographie étendue des travaux relatifs a l'auscultation du cœur et des vaisseaux jusqu'en 1870 dans 1 1 ouvrage deP Niemeyer (Handbuch der percussion und auscultation, 2 pâme, p. 207). On y trouve mentionnés plus de quatre cents ouvrages ou ticlcs.

AUSCULTATION DU COliUR. 273

nographié de la pathologie cardiaque. Lulon, J. Parrot, Polain et Rendu, dans des travaux remarquables que j'aurai souvent aussi à citer et à utiliser, ont profité des données physiologiques nouvelles. J'espère montrer moi-même que l'on peut encore puiser dans les recherches physiologiques accomplies, de nouvelles clartés pour l'étude qui m'occupe. Mais avant d'aborder l'étude de l'auscultation du cœur, il me parait utile de rappeler les conditions générales dans lesquelles se produisent les signes constatés au niveau de cet organe.

Nous ' avons vu la circulation de l'air dans les voies aériennes produire les bruits d'auscultation respiratoire, et malgré quelques obscurités, ces bruits s'expliquer convenablement par suite de conditions analomiques et physiques, faciles à saisir. Les bruits qui se produisent au niveau du cœur sont beaucoup plus compliqués. Ici ce sont les contractions de l'organe, et comme conséquence fondamentale, la circulation d'un liquide plastique, le sang, qui donnent lieu aux bruits normaux et anomaux. On a d'abord appliqué à la circulation du sang dans le cœur la loi physique de la veine fluide dans les canaux, et cette loi a été invoquée ensuite pour la circulation de l'air clans les conduits aériens, comme on l'a vu. Nous reviendrons plus loin sur cette question. Remarquons seulement que le fluide ne circule pas, clans le cœur, par un simple mouvement de va-et-vient, comme l'air dans les conduits de la respiration ; les mouvements du sang sont autrement compliqués.

Il y a des cavités principales, les deux ventricules, d'où le sang est lancé clans les artères pour revenir par les veinesdes veines le sang passe clans deux cavités accessoires' les oreillettes, alimentant de sang les ventricules. Ces cavités ont des orifices munis de soupapes en valvules, en rapport avec la colonne sanguine. De plus, il y a des contractions, des dilatations des parois de ces cavités, des rétrécissements

m AUSCULTATION BU COEUR.

divers qui modifient la circulation du sang, des béances résultant du relâchement on de la déformation des sounaoes oui font rétrograder le sang sur lui-même; et avec tout cela une rapidité dans la succession des phénomènes de mouvement, d'où résultent les bruits entendus, et qui en rend la détermination pins obscure. Voilà un aperçu sommaire des conditions complexes dans lesquelles s effectue*» les mouvements du cœur traversé par le sang. Certains de ces mouvements se font avec des bruits qui sont toujours en très-petit nombre, et toujours les mêmes chez homme sain tandis qu'ils sont très-variés et beaucoup plus nombreux dans les maladies du coeur. Quoique ces bru, s normaux anomaux ne soient qu'un seul élément de dia- ™Zk au milieu d'antres éléments symptomatiques d mandent à être groupés autour de la donnée stethoscotllé-ci n'en a pas moins une très-grande valeur

Jvèrsée deslruits cardiaques, il me parait indispensable, lès avoir traité d'abord des méthodes d'exploration „' x ose. ce qui se passe dans l'état physiologique, ou le

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