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OU à la troisième, soit même à la quatrième, quoique fort rarement. Dans le morceau suivant :
1 J'ai fait, pour vous rendre
2 Le ctestin plus doux,
3 Ce qu'on peut attendre
4 D'une amitié tendre ;
5 Mais son long courroux
6 Détruit, empoisonne
7 Tous mes soins pour vous,
8 Et vous abandonne
9 Aux fureurs des loups.
10 Seriez-vous leur proie,
11 Aimable troupeau,
12 Vous, de ce hameau,
13 L'honneur et la joie ?
(M"" Deshoulieres.)
ont un accent tonique à la l'"®, les vers 5 et 12 ; à la 2®, les vers 1, 6, 11, 13 ; à la 3«, les vers 2, 3, 7, 9, 10 ; à la 4®, le vers 4 ; à la dernière seule, le vers 8.
Les cinq mètres dont nous avons parlé jusqu'ici ont ce caractère commun, que la tonique finale leur suffit, bien que les trois derniers en aient presque toujours une autre. Nous passons maintenant aux vers de six, sept et huit syllabes, qui ont régulièrement une tonique intérieure, et, en général, plusieurs.
Le vers de six syllabes, moitié d'un alexandrin, se divise toujours en deux ou trois fragments rythmiques, soit égaux, soit inégaux. La tonique intérieure peut occuper successivement toutes les syllabes ; cependant, d'après une loi générale que nous avons déjà mentionnée, il faut éviter de la faire tomber sur la cinquième, à moins qu'il n'y ait un repos bien marqué entre celle-ci et la sixième. Dans le morceau suivant :
1 0 terre fortunée,
2 Des Muses le séjour,
3 Que le cours de l'année
4 Serene d'un beau jour!
5 En toy le ciel non chiche,
6 Prodiguant son bonheur,
7 A de la corne riche
8 Renversé tout l'honneur.
»A TRAJTÉ THEORIQUE ET niSTORIQUK
9 Deux longs tertres te ceignent
10 Qui, de leur flanc hardi,
11 Les aquilons contraignent
12 Et les vents du Midi.
13 Sur l'un Gastine saincte,
14 Mère des demi-dieux,
15 La teste de verd peinte,
16 Envoyé jusqu'aux cieux, etc. ■
(Ronsard, Odes, ii, 21.)
ont la tonique à la première : les vers 7, 10, 14 ; à la deuxième, les vers 1, 2, 4, 5, 13,15, 16; à la troisième, les vers 3, 6, 8, 9, 12 ; à la quatrième, le vers 11.
Le principal mérite de ce mètre, c'est justement la variété dont il est susceptible : la coupe par trois syllabes y domine en général, et à juste titre, comme nous le verrons en étudiant l'alexandrin, mais il faut se garder d'en abuser ; la coupe par deux syllabes est presque aussi usitée, et les autres dessins rythmiques diversifient de temps en temps les types fondamentaux. Au reste, lafacture du rythme est soumise à l'idée et au sentiment du poète, qui trouve dans ces combinaisons variées un puissant moyen d'expression.
Le vers de sept syllabes n'offre plus la symétrie du précédent; mais son instabilité même est favorable aux mouvements l}Tiques. Les toniques intérieures frappent, en général, la troisième ou la quatrième syllabe, quelquefois la première, la deuxième ou la cinquième. Dans la strophe qui suit :
1 J'ai vu mes tristes journées
2 Décliner vers leur penchant ;
3 Au midi de mes années,
4 Je touchais à mon couchant.
5 La Mort, déployant ses ailes,
6 Couvrait d ombres éternelles
7 La clarté dont je jouis;
8 Et, dans cette nuit funeste,
9 Je cherchais en vain le reste 10 De mes jours évanouis.
(Rousseau.)
ont l'accent sur la première : le vers 8 ; sur Ja se-
conde : les vers 1, 5, 6; sur la troisième: les vers 2, 3, 4, 7, 10 ; sur la cinquième : le vers 9. D'ailleurs, outre cet accent intérieur obligatoire, ily en a souvent un autre : par exemple, le vers 6 en a aussi un à la deuxième, et le vers 8 à la cinquième. Si les accents à ia troisième et à là quatrième sont, en général, les plus usités, c'est qu'ils découpent le vers en deux mesures de trois et quatre ou de quatre et trois ; cette division approche le plus de la symétrie, qui, dans ce mètre, ne saurait être absolue. Quant aux autres coupes, elles servent soit tout simplement à donner de la variété, soit à fournir au poète de nouveaux moyens d'expression, par l'accord du rythme avec le sentiment.
Le vers de huit syllabes est capable d'une symétrie parfaite ; dans ce cas, il a deux accents, celui de la rime et un autre à la quatrième syllabe.
C'est là le dessin fondamental. Toutefois, il faut d'autres coupes pour éviter la monotonie. Nous ne pouvons ici les indiquer toutes ; les plus usitées se figurent ainsi : 3-2-3, 2-3-3, 2-2-2-2, 4-2-2, 2-2-4, 2-4-2; elles supposent trois ou même quatre accents. Mentionnons encore la figure 3-5. Les combinaisons :