‹ Traité théorique et practique des opérations de banqueChapitre 22 sur 168 · VARIATIONS DU PBIX D&8 MO»AI · texte numérisé non relu

VARIATIONS DU PBIX D&8 MO»AI

en Autriche .et en Russie pendant les guerres derEmpire, plus récemment au Brésil^ de nos jours à Buénos-Aires.

Lorsque le cours des monnaies se règle librement sur celui des métaux précieux^ ses mouvements de hausse et de baisse^ lents et peu considérables^ ne produisent pas des effets très-sensibles. Personne d'ailleurs n'a le droit de s'en plaindre : créancier et débiteur ont couru librement les chances du marché à livrer et ils doivent en subir avec résignation les conséquences naturelles. Il n'en est pas de même lorsque les gouvernements viennent dérouter les prévisions sur lesquelles les contrats ont été établis par des altérations du titre des monnaies ou par des émissions inmiodérées de papier à cours forcé. La France a vu deux grands désastres et la ruine entière du crédit résulter d'émissions excessives de papier-monnaie, et tous les États du continent ont passé par des crises à peu près semblables pendant les guerres de la Révolution et de l'Empire.

L'Angleterre a été plus heureuse. Grâce à un concours étonnant de circonstances^ le génie de ses inventeurs^ l'intelligence et l'audace de ses entrepreneurs dans toutes les branches du commerce et de l'industrie, abaissaient le prix de presque toutes les marchandises en même temps que les dépenses énormes du gouvernement se traduisaient^ par des émissions de papier à cours forcé, en un abaissement du prix des monnaies. C'est ainsi que fut maintenu, presque par miracle^ sans que personne l'eût prévu, ni y eût songé, une sorte d'équilibre approximatif, un ralentissement dans la dépréciation du papier-monnaie, de telle sorte que le crédit reçut une impulsion des actes mêmes qui auraient dû le détruire.

Toutefois, ce n'est pas sans peine et sans perturbations que l'Angleterre a subi cette double crise de l'abaissement irrégulier et successif de sa monnaie de 1797 à 1814, et de la hausse qui a duré de 1814 à 1821. Ces variations du prix des monnaies qui sont allées jusqu'à 25 p. \, ont transféré irrégulièrement et contre toute équité des sommes considérables, dans la première période, des créanciers aux débiteurs, et dans la seconde, des débiteurs aux créanciers.

Nous reviendrons sur ce sujet, lorsque nous étudierons les divers s> sternes monétaires.

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