SOUFFLES EXTRA-CARDIAQUES
■Us lames des poumons qui recouvrent cet organe : 2° les bruits extra-cardiaques de frottement, qui ont lieu au niveau du péricarde ou de la plèvre. Les uns comme les autres ont une commune origine, différente de celle des souffles intra-cardiaques : les mouvements extérieurs du cœur.
Ier groupe. — Souffles extra-cardiaques, ou cardiopulmonaires. Lorsqu'une lame de poumon est interposée entre le cœur et les parois thoraciques, la propulsion cardiaque aplatit instantanément la lame pulmonaire, et en «liasse l'air en amont des vides respiratoires; il en résulte un souffle que l'on peut appeler souffle de refoulement (1), ayant un caractère analogue à celui d'un souffle doux intracardiaque. On conçoit toute l'importance d'une distinction des deux phénomènes. Nous avons déjà parlé incidemment de ces souffles, dont on s'est beaucoup occupé dans les derniers temps. Les recherches les plus récentes et les plus approfondies sont dues au professeur Potain (2). Son «lève Cuffer, qui a pris lui-même une certaine part à ces recherches, les a reproduites récemment dans un très-bon travail (3).
donner plus de précision à mon élude des souffles inorganiques, reconnaît l'extrême difficulté d'un pareil travail II est porté à considérer comme étant extra-cardiaques presque toujours, ou même toujours, les souffles observés dans n'importe quelle partie de la région précordiale (sans souilles veineux concomitants) et considérés comme anémiques intni-cardiaques.
(1) Il peut en outre arriver qu'un énorme épanchement du péricarde en refoulent la partie inférieure du poumon gauche, soit l'origine d'une malile avec absence du murmure respiratoire, qui serait remplacé par un soufle bronchique avec retentissement exagéré de la voix, comme l'a obs.rve Dance. Mais ces signes de compression pulmonaire sont tout flillerenls de ceux dont il est question ici.
(2) Mez Rourian, Sur le diagnostic des bruits de souffle ertra-rar diaques Thèse, 1871, d'après la clinique de Potain en 1872 ^Modifications des souffles extra-cardiaques (Le Progrès médical ,
A l'élat normal, le cœur, nous l'avons vu, est plus ou moins recouvert par le poumon, et la partie découverte de l'organe cardiaque ne dépasse guère quatre cenlimètres carrés. Or, les souffles extra-cardiaques se passent tous au niveau delà partie du cœur qui est recouverte parle poumon; et le souffle cesse d'être entendu naturellement là où commence la partie découverte. Mais le souffle ne s'entend pas avec la même intensité dans toutes les parties du cœur qui sont recouvertes; c'est surtout sur les contins de la lame pulmonaire précordiale qu'il se produit avec le plus de netteté: dans les points où cette lame est le moins épaisse. Il siège ordinairement un peu au-dessus de la pointe du cœur (1).
Ce souffle a pour caractère d'être isochrone à l'impulsion cardiaque, et parfois, comme Potain l'a observé, de se montrer pendant une systole plus forte, pour s'atténuer pendant les suivantes, puis redevenir plus fort. Il est tantôt uniforme et tantôt saccadé. Potain a bien fait connaître cette variété saccadée du souffle extra-cardiaque, et démontré que la respiration saccadée en avant du cœur ri était qu'un souffle extra-cardiaque (2). Je dois ajouter que le souffle prolongé m'a paru en désaccord avec le premier bruit du cœur qui coïncide avec ce souffle. Une jeune dame anémique, extrêmement impressionnable et sujette à de violentes palpitations , à la moindre émotion, m'a présenté, dans la position couchée, un souffle uniforme qui commençait avant le premier bruit, et qui persistait pendant et après lui ; il
(1) Il est douteux que ce souffle puisse occuper la base du cœur. Chez une malade qui présentait un souffle extra-cardiaque à la pointe, et en même temps un souffle à la base, Cuffer émet l'hypothèse que ce dernier pouvait être dû au refoulement du poumon par l'artère pulmonaire. Mais c'est une simple hypothèse, de même que la production de souffles pulmonaires qui siégeraient en arrière du cœur, lorsqu'il est hypertrophié.
(2) Potain a signale ce souffle saccadé au sommet du poumon, comme nous le verrons à propos de la phlhisie pulmonaire, et l'a attribué également aux mouvements circulatoires.