Classification des banques d^ commerce
D'après ce principe invariable du rapport de dépendance qui existe entre les dépôts et les placements, on peut diviser théoriquement les banques de commerce en trois classes distinctes :
1* Maisons qui opèrent sur les dépôts mobiles du commerce.
Ces maisons^ comme toutes les autres^ conduisent leurs opérf «-
BANQUES DU COlifMERCE. 143
iiçns sous U foripe des comptes courants. Elles reçoivent en dépôt soit des versements d'espèces^ remboursables à vue ou à courts jours, soit des remises de valeurs en recouvrement : elles placent, tantôt par l'escompte de valeurs à courte échéance, tantôt par remise en recouvrement à des banquiers correspondants.
On comprend tout d^abord que les maisons ainsi constituées opèrent sur le papier des négociants riches ou peu engagés, dont le compte courant mobile est presque toujours créditeur, nonseulement en comptabilité et dans la forme, mais en réalité. Ces négociants ne présentant à l'escompte ou en recouvrement que* des valeurs à courte échéance, donnent ordinairement autant de crédit qu'ils en reçoivent, et si, par exception, ils réclament une avance, c'est pour peu de temps.
Le bénéfice du banquier dans les opérations de ce genre résulte plutôt des commissions multipliées et du chiffre élevé des sommes encaissées et remises que de la différence des intérêts. A Paris et dans les grandes villes, les comptes courants du commerce de gros et du commerce de spéculation et les arbitrages peuvent alimenter des maisons de ce genre. Dans les départements, on obtient une combinaison analogue par une concentration de recouvrements et de négociations de banquier à banquier.
I^s maisons constituées exclusivement sur les dépôts mobiles et sur la remise de valeurs brûlantes, c'est-à-dire très rapprochées de l'échéance, sont les plus faciles à administrer et à conduire. Ce sont aussi celles qui peuvent être conduites, toute proportion gardée, avec le plus petit capital et qui présentent, par conséquent, les plus belles chances de bénéfices.
Mais comme les avantages d'une constitution semblable sont très-sentis par les hommes d'affaires, la concurrence est extrême et les comptes courants des bonnes maisons de gros sont recherchés au-delà de ce qu'on peut imaginer. Naturellement, ces maisons profitent de leur situation pour obtenir les conditions les plus favorables et réduire à la plus simple expression les profits du banquier. Celui-ci parvient difficilement à établir avec ses clients des relations intimes et durables : chaque jour il lui faut débattre ses prix et passer par des alternatives de hausse et de. baisse dans le chiffre de ses affaires. En outre, les dépôts exigibles sur demande ou à courte échéance l'obligent à conserver toujours