‹ Traité théorique et clinique de percussion et d’auscultation, avec un appendice sur l'inspection, la palpation et la mensuration de la poitrineChapitre 68 sur 151 · SOUFFLES EXTRA-CARDIAQUES · texte numérisé non relu

SOUFFLES EXTRA-CARDIAQUES

se continuait en un mot pendant toute la systole cardiaque, et il cessait clans la position droite, ainsi qu'en dehors du temps des palpitations. Cuffer a rappelé les palpitations violentes comme favorisant la production du souffle extracardiaque, lorsque les mouvements respiratoires sont en même temps ralentis; car les grands mouvements respiratoires, coïncidant avec des battements du cœur exagérés, font ordinairement disparaître le souffle.

Potain et Cuffer insistent sur le caractère de la perception de ce souffle dans la position couchée, et de sa disparition dans la position assise. Ils ont fait remarquer que plusieurs observateurs ont considéré à tort celte particularité comme un signe dislinctif pathognomonique des souffles extra- cardiaques, puisque l'on sait maintenant que les souffles intra-cardiaques présentent le même caractère dans certains cas. Il peut arriver que les souffles extracardiaques soient diminués par le décubitus du côté droit, qui déplace nécessairement le cœur. Le déplacement du cœur a lieu également dans les grandes inspirations qui abaissent le diaphragme, et qui font disparaître quelquefois le souffle extra-cardiaque, en écartant le cœur de la lame pulmonaire (1).

L'important est de distinguer le souffle extra- cardiaque du souffle intra-cardiaque, car c'est souvent trancher la question de l'existence ou de l'absence d'une lésion du cœur. Lorsque le souffle intra-cardiaque se produit, il présente des particularités qui doivent empêcher de le confondre avec un souffle extra-cardiaque : il se prolonge dans un sens bien déterminé, s'accompagne de troubles circulatoires, de modifications du pouls, en rapport avec la lésion cardiaque dont il est symplomatique. Rien de sem-

îonle\CoTj H6iS"alé C<î déplacement du cœur dans une inspiration

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blable n'existe pour le souffle extra-cardiaque. Lorsqu'il se montre dans le cours d'un rhumatisme aigu, comme l'a observé Potain, sa signification est facilement méconnue et l'on peut croire à une endocardite qui n'existe pas, si l'on ne songe pas à rechercher les particularités rappelées plus haut. Il ne faut pas oublier que l'excitation du cœur, dans le cours du rhumatisme, est une cause prédisposante de ces souffles extra-cardiaques.

En tous cas, voici comment Cuffer conseille d'agir pour s'éclairer : on fait suspendre au malade sa respiration pendant quelques instants, et, après cinq ou six pulsations du cœur, le souffle disparaît, même pendant la position horizontale. Il est évident qu'alors il ne s'agit pas d'un souffle infra-cardiaque, qui persisterait pendant la suspension de la respiration. L'auleur pense que, dans ce cas, l'air étant expulsé pendant la suspension de la respiration, le souffle cesse de se produire jusqu'à ce que la respiration en fasse pénétrer de nouveau (1). Je crois que l'on peut trouver aussi un excellent signe distinctif dans le défaut de synchronisme du souffle extra-cardiaque avec les deux bruits du cœur. J'en ai rappelé un exemple tout à l'heure, et tout récemment j'ai constaté un souffle de cette espèce, debu-

(1) Cuffer a voulu démontrer la justesse de cette explication expérimenta ement. On fait tenir par le malade, entre ses lèvres, un tube d caoutchouc aboutissant au cardiographe de Marey, puis 1 on fa suspendre la respiration du malade, la glotte restant ouverte. On voit SETto levier du cardiographe être animé d'oscffiahons q£ d abord assez étendues en hauteur, ne tardent pas, après cinq ou ^ oscilla lions à diminuer de plus en plus. Ces oscillations résultent de la

S d^ contenue dans le poumon ^^^J^g^ vement respiratoire, et sont l'effet des systoles du œu refou antle poumon et par conséquent l'air qu'il contient Cuffo. admet que, lorsque le poumon est trop distendu, dans l'^^ftJSK le sLfle extra-cardiaque ne se produit pas par 1 effet de UjwA lion d'épaisseur du tissu pulmonaire. La cause de cette ktawj soufile me paraît être simplement dans le défaut de ta» continu

de l'arbre d'air inlra-pulmonaire qui ex.ste dans 1 emphysème.

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