‹ Traité théorique et practique des opérations de banqueChapitre 107 sur 168 · COMPARAISON DES BH'ERS SYSTÈMES · texte numérisé non relu

COMPARAISON DES BH'ERS SYSTÈMES

sommes arrivés à Tunité de banque de circulation préparée en Angleterre par Tacte de 1844, et l'on applique dans trente rilles de commerce des statuts destinés à la place orageuse de Paris. Depuis longtemps on a déclaré chez nous que les banques de circulation étaient inapplicables à Tagriculture à laquelle on affecte les établissements spéciaux de crédit foncier.

Outre les préjugés déplorables qui régnent en France , au sujet des banques de circulation , le développement du crédit trouve un obstacle dans l'organisation des finances de TEtat et dans les habitudes qu'elle a créées. Le gouvernement reçoit le dépôt des fonds des Caisses d'épargne et de retraites : la Caisse des dépôts et con* signationS; qui lui appartient, bonifie un intérêt aux capitaux qui y sont volontairement déposés. Les opérations de banque du Trésor lui-même sont livrées exclusivement à des banquiers privilégiés, sous le nom de receveurs des finances, qui obtiennent à divers titres des avantages très-supérieurs aux profits moyens de banque. Non-seulement ils jouissent d'un intérêt élevé sur leurs avances toujours considérables, et qui, au 31 décembre 1852, s'élevaient à plus de 55 millions, mais ils reçoivent sur les divers mouvements et à divers titres, des commissions très-supérieures à celles que perçoivent les banquiers, au cours qui existait en France il y a cinquante ans. Les sommes inscrites au compte général des finances directement au profit des receveurs généraux, s'élèvent à une somme de plus de 10 millions, et ce n'est pas tout, pour un mouvement de fonds inférieur, en recette et en dépense , à trois milliards et demi.

11 résulte de cet état de choses que là où le receveur des finances est un homme actif qui veut se livrer aux opérations de banque , il a sur ses concurrents un avantage exceptionnel. S'il se contente des bénéfices de ses fonctions , il enlève toujours une certaine quantité d'affaires.

En Belgique, nous l'avons vu, et en Angleterre, TÉtat n'a accordé le privilège d'émettre des billets de circulation qu'au prix de services de trésorerie plus ou moins étendus. En Belgique, le service de caissier de l'État est devenu à peu près gratuit. En Espagne même où il n'existe sur ce point aucune organisation, où l'État fait des traites sur les comptables et les négocie comme un particulier, il est douteux que ce service coûte aussi cher qu'en France.

318 LIVBE IV» GHAPlTfiS VU-

Dans le Massachusetts on exige des banques un fort capital^ et elles disposent de tous les dépôts que fournit le pajsw En Ecosse, le capital est un peu moindre^ mais les dépôts , plus abondants , portent presque toujours intérêts. Les banques écossaises sont favorables à leurs propriétaires et aux capitalistes : celle du Massachusetts sont plus favorables à l'emprunteur^ parce que le capital prêté se trouvant^ presque tout entier^ engagé d'une manière permanente sous la forme d'actions^ les conditions du crédit y sont plus égales. En Angleterre et en France , le système établi est moins favorable à la fois à l'entrepreneur et au capitalista : à celui-ci, il n'offre qu'un intérêt médiocre ou nul et des garanties insuffisantes ou du moins inconnues dans le capital du banquier : à Tentrepreneur il ne présente que des* chances incertaines sur là durée des conditions de crédit. Le banquier lui-même est exposé aux oscillations de caisse que produisent les transports d'espèces à rintérieur, et aux oscillations de capitaux qui résultent des mouvements de la place principale, Londres ou Paris. Ce système est donc celui de tous qui permet le moins au crédit de s'étendre, et qui est le plus contraire aux vrais intérêts du banquier, de l'entrepreneur et du Capitaliste. En France , sur les trois quarts du territoire , le crédit est à Tétat primitif : l'entrepreneur est obligé de chercher un capitaliste, taudis que celui-ci attend souvent après un emprunteur, et les billets de la Banque n'ont pas cours dans les campagnes à 50 kilomètres de Paris. De là des habitudes déplorables,des préjugés anti-commerciaux, anti-industriels et des obstacles insurmontables opposés à l'esprit d'entreprise : de là cette timidité comijierciale et industrielle* qui contraste d'une manière si triste avec l'audace déployée dans d'autres carrières par la nation française.

En France, les hommes aventurent facilement leurs vies, difficilement leur fortune. L'homme y est commun » les capitaux rares : l'homme y est l'accessoire des capitaux. En Angleterre et aux États-Unis, au contraire^ les 'Capitaux sont l'accessoire de l'homme : l'opinion ne s'émeut pas d'une perte de capitaux toujours facile à réparer; elle s'émeut infinimentplufi que chez nous d'une perte d*hommes.

' En Californie, 1« AméiicMBgom Acmné un wiapqiMl aigmflcfttif <> méh

rite à nos compatriotes ; ils appellent on Franigaia un aott«-iMrroiit«

GOMPAAàlSaS ïm DIVIR8 ST8TÈME8. ^i§

Oa B'a pa& encore bien compriB en France qpie le jplacement des capitaux peut faire Yotjei d'un métier spécial et difficile. Il en résulte que les capitaux un peu importants sont placés directement et trop souvent au hasard^ par leurs propriétaires ou par des intermédiaires qui n'ont aucun intérêt à bim placer*^ tandis que les petits capitaux n'ont devant eux aucun placement commode et facile ; que le crédit n'a un prix courant que dans un petit nombre de localités^ et que ses fluctuations sur les marchés inférieurs œ sont point déterminées par l'opinion d'hommes d'afEaires expérimentés , comme en Ecosse ou en Amérique^ mais par l'opinion souvent très^peu éclairée des capitalistes.

Il en résulte encore , et ceci n'est pas la conséquence la meini imp«»rtante de l'état d'organisation ou plutôt de désorganisation où se trouve le crédit cbet nous, que rentrepreneur, empruntant à un particulier et non à un homme d'afiEsùres, doit , pour obt^ nir la confiance du préteur, employer des moyens appropriés au caractère de celui-ci , capter sa bienveillance et faire pour cela toute une étude fort étrangère à l'objet de son commerce. Que de placecaents ridicules, que d'entr^ises mal conçues ou mal conduites onl eu pour origine des relations personnelles entre le pffètèuf et l'emprunteur !

Lorsque les placements sont effectués par un agent spécial intéressé à les faire bons , les choses se passent tout autrement , et il amve presque toi^ours que les fonds placés reçoivent un emploi productif. Lorsque le caqpîtal de banque destiné spéciale* ment aux opérations de crédit , est élevé dans un pays, réassemble des opérati(ms de banque présente une assiette plus fixe que lors* qu'elles sont faites par des ca^italisteft ou au moyen des dépèts temporaires : lorsque ce capital de banque appartient à une comipi^e, il est moins sujet à se retiter des affaires que lorsqu'il ai^partient à un seul h(»nma. €'est par l'organisation des compa^ SBôes surtout (pie le système écossais et celui du Massachusetts sont supMeurs en forœ et en stabilité au système anglais et fEançais«

< A Bordeaux et à Marseille nâme U se faisait tout récenunent encore un grand nombre de placements par des commissionnaires ou courtiers non respefisaMes dont la fonction était de mettre en rapport le capitaliste eV l^em^mateor*

Page 1