SIGNES DIVERS
primée au tronc produit en outre un bruit de flot ou de clapotement, entendu soit à distance, soit par l'auscultation.
Il est rare que les gaz et les liquides soient épanchés dans l'intestin en quantité assez considérable pour que l'on puisse entendre les mêmes signes amphoro-métalliques par l'auscultation; Si le bruit est très-persistant, et coïncide avec la dilatation de l'abdomen, il y a lieu de croire à un rétrécissement de V intestin. Le gargouillement limité au niveau de la fosse iliaque droite (cœcum), dans la fièvre typhoïde ou l'embarras intestinal, peut se révéler par l'auscultation; mais il est plus facilement perçu par la pression. — Il en est de même dans certains cas de hernie, si l'anse intestinale contenait des gaz et un liquide. Dans ce cas, le gargouillement suffirait pour éloigner toute idée d'une hernie épiploïque. Enfin Barth a vu un cancer du côlon descendant produire dans l'aine gauche une tumeur envahissant la partie supérieure de la cuisse, et au niveau de laquelle le stéthoscope, en la comprimant, déterminait des craquements sensibles, qui permirent de diagnostiquer une perforation intestinale. La sonorité claire obtenue par la percussion au niveau de cette tumeur faisait déjà soupçonner la perforation.
On rencontre quelquefois le bruit de gargouillement dans des organes abdominaux solides, dans le foie par exemple, et plus rarement au niveau du rein. Dans les faits de ce genre, le gargouillement ressemble plutôt à celui des organes respiratoires qu'au gargouillement gastro-intestinal. La communication d'un abcès hépatique avec les bronches s'annonce ordinairement par une expectoration de matières plus ou moins abondantes provenant du foie; dans ce cas le gargouillement est à son maximum au moment des inspirations profondes. Il est moins facilement caractérisé quand la communication a lieu avec l'estomac ou l'intestin ; on facilite alors l'apparition du bruit anomal en faisant tousser
le malade, ou en lui faisant faire de profondes inspirations,, comme Williams l'a observé au niveau d'une tumeur élastique, sonore à la percussion, et occupant l'hypochondre droit au-dessus du rebord des côtes; l'abcès du foie s'était ouvert dans le côlon (1).
On voit que l'on a vérifié les prévisions de Laennec au sujet du gargouillement, et même du tintement métallique, qu'il a pensé devoir se produire dans certaines cavités accidentelles du foie, d'abcès ou de kystes bydatiques communiquant avec l'estomac, les intestins ou les poumons.
2° Tintement mé<aiiique. — Je viens de rappeler que ce signe accompagnait parfois le gargouillement, surtout amphorique, siégeant dans l'estomac ou l'intestin; mais le tintement métallique est parfois seul perçu au niveau d'une tumeur rénale contenant des gaz et des liquides, sans communication avec les organes voisins, ainsi que l'a constaté Hérard, qui a perçu le tintement en pratiquant la percussion combinée avec l'auscultation (2). Le même signe a été rencontré par d'autres observateurs dans de& cas de pijélites avec urines purulentes.
3° souilles. — Des souffles vasculaires morbides variés sont aussi perçus par l'auscultation abdominale.
Au niveau de la rate, suivant Rœser (3), « dans le plus grand nombre de cas avancés & engorgement de la rater on trouve un bruit de souffle de l'artère splénique bien distinct d'un souffle aortique. On trouve plus rarement un bruit continu veineux. Dans les cas où ce bruit de souffle manquerait, il faudrait attribuer cette absence à une situation profonde de l'artère splénique ». Ce signe,
(1) Arch. gén. de méd.; 18iG, t. X.
(2) Bulletin de la Soc. anatomique, 1850, p. 100.
(3) Rœser, Noie sur les bruits anormaux des vaisseaux abdominaux (Bulletin de VAcad. de méd.\ octobre 1862, t. XX.V11I).