Enéide, vi, 106 et i
avançons dans l'histoire de la langue latine, la quantité est de plus en plus dominée par l'accent. Vers la fin de l'empire, on a la plus grande peine à distinguer les brèves des longues. Après l'invasion des barbares, lorsque la société nouvelle s'est enfin constituée, au moment où la poésie va renaître, toute notion prosodique est absolument perdue : il faut donc que les poètes se créent un nouvel instrument. C'est alors que naît spontanément le vers français : rejetant la quantité qui n'est plus sensible à l'oreille, il y substitue, comme élément de la mesure, le compte régulier des syllabes.
Mais, cette mesure, il fallait la marquer par un rythme saisissable, soit à la fin du vers, soit à l'intérieur. Dans la versification ancienne, les pieds, comme nous l'avons vu, indiquaient chaque fragment de l'unité métrique ; pour marquer la fin du vers, on était convenu de régler uniformément la succession des deux derniers : dans l'hexamètre, les quatre premiers pouvaient être indifféremment des spondées ou des dac. les, mais le cinquième devait être nécessairement un dactyle et le sixième un spondée. Cette disposition, toujours la même, des deux derniers pieds, accusait la fin de l'unité métrique et la rendait d'autant plus aisée à sentir que l'intérieur de l'hexamètre ne pouvait renfermer la même combinaison. La succession régulière des syllabes longues et brèves, sur laquelle est fondé le vers antique, ne remplissait donc pas seulement la mesure, mais encore la marquait.
La versification française n'avait pas la même ressource. Ce que les combinaisons prosodiques ne pouvaient plus donner, l'oreille le demanda à d'autres moyens, à l'accent et à la rime.
Dans toutes les langues, la voix s'élève sur une syllabe déterminée de chaque mot, que l'on appelle tonique ; cette élévation de la voix donne au mot sa physionomie et lui conserve son intégrité. La langue
française a longtemps passé pour ne pas connaître l'accent tonique ; il y aurait eu là une anomalie bien singulière, et l'on a quelque peine à s'expliquer comment c'est de nos jours seulement que l'existence et le rôle de notre accent ont été mis en lumière. Il faut pourtant remarquer que l'accent des langues modernes est, en réalité, un simple point d'appui pour la voix, au lieu d'être une sorte de notation musicale comme chez les anciens; dans la langue française en particulier, les accents secondaires ont été fortifiés aux dépens de l'accent principal, et l'accent oratoire a pris une importance tout exceptionnelle^. Si ces raisons peuvent faire comprendre pourquoi notre idiome a été si longtemps considéré comme dépourvu d'accentuation tonique, il n'en est pas moins vrai que le principe de l'accent a joué, dans sa formation, un rôle capital ; quant à notre système de versification, il fut, dès l'origine, soumis à ce principe.
Dans l'hexamètre antique, chaque pied se divisait en deux temps : le temps fort, que l'on appelle ai^sis, et le temps faible, que l'on appelle thésis; le temps fort précédait le temps faible et était rempli par une syllabe longue. Dans le vers français, le rôle de cette longue fut tenu par une tonique; comme l'hexamètre latin marquait les difi'érents moments de la mesure par la succession des brèves et des longues, qui déterminait les éléments rythmiques, de même l'alexandrin français les marqua par la succession des toniques et des atones. Seulement, l'ordre de l'arsis et de la thésis fut renversé : l'accent tonique ^ dut surmonter la dernière syllabe sonore du pied, et la thésis précéda l'arsis. Dans sa forme pure, l'alexandrin classique se divise en quatre éléments, comparables, sauf cette
4 . V. Gaston Paris, Rôle de Vaccent latin dans la langue française.
2. L'accent tonique en français est invariablement placé «lur la dernière syllabe sonore, c'est-à-dire sur la dernière syllabe des mo*s à terminaison masculine et sur l'avant-dernière des mots à terminaison féminine.
DE VERSIFICATION FRANÇAlSR n
différence, aux pieds des vers anciens : chacun de ces éléments est conaposé de trois syllabes, deux atones et une accentuée ; ce sont des espèces d'anapestes, dont le principe est l'accent au lieu de la quantité ^. Tel est le vers suivant de Racine :
I Bajazet | interdit! | Atalide | étonnée! |
Les quatre accents toniques, placés sur les syllabes zet, dit, lid{e), né{e) marquent, d'une manière sensible à l'oreille, la décomposition de l'alexandrin en ses quatre éléments.
Mais cette forme du vers ne se rencontre pas toujours dans les mêmes conditions; l'alexandrin ne peut se composer uniformément de quatre mots comprenant chacun trois syllabes et portant l'accent tonique sur la troisième, de façon que chaque unité métrique ait quatre accents.
Il peut arriver (et le cas se présente très fréquemment) que, malgré un plus grand nombre de mots, le vers garde un même nombre de toniques. Voici quelques exemples :
Vos amis et les miens, jusqu'alors si' secrets.
(Britannicus.) Quel climat, quel désert a donc pu te cacher ?
(Esther.) Que les Grecs de ces bords ne pouvaient arracher.
(1 phi génie.)
Chacun de ces vers renferme neuf mots, et cependant, aucun d'eux ne compte plus de quatre toniques : c'est que le principe en verta duquel chaque mot est frappé de l'accent n'est pas sans souffrir quelques exceptions ; en français, comme en grec et en latin, il y a des enclitiques et des proclitiques, c'est-à-dire des mots que la prononciation soude avec le terme qui précède, ou avec celui qui suit. Les pro-
^ . On voit l'analogie de ce système avec celui de la versification allemande ; mais, dans la nôtre, le nombre des syllabes est fixe.
M TRAITÉ TnÉOBIQUE ET HISTOBIQUE
noms, articles, prépositions, conjonctions, qui n'ont qu'une syllabe, sont dépourvus d'accent, comme proclitiques; quant aux enclitiques, nous en trouvons des exemples dans les locutions : crois-je, est-ce, etc. Ces données expliquent comment les vers de Racine que nous citons plus haut, peuvent ne renfermer que quatre toniques, tout en se composant de neuf mots.
Cependant le nombre des accents dépasse souvent de beaucoup celui des pieds. Aussi cette question se présente-t-elle tout naturellement à notre esprit : soit un alexandrin normalement classique, c'est-àdire composé de quatre éléments^; comment peut-il renfermer cinq, six, sept accents toniques? comment ces accents ne le décomposent-ils pas en cinq, six ou sept parties, suivant leur nombre? Voici, par exemple, un vers de Racine :
Lieux charmants où mon cœur vous avait adorée.
(Bérénice.)
D'où vient que les cinq accents de ce vers ne divisent pas l'unité de mesure en cinq parties?
C'est ici que nous devons distinguer entre l'accent tonique et l'accent rythmique.
Dans la versification latine, l'accent rythmique ne se superpose pas à l'accent tonique : par exemple, le second vers de ÏÉnéide a l'accent rythmique sur la première syllabe, qui forme le temps fort, et l'accent tonique sur la deuxième, qui forme une partie du temps
faible :
Italiam fato profugus Lavinaque venit. ..
Cependant, à mesure que la notion de la quantité se
perdit, les poètes, comme nous l'avons remarqué, firent
de plus en plus coïncider l'arsis avec l'accent. Dans
ce vers de Claudien :
Volvis inexhausto redeuntia ssecula motu,
i . Nous nous en tenons ici aux principes les plus généraux, et ne considérons par suite que l'alexandrin théorique Dur. Voir, pour les autres formes» le chapitre ii, deuxième partie.
sur six syllabes fortes, quatre sont accentuées : vol, un, sœ, mo,
La versification française, ainsi qu'il a été vu, place toujours un accent tonique dans le temps fort; c'est cet accent de l'arsis qui prend le nom d'accent rythmique, parce qu'il marque les éléments du vers relativement à la mesure. L'accent rythmique, dans le vers français, n'est donc autre chose qu'un accent tonique tombant sur le temps fort et dont la fonction est de rendre saisissable à l'oreille le rapport des fragments rythmiques avec l'unité de mesure; la voix ne s'élève pas seulement sur la syllabe frappée par cet accent, mais encore elle se prolonge, de telle façon que les autres toniques du même pied, s'il y en a, s'affaiblissent et soient attirées par la tonique de l'arsis. Dans le vers de Racine, que nous citions tout à l'heure, l'accent tonique de la première syllabe est, pour ainsi dire, absorbé par l'accent rythmique de la seconde, sur laquelle la voix insiste d'une façon toute particulière en prolongeant le son. Ce vers se découpe donc, malgré ses cinq accents, en quatre éléments rythmiques.
Yoilà les différentes parties de la mesure indiquées dans l'intérieur du vers par un rythme sensible à l'oreille; mais il restait encore à marquer le moment où se termine l'unité de mesure, c'est-à-dire à rendre saisissable la fin du vers. Si nous nous contentons de considérer l'alexandrin classique pur, que nous avons pris jusqu'ici pour base, l'accent rythmique du quatrième pied marquera bien la fin de ce pied, mais non pas la fin du vers. Sans doute, on peut concevoir un système d'alexandrins tel que le sens finisse toujours avec l'unité de mesure. Dans ce cas, les quatre accents rythmiques suffiraient à marquer les parties composantes de l'alexandrin, et la fin de l'unité métrique serait indiquée par un procédé purement intellectuel; mais on voit combien un pareil système serait monotone ; les vers tomberaient un à un, et tout dévelop-
TRAITÉ THÉORIQUE ET HISTORIQUE u
pement de la pensée ou du sentiment serait interdit au poète.
Prenons, maintenant, une série d'alexandrins dans laquelle le repos final ne soitpas sensible, ou du moins ne le soit pas plus que certaines autres pauses logiques dans l'intérieur du vers :
Le grand-prêtre, | entouré | de soldats | furieux, j Portera | sur ma tille | un poignard | criminel, | Percera ] sa poitrine ; | et, d'un œil | curieux, | Dans son cœur palpitant | cherchera | les présages; | Et moi qui, etc.
On voit tout de suite que, chaque alexandrin se divisant en quatre fragments égaux, l'oreille n'est plus avertie de la fin du vers et peut aisément perdre l'unité de mesure et intervertir l'ordre des hémistiches. Par exemple :
Le grand-prêtre, entouré
De soldats furieux, portera sur ma fille Un poignard criminel, percera sa poitrine ; Et, d"un œil curieux, dans son cœur palpitant, Cherchera, etc.
Le rythme continuera ainsi plus ou moins longtemps ; mais un moment ne tardera pas à arriver, où le vers ne sera plus possible ; nous ne pourrions plus dire au quatrième alexandrin :
Cherchera les présages, et moi qui, etc.
L'oreille sera dès lors avertie brusquement qu'elle a transposé l'unité ; mais le mal ne sera plus réparable, ou, du moins, il faudra répéter toute la série. Ainsi, en prenant un système d'alexandrins classiques purs, c'est-à-dire répartis en quatre éléments égaux, nous aboutissons à la monotonie la plus fatigante si l'unité de mesure est marquée par un repos logique à la fin de chaque vers, et, si le sens n'impose pas le repos, l'oreille n'est plus avertie que l'unité de mesure est écoulée.
Considérons maintenant le cas d'une série d'alexandrins quelconques. Soit, par exemple, ce système :
Ai'brisseau qui, fichant sa racine profonde En un champ sans humeur, fait que sa feuille sue Une douce liqueur ; et, comme le sarment Qu'on a taillé trop tard, distille peu à peu Mainte larme emperlée, elle verse sans cesse Goutte à goutte ime eau claire ^
Nous remarquerons encore que, la fin de l'alexandrin étant indiquée seulement par un accent rythmique, comme celle des différentes parties composantes, il nous est impossible de savoir où se termine l'unité de mesure. Les vers peuvent se scander de la façon suivante :
Arbrisseau qui, fichant
Sa racine profonde en un champ sans humeur, Fait que sa feuille sue une douce liqueur ; Et, comme le sarment qu'on a taillé trop tard, Distille lentement mainte larme emperlée, Elle verse sans cesse
Cependant, si nous considérons une suite d'alexandrins dans chacun desquels les éléments rythmiques sont inégalement répartis, nous pourrons arriver à marquer la fin du vers par une sorte de procédé analogue à celui de la versification antique. Suivant une convention admise et reconnue , les deux premiers pieds de l'alexandrin se composeraient, par exemple, dans tout autre rapport que celui du quart, et ce rapport du quart serait réservé aux deux derniers pieds. Ceux-ci se formeraient donc chacun de trois syllabes (quart de douze), dont deux seraient atones et la troisième accentuée. Voici un exemple
1. Du Bartas, P/emièrc semaine, chant m. Nous avons seulement changé deux mots rimants.
Seigneur, | avec raison | je demeure | itonnée, Car je me vois, 1 au cours | d'une mê | me journée, Comme u | ne criminelle | amenée | en ces lieux; Et, lors 1 qu'avec frayeur | je parais | à vos yeux, etc.
De même qu'en latin la disposition d'un dactyle et d'un spondée, gardée pour les deux derniers pieds et interdite dans le corps de l'hexamètre , marque à l'oreille que le vers est fini, de même cette fin du vers pourrait, dans nos alexandrins, être indiquée par le retour de deux éléments rythmiques , toujours les mêmes et disposés de la même façon. Mais il est une objection qui s'élève aussitôt contre cette forme de versification. En latin, chaque hexamètre renferme six pieds, et il n'importe guère à la variété du vers que, sur ce nombre, deux soient toujours les mêmes et se suivent dans le même ordre. L'alexandrin français ne renferme, au contraire, que quatre éléments rythmiques ; et si , sur quatre éléments , les deux derniers étaient toujours composés de même, soit l'un par rapport à l'autre, soit relativement à l'unité de mesure tout entière, un pareil vers serait dépourvu de toute flexibilité, et notre versification m'ériterait le reproche de monotonie qu'on lui fait encore si injustement.
Comment donc laisser aux combinaisons rythmiques leur liberté et leur variété, tout en marquant la fin du vers de manière que l'oreille puisse la saisir aisément? C'est à la parité des sons, à la rime, que la versification française a demandé la solution de ce problème. L'accent tonique obligatoire de la douzième syllabe * marquait la fin du dernier fragment rythmique ; mais il la marquait exactement comme celui de la sixième syllabe marquait la fin du second fragment, sans distinguer des autres parties de la mesure celle ,qui ter-
1 . L'alexandrin n'est point, ainsi qu'on le verra, notre plus ancien vers ; mais nous le prenons pour exemple, comme mètre fondamental de la poési» moderne.
minait le vers. Pour indiquer que l'unité de mesure était écoulée, on imagina de finir le vers sur un son qui se reproduisit à la fin du vers suivant ; de cette manière, l'oreille était aisément avertie que les douze syllabes avaient rempli la mesure : la rime jouait, dans le vers français, le même rôle que, dans le vers latin hexamètre, la disposition invariable des deux derniers' pieds.
On voit quelle est l'importance de la rime : « Nous avons, dit Voltaire, un besoin essentiel du retour des mêmes sons pour que notre poésie ne soit pas confondue avec la prose. Tout le monde connaît ces vers :
Où me cacher? Fuyons dans la nuit infernale. Mais que dis-je ? mon père y tient l'urne fatale : Le sort, dit-on, l'a mise en ses sévères mains ; Minos juge aux enfers tous les pâles humains.
Mettez à la place :
Où me cacher ? Fuyons dans la nuit infernale. Mais que dis-je? mon^père y tient l'urne funeste; Le sort, dit-on, l'a mise en ses sévères mains ; Minos juge aux enfers tous les pâles mortels.
Quelque poétique que ^it ce morceau, fera-t-ille même plaisir, dépouillé de l'agrément de la rime? » Ces paroles du grand critique sont parfaitement justes; nous n'y trouvons à reprendre que les derniers mots; Voltaire a tort de voir dans le retour des mêmes sons un simple agrément : il ne comprenait pas la fonction même de la rime, qui, comme nous venons de l'expliquer, est le signe sensible de la mesure. Dans les versifications où la mesure se marque d'une autre manière, la rime pourrait être considérée comme un plaisir donné à l'oreille, plaisir dont il serait d'ailleurs difficile d'expliquer l'origine ou la nature : mais, dans la versification française, elle a une fonction plus haute, puisqu'elle marque le rythme, en dehors duquel aucun art ne saurait exister.
Certains critiques ont voulu voir, dans l'agrément , que nous procure la parité des consonances, je ne sais'' quel mérite d'une difficulté vaincue; mais, sans doute,' ce genre de mérite serait assez mince : il ressemblerait quelque peu à celui du poète ancien qui composait ses vers en se tenant sur un pied. D'ailleurs, ce qui prouve la fausseté d'une telle opinion, c'est que les vieux genres de poésie ^, où les combinaisons et les jeux de la rime sont de véritables tours de force, ont été depuis longtemps relégiiés dans l'oubli comme indignes du véritable poète.
Nous rendons à la rime toute sa dignité et nous lui restituons son véritable rôle en disant qu'elle a été inventée pour marquer le moment final de l'unité rythmique. On peut expliquer par cette raison (nous l'ajouterons en passant) qu'il soit interdit de faire rimer l'hémistiche avec la fin du vers précédent ou celle du même vers : la transgression de cette règle serait cause, en effet, que l'oreille, troublée et désorientée, pourrait transposer l'unité de mesure.
Nous reconnaissons ici le même principe en vertu duquel la succession du dactyle et du spondée, dans l'hexamètre latin, était réservée à la fin du vers.
Le rôle de la rime ne fait donc plus aucun doute : nous pouvons le résumer en disant qu'elle bat la mesure. Son nom même indique d'ailleurs cette fonction : le.mot rime est dérivé du latin rythmus, et s'écrivait encore rithme au xvi« siècle. Elle est un des éléments constitutifs du vers français, et, pendant plusieurs siècles, jusqu'à la réforme de Ronsard, le terme sous lequel nous la désignons a été synonyme du mot vers, comme celui de rimeur avait le même sens que notre mot poèie, sans qu'aucune acception défavorable y fût attachée.
i. Y. chapitre !«»•, première partie.
DK VERSIFICATION FRANÇAISE . iO
Nous avons indiqué, dans les pages qui précèdent, les principes essentiels de notre versification. Pour ne laisser de côté aucune des différences par lesquelles le vers français se distingue de la prose, nous devons ajouter quelques mots sur la règle de Yhiatus, quoique cette règle, d'ailleurs toute moderne ^, ne touche en rien à la constitution même du vers. Dans la prose, l'écrivain a la liberté d'admettre ou d'éviter à sou gré le concours de doux voyelles, dont l'une termine un mot, tandis que l'autre commence le mot suivant. En poésie, de telles rencontres sont formellement interdites depuis Malherbe, comme nuisibles à ce genre d'harmonie qui a sa source dans le rapport des sons^.
Des principes fondamentaux que nous avons posés jusqu'ici et par lesquels nous nous sommes efforcé d'expliquer logiquement le mécanisme général de la versification française, il nous est dès maintenant possible de tirer la division même de cet ouvrage.
Le premier chapitre traitera de la Métrique, et nous y ferons entrer tout ce qui a rapport soit à la quantité des syllabes, soit aux différents mètres des vers.
Le second chapitre sera consacré à la Rythmique : nous étudierons les différentes combinaisons du vers relatives au rythme, la césure, l'enjambement, depuis l'origine de notre poésie jusqu'à nos jours ; puis nous nous occuperons de la rime, de son histoire, de ses règles actuelles, de ses diverses dispositions dans la suite des vers isométriques.
Le chapitre troisième se rapportera à V Harmonique : on y trouvera ce qui est relatif à l'hiatus, à l'assonance, à l'allitération, à l'harmonie imitative.
Nous indiquerons ensuite les différentes combinaisons des rimes avec les mètres dans les pièces hétéromé-
i . V. chapitre m.
2 Nous aurons plus bas (chap. m) à reveaic sut l'hiatus, et nous en parlerons plus loaguement
triques : ce sera l'objet du quatrième chapitre. Le cinquième traitera des formes poétiques fixes qui ont été ou sont encore en usage dans notre poésie ; enfin le sixième sera consacré à la langue poétique, dont nous étudierons sommairement l'histoire.
CUAPITIIE PllEMlER