BRUITS EXTRA-CARDIAQUES
tant entre les deux bruits cardiaques, qui conservaient toute leur pureté.
2° groupe. — Bruits extra-cardiaques de frottement. — Parmi les bruits d'auscultation extra-cardiaques dus aux mouvements du cœur, les frottements du péricarde et de la plèvre forment deux divisions particulières très-intéressanles à connaître.
A. Bruits de frottement du péricarde. — Nous avons décrit précédemment les bruits de frottement qui se produisent au niveau de la plèvre pendant les mouvements respiratoires. Ces frottements se ressemblent dans toutes les séreuses. Dans le péricarde comme dans la plèvre, ils sont caractérisés par des saccades inégales, sèches, se succédant irrégulièrement; mais le frottement y est toujours limité, et sans concordance régulière avec les bruits naturels du cœur; il se manifeste pendant la systole ou la diastole, ou pendant ces deux mouvements successifs, ou bien il succède de préférence à la systole. Assez souvent le bruit est unique et doux, et constitue un frôlement qui a une grande analogie avec un souffle doux intra-cardiaque; néanmoins il se distingue de ce dernier en ce qu'il ne se limite pas exactement à un temps donné du cœur, et qu'il empiète sur les temps voisins. Dans certains cas, il est rude, saccadé, inégal, ce qui ne permet pas alors de douter de son existence. Ce frottement péricardique se perçoit indifféremment dans les divers points du cœur, mais le plus ordinairement vers sa pointe, où les mouvements sont plus étendus et plus énergiques. Il a un siège limité, il ne s'étend pas aux parties circonvoisines comme les souffles cardiaqueset au delà des points où il est constaté, on perçoit les bruits du cœur avec leurs caractères très-purs. Les souffles cardiaques, au contraire, s'entendent plus ou moins loin en s'affaiblissant clans les parties voisines.
Ce bruit de frottement est dû anatomiqueinent aux inégalités ou aux fausses membranes résultant de l'inflammation du péricarde, ou à des plaques laiteuses résultant d'une ancienne péricardite. Dans les cas d'épanchement abondant, le bruit de frottement ne saurait se produire; mais quand l'épanchement est médiocre, on entend des saccades de frottement dans la position couchée du malade, par suite du contact des deux feuillets du péricarde dans cette position, et l'on cesse de les percevoir dans la position assise, par suite de l'interposition du liquide, qui a lieu entre le cœur et la paroi thoracique On ne l'entend quelquefois que vers la base, si l'épanchement n'occupe que la partie inférieure. On ne doit pas oublier que ces frottements peuvent résulter d'une ancienne péricardite.
Ces caractères distinctifs suffisent ordinairement à faire distinguer le frottement péricardique isolé. Mais cet isolement n'est pas la règle ordinaire. Habituellement la péricardite coïncide avec l'endocardite, dont les souffles varies peuvent se manifester en même temps que le frottement. Il faudra, dans ces cas parfois difficiles, bien analyser les différents bruits perçus par l'auscultation, pour les reconnaître à leur régularité ou à leur irrégularité de succession.
B Bruits de frottements pleuraux. - Us se manifestent dans les cas de pleurésie sans épanchemenl de liquide qui empêcherait le contact des deux feuillets des plèvres dans le voisinage du cœur. Il peut alors arriver que le choc du cœur fasse frôler les surfaces enflammées des plèvres, et produise un bruit de frottement isochrone à la systole ventricule. Barth a signalé les bruits de frottement du celte cause. Choyau, dans sa thèse bien connue (1), les a étudiés avec soin. Je reviendrai plus longuement sur cette question à propos de la pleurésie.
(1) Choyau, des bruits pleuraux et pulmonaires dus aux mouvements du cœur. Thèse, 1869.
i L'exploration des vaisseaux fournit à l'auscultation des souffles ou des murmures qui varient suivant la nature du conduit, suivant son volume et son état anatomique. Ils doivent être étudiés dans les artères et dans les veines.