‹ Traité théorique et clinique de percussion et d’auscultation, avec un appendice sur l'inspection, la palpation et la mensuration de la poitrineChapitre 65 sur 151 · SOUFFLES INORGANIQUES · texte numérisé non relu

SOUFFLES INORGANIQUES

tion sternale de la clavicule, ou à gauche au niveau du deuxième espace intercostal. Nous allons revenir sur ces diverses localisations, qui démontrent une grande incertitude sur le siège que l'on doit assigner aux souffles inorganiques, et en même temps la nécessité de les distinguer des souffles extra-cardiaques dont il sera question plus loin..

Conditions organiques et physiques. — C'est principalement comme signe d'anémie que l'on rencontre les souffles intra-cardiaques inorganiques.

On les a signalés également comme passagers dans les fièvres; mais on est généralement d'accord pour nier l'existence d'un souffle inorganique comme conséquence des troubles nerveux du cœur, auxquels on en attribuait autrefois.

Pour exposer les théories dont les souffles inorganiques ont élé l'objet, il va me suffire de rappeler celles qui ont été formulées à propos de l'anémie, vue un peu trop partout dans les faits où s'est montré ce signe.

D'abord on s'est borné à considérer les souffles inorganiques, comme se produisant à l'orifice aortique et dans les vaisseaux artériels, l'aorte, les artères sous-clavière et les carotides principalement. La plupart des palhologistes adoptèrent cette manière de voir. Mais dans les dernières années, la question s'est compliquée par la constatation des souffles inorganiques dans les fièvres, et par l'importance qu'a prise la question des souffles extra-cardiaques indiqués simplement par Laennec, et dont il sera question plusloin. On ne doit donc pas être surpris que le mode de production des souffles inorganiques intra-cardiaques, les seuls en question ici, ait été très-controversés, et que l'on ait proposé des explications très-différentes.

D'abord le siège anatomique de ces souffles est resté mal déterminé. Les uns le placent à l'un ou à l'autre des orifices artériels : Laennec, Bouillaud, Barth et Roger, Beau,

Ilope, Marey et beaucoup d'autres observateurs, en placent l'origine à l'orifice aorlique; Hugues, et récemment Constantin Paul, à l'orifice de l'artère pulmonaire; le professeur J. Parrot à l'orifice aurieulo-ventriculaire droit; enfin Niemeyer à l'orifice milral.

L'explication physique a nécessairement varié avec l'idée de ces différents sièges anatomiques. Laennec considérait le souffle comme dû à un rétrécissement spasmodique artériel, Bouillaud et Beau l'attribuaient à l'hydrémie. Marey pense que le souffle inorganique, dans toutes les conditions au milieu desquelles il se montre, est dû à la diminution de la tension artérielle, et à la vitesse plus grande avec laquelle s'accomplit la systole ventriculaire. J. Parrot a combattu cette manière de voir. Il regarde le phénomène d'auscultation comme un souffle d'insuffisance tricuspidienne. S'appuyant sur l'opinion des observateurs qui ont noté avec raison la dilatation du ventricule droit par suite de l'affaiblissement musculaire des parois cardiaques (Ghan, Bamberger, Friedreich, Winderlich, Vogel, Starck), il admet que, la paroi interne du ventricule étant la plus faible, elle est repoussée en dehors, et qu'elle entraîne dans ce mouvement excentrique la valve correspondante et les cordages qui s'y insèrent. Les mêmes causes détermineraient l'élargissement de l'orifice; et sous cette double influence, l'ajustement des bords valvulaires n'aurait pas lieu au moment de la systole ventriculaire. C'est ce qui fait dénommer tricuspir dien, par J. Parrot, le souffle inorganique, qu'il soit dû à l'anémie ou à des fièvres. Il résulte de là qu'il place le siège de ce souffle au niveau du quatrième . espace intercostal gauche contre le sternum (comme le montre la figure 58), d'où il s'étendrait en s'affaiblissant vers l'articulation sternale de la clavicule droite ; il se propagerait à peine dans les autres sens.

Pour soutenir son opinion, cet ingénieux observateur

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