TOPOGRAPHIE DES SOUFFLES
actions moléculaires qui en dérivent, et qui caractérisent les vibrations, régulières on irrégulières engendrant, les sonorités anomales dont il est question. Cette théorie due aux travaux de Chauveau, Marey et Bergeon nous paraît celle que l'on doit adopter dans l'état actuel de la science. Nous en verrons plus loin l'application à l'étude particulière des bruits anomaux.
g 3. — CONSTATATION DES SOUFFLES CIRCULATOIRES DU COEUR.
Les conditions générales de cette constatation se rattachent : 1° à la connaissance des points où sont perçus les bruits morbides, à leur topographie; 2° aux conditions dans lesquelles se trouve le malade.
A. Topographie des souffles cardiaques en général. — Pour savoir où l'on doit chercher les différents souffles cardiaques, qui se produisent aux quatre orifices du cœur, il faut naturellement connaître les points de la cage thoracique qui correspondent cà ces orifices, mais de plus tenir eompte de la propagation des soufffes, et des modifications qui surviennent dans le volume et la position des cavités et de la pointe du cœur.
Orifices du cœur. — Un assez grand nombre d'observateurs ont cherché à préciser la position des orifices du cœur par rapport à la cage thoracique. Bouillaud, Hope, Gendrin, J. Meyer, Luschka, Hamernjk, Friedreich, sont les principaux.
La base du cœur où se trouvent ses orifices est la partie la moins mobile de l'organe. Cette base est obliquement s.luée derrière le sternum, au niveau des troisièmes côtes en avant, comme nous l'avons vu (p. 47). Ce n'est cependant pas à la même hauteur que se trouvent les orifices. Trois
d'enlre eux, il est vrai, les deux orifices artériels et l'orifice mitral, sont situés plus ou moins profondément au niveau ou très-près du bord gauche du slernum, à la hauteur du deuxième espace intercostal, de l a troisième côle et du troisième espace intercostal (fig. 48); mais le quatrième orifice estsilué au centre du sternum, à la hauteur des quatrièmes côtes ou du quatrième espace intercostal. — Ce dernier est l'orifice auriculo-ventriculaire droit ou tricuspidien (a,
fig. 48). — L'orifice auriculoventriculaire gauche ou mitral est plus profondément placé au niveau de l'origine du troisième espace intercostal gauche, b. Cet orifice, comme le précédent, re-
garde en haut, à droite et en
Fig. 48.
arrière. — Des deux orifices artériels situés l'un devant l'autre, l'orifice aortique a son centre au niveau de l'articulation sternale de la troisième côte gauche c, et regarde aussi en haut et à droite.
— Enfin l'orifice pulmonaire, qui est le plus rapproché des parois
aortiqnc d'où l'aorte se dirige en c'; </, orifice pulmonaire
Schéma montrant le siège des quatre orifices du cœur : a, orifice auriculo-ventriculaire droit (tricuspidien); 6, orifice auriculo-vcntri- j 7" n centre aU culaire gauche (mitral); C, orifice UlOratiquei), a
niveau du deuxième espace intercostal gauche d, à quelques millimètres en dehors du bord sternal, et il regarde en haut et à gauche. J. Meyer fait observer qu'une ligne partant du point c, et gagnant le bord droit du sternum, au niveau du deuxième espace intercostal c', indique la direction de l'aorte ascendante. Cette remarque est très-importante . elle montre le trajet que suit l'aorte pour se dégager de 1 artère pulmonaire située au-devant d'elle à leur origine, c se rapprocher des parois thoraeiques en c', où il faut cherclier