‹ Traité théorique et clinique de percussion et d’auscultation, avec un appendice sur l'inspection, la palpation et la mensuration de la poitrineChapitre 66 sur 151 · SOUFFLES INORGANIQUES · texte numérisé non relu

SOUFFLES INORGANIQUES

n'admet donc pas que les souffles inorganiques se propagent dans l'aorte ou les vaisseaux du cou, et il signale l'existence du pouls veineux comme démontrant l'insuffisance tricuspidienne. Cette théorie a soulevé de nombreuses objections, parmi lesquelles les plus fortes sont : d'abord l'existence exceptionnelle du pouls jugulaire, qui devrait être constant s'il y avait toujours insuffisance, et en second lieu, la transmission du souffle cardiaque au niveau des carotides, avec les mêmes caractères de timbre qu'au niveau du cœur. Ce sont des conditions qu'il est impossible de faire concorder avec la théorie de Parrot.

La théorie de Constantin Paul, développée récemment devant la société médicale des hôpitaux (1), diffère de toutes lesautres.

Hugues avait signalé le souffle anémique comme (Fig. 58).

Siégeant par exception au Schème du souffle trîcuspidien de Parrot.

niveau de l'artère pulmonaire, à la partie interne du deuxième espace intercostal gauche. Le docteur Constantin Paul a affirmé cette origine comme à peu près constante dans l'anémie, avec les souffles veineux du cou. Pour lui, les souffles anémiques artériels forment quatre types différents :

1er type : le souffle occupe la partie interne du deuxième espace intercostal gauche jusqu'à 4 centimètres du bord sternum (figure 59);

2e type : le souffle a son maximum dans le même point,

(1) Constantin Paul, sur le bruit de souffle anémo-spasmodique de l artère pulmonaire, désigné généralement sous le nom de bruit anémique de la base du cœur {Union médicale, mars, avril cl mai 1878).

mais il s'irradie jusqu'au niveau des 1er et 3e espaces intercostaux (figure 60) ; 3° type : le siège du souffle préslernal est abaissé, et se

(Fig. 61). (Fig. 62).

Fig. 59, GO, 61, 62 : premier, deuxième, troisième et quatrième types du souffle anémo-spasmodique de Constantin Paul.

constate, lantôtau niveau du bord supérieur de la troisième côte (figure 61, a), tantôt au niveau du troisième espace intercostal (b), tantôt enfin il s'étend du troisième au quatrième espace (c);

SOUFFLES INORGANIQUES. 355 4e type : le souffle ayant toujours son maximum en dedans du deuxième espace intercostal gauche, a un autre centre à la pointe du cœur qui se relie au précédent (figure 62).

Cette théorie a le mérite d'avoir attiré l'attention sur un siège des souffles inorganiques que l'on n'était pas habitué à rechercher, et dont la fréquence ressort du mémoire de l'auteur. Cependant il paraît bien difficile de conclure que celte théorie est la seule vraie. Des souffles extra-cardiaques pourraient bien en avoir imposé à notre savant collèguedans la détermination de ses trois derniers types (1). If insiste sur la coïncidence des souffles veineux jugulaires avec les souffles qu'il a décrits, pour considérer ces derniers comme anémiques ; mais cette coïncidence peut aussi bien avoir lieu avec les souffles extra-cardiaques.

On voit par cet exposé que la vraie théorie des souffles inorganiques ne saurait être considérée comme formulée.

Quant à la question physique, c'est toujours la production, de la veine fluide vibrante que l'on invoque, pour la production des souffles inorganiques, sans que toutefois,comme on vient de le voir, il soit possible d'expliquer organiquement sa formation, sauf dans l'hypothèse de l'insuffisance de la valvule tricuspide.

H n'est pas besoin d'insister sur l'importance de pou-

■ (1) Constantin Paul explique les variétés de son 3° type par l'abaissement du cœur résultant de l'abaissement du foie, qui a été de 3 ou 4 cenbmelre, dans sa 17e observation. Mais alors comment exl oèerpfde \m(imC manière le soume puisse s'entendre à la fois IL / ^espaces intercostaux? Tout en convenant que la confûs.on est poss.ble entre les souffles intra-cardiaques et extra-cardia

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voir discerner un souffle inorganique d'un souffle dû à une lésion du cœur. C'est en tenant compte des particularités des lésions des divers orifices, des antécédents étiologiques, des symptômes qui coïncident avec le bruit morbide, de son évolution accidentelle, et des accidents consécutifs à une lésion des orifices, que l'on pourra arriver à déterminer la nature du souffle observé. Il y a des faits très-difficiles à élucider. L'existence d'un rhumatisme subaigu, par exemple, qui donne si souvent lieu à une anémie secondaire, de même qu'il se complique fréquemment de lésions cardiaques, fera nécessairement hésiter sur la signification du souffle perçu.

Les souffles inorganiques ont une marche différente suivant leur cause. Ils sont passagers dans le cours des pyrexies, car ils disparaissent avec ces maladies aiguës; et ils sont permanents au contraire pendant un temps plus ou moins long dans V anémie et la chlorose, à moins que l'anémie ne soit accidentelle, comme celle produite par une hémorrhagie, dont les conséquences sont de peu de durée.

Il résulte de ces considérations que le diagnostic des souffles inorganiques est une question dont la solution est extrêmement importante; car elle est intimement liée au pronostic et au traitement de la maladie dans laquelle on observe le souffle. Il n'en est que plus regrettable que les conditions dans lesquelles ces phénomènes se manifestent soient encore mal connues (1).

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