‹ Traité théorique et historique de versification françaiseChapitre 19 sur 29 · V. page · texte numérisé non relu

V. page

binaisons auxquelles se prêtent le mode classique et le mode romantique, on verra qu'aucun vers n'est au contraire plus souple, plus flexible, plus varié. Mais cette variété devient réellement infinie quand on considère, avec la position relative des accents qui déterminent le rythme, celle des simples accents toniques dont les différentes places donnent lieu aune multitude de combinaisons nouvelles. Si nous prenons, par exemple, deux vers de la même formule, ces d-eux vers présenteront une physionomie toute différente, selon la position respective des toniques simples : soit la formule 4-4-4 et les deux alexandrins suivants :

Dans le serpent, dans l'aigle altier, dans la colombe... Tantôt des bois, tantôt des mers, tantôt des nues.

{Légende des Siècles.)

On voit aisément combien le premier vers diffère du second. La place des toniques simples est d'ailleurs laissée au gré du poète , et aucune règle ne la régit : c'est à lui de les disposer selon les lois générales de l'harmonie que son goût doit interpréter dans chaque application particulière. Il y trouve une source intarissable de variété. Aussi, grâce à l'infinité de positions diverses que peuvent occuper les accents rythmiques les uns relativement aux autres, les accents toniques dans leur disposition respective, enfin les accents rythmiques par rapport aux accents toniques, l'alexandrin français est un merveilleux instrument, capable de faire sentir les plus fines nuances et de donner à tous les sentiments, pour délicats qu'ils soient, l'expression rythmique qui leur convient.

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