‹ Traité théorique et historique de versification françaiseChapitre 21 sur 29 · COMBINAISONS DES RIMES AVEC LES MÈTRES · texte numérisé non relu

COMBINAISONS DES RIMES AVEC LES MÈTRES

Après avoir étudié la rythmique et la métrique, nous passons aux combinaisons des rimes avec les mètres, soit dans les formes libres, soit dans les formes fixes.

Vers libres. — Les vers libres, dans les pièces hétérométriques, sont assujettis aux mêmes conditions que dans les pièces isométriques; la principale est que le sens ne doit pas se terminer avec le système de rimes ; au contraire, une pièce de ce genre doit être construite de telle sorte que le dernier vers marque seul un arrêt simultané de la période logique et de la période rjth-

mique. On peut donc dire que toute pièce de vers libres est, à ce point de vue, comme une strophe unique.

Quant au mélange des mètres, il n'y a pas adonner de règles précises; disons cependant que les mètres impairs ne se mêlent pas bien, en général, aux mètres pairs.

Les pièces hétérométriques à rimes mêlées semblent, au premier abord, extrêmement aisées ; et, en effet, rien de plus facile à faire que des vers médiocres dans un système qui donne au versificateur tant de liberté. Mais, quant à faire de bons vers, cette liberté même exige des poètes une oreille, un goût, une intelligence du rythme, dont bien peu sont capables. Les Fables de La Fontaine peuvent être regardées comme nos meilleurs modèles en ce genre.

2® Strophes hétérométriques. — Pour tout ce qui n'est pas l'emploi des différents mètres, la strophe hétérométrique est soumise aux mêmes règles que les strophes isométriques^. Quant aux divers mètres, nous nous contenterons d'indiquer quelques-unes des combinaisons les plus fréquemment usitées.

Strophe de quatre vers.

!«» 12-3-12-3 2« 12-12-12-6 3« 12-6-12-6 40 8.4 8-4 5« 7-3-7-3, etc.

1» La pauvre fleur disait au papillon céleste : Ne fuis pas!

Vois comme nos destins sont différents. Je reste, Tu t'en vas!

(V. Hugo, Chants du Crépuscule.)

?•' Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,

Dans la nuit éternelle emportés sans retour,

Ne pourrons-nous jamais, sur l'océan des âges,

Jeter l'ancre un seul jour!

(Lamartine, U Lac.) \ . Chapitre i.

o» Un jour, l'ami qui reste à ton cœur qu'on déchire Contemplait tes malheurs, Et, tandis qu'il parlait, ton sublime sourire Se mêlait à ses pleurs.

(Y. HcGO, Voix intérieures, A Olyinj-io.)

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