UVB2 IV. CHAPITRE TU
Reste à comparer la valeur des diverses organisations au point de vue de la propagation des habitudes de banques et de crédit au sein des populations.
La population de l'Europe était presque tout occupée , il y a un siècle, à l'agriculture. Les progrès du commerce et de l'industrie^ l'invention des machines^ etc., ont introduit de nouveaux besoins. La consommation a augmenté^ et^ pour y suffire, il a fallu trouver de nouveaux moyens de production.
Les classes industrielles et commerciales ont pris Pinitiative de ce mouvement : plus actives , plus intelligentes que les classes agricoles , elles ont pu , sans s'appauvrir, se procurer une aisance et un bien-être auparavant inconnus. La population agricole a voulu les imiter; mais bientôt les revenus des propriétaires ont été insuffisants dans les pays où la terre a été divisée : ailleurs même , le propriétaire oisif et vivant du fermage de la terre est descendu du rang qu'il occupait dans Téchelle sociale^ et le laboureur^ tout en améliorant sa condition matérielle, s'est senti plus pauvre.
Alors s'est produit un mouvement général vers le commerce , vers rindustrieet aussi vers les professions dites libérales et les fonctions publiques. Ceux qui se dirigeaient vers les professions libérales et les fonctions publiquesr ont pu garder impunément leurs anciennes coutumes; mais ceux qui venaient au commerce et à l'industrie devaient en changer. Malheureusement les habitudes se forment avec lenteur et les nouveaux venus dans la carrière industrielle y ont apporté trop souvent, avec leur activité et leurs capitaux, une grande inexpérience; trop souvent ils ont troublé, par leurs erreurs et leurs fautes, la marche du commerce et de l'industrie.
Cette transformation des habitudes de la population, cette distribution nouvelle des fonctions économiques a eu lieu dans toutes les parties de l'Europe, et le mouvement est /encore bien loin de son terme. C'est peut-être la cause la plus active et la moins observée des perturbations industrielles et commerciales; car on peut attribuer avec justice à l'introduction dans le commerce d'hommes qui n'y sont pas habitués, bien des erreurs et J)ien des revers. Un bon système de banques aurait épargné la plupart des fautes qui ont été commises, car le banquier, partout