GARANTIE
Il est évident par ces cbiffires que rétablisgement des souscomptoirs répond à un besoin réel, qu'il permet de donner une forme régulière à des opérations sur nantissement qui étaient auparavant plus difïiciles. Reste à savoir si ces opérations ne présentent pas quelque danger.
Le comptoir d'escompte a été fondé au moment où tous les capitaux doués d*aptitude spéciale étaient en baisse^ et depuis cette époque une hausse presque constante a assuré la réalisation facile de tous les nantissements. Les choses se passeraient- elles de même dans une période de l)aisse? Il est permis d'en douter, d'autant plus que l'emprunt sur nantissement, qui dans les temps de crise sert à faire face aux engagements réguliers, est emplojé trop souvent, dans les temps prospères, à faciliter et à étendre la spéculation. Les résultats obtenus jusqu'à présent, les bénéfices réalisés, la facilité avec laquelle les engagements ont pu être ;remplis ne doivent pas dissimuler aux yeux des hommes éclairés les dangers qui sont inséparables de tout système un peu étendu de prêts sur nantissements.
Quant aux garanties, lorsqu'on les examine de près, on peut les trouver un peu légères^ sur Tensemble^ elles sont suffisantes, car elles excèdent huit millions^ et si Ton suppose que les opé* rations aient une durée moyenne de soixante jours, la somme des escomptes à garantir ne s* élève pas tout-à-fait à onze. Mais sont-elles suffisantes dans chaque sous-comptoir? Suffiront-elles au développement probable des affaires^ particulièrement sur les litiges de chemins de fer?
Après 06 qui a été dit précédemm^t de rineonrénieni que présentaient ea banque les placements difficiles à réaliser, il est
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inutile d'ajouter ici aucune observation. Si l'on compare le comptoir ^'escompte aux maisons qui ont péri en 1847, on trouve qu'il est beaucoup moins engagé qu'elles, parce que la portion la plus lourde de son portefeuille est acceptée d'avance^ par convention expresse, à la Banque de France, et que d'ailleurs il y a moins de perte possible sur des nantissements que sur des prêts hypothécaires garantis par des immeubles industriels.
Il existe dans la constitution du comptoir d'escompte un vice que la bonne administration a jusqu'à présent dissimulé au public^ mais qu'il peut être utile d'indiquer. Par les avantages que lui procure l'usage de trois millions prêté$ sur les fonds de l'Etat et par le monopole des opérations avec les sous-comptoirs^ il se trouve dans une position exceptionnelle et qui ne ressemble en rien à celle des autres maisons de banque. Il jouit d'une autre fa* veur plus grande encore et plus dangereuse^ c'est de profiter des bénéfices et de n'être pas responsable des pertes ^ Dans les opé* rations de banque, Taudace est facile et ses résultats immédiats sont toujours avantageux : les pertes ne paraissent que plus tard. Le jour où l'administration du comptoir tomberait en des mains moins prudentes que celles par lesquelles elle a été dirigée depuis l'origine^ l'irresponsabilité^ accordée à cet établissement et qui convenait fort bien au temps de crise où elle a été décrétée, pourrait produire de terribles conséquences. Il serait si facile, dans une période d'excitation commerciale, de forcer les opérations et les bénéfices, d'élever la valeur des actions! Une augmentation de dividende est toujours si bien aocueillie ! Au comptoir national d'escompte, il faut le dire, les hommes ont mieux valu que l'institution.
Le comptoir a fait deux soumissions d'emprunts : la première^ qui a réussi, était celle des 30 millions destinés à la liquidation des dettes de la famille d'Orléans ; la seconde, qui n'a pas eu de suites, avfit pour objet l'emprunt de 50 millions de la Ville de Paris. Dans ces deux circonstances, le comptoir n'était que mandataire et commissionnaire d'un certain nombre de capitalistes : il ne se livrait en aucune manière à la spéculation.
^ ta garantie de l'État et de la Ville, réduite atfjoord^hui à 2/5 cessera com'* pléteBwiit le ^1 ééceoBOire 1953. -- Jkifipof I dtt S3 iMi^
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