CHAPITRE V
• U BANQUB DB J^RAKGB. — LES BANQUES DÉPARTEMBNTALES.
La Banque de France n'est pas un établissement commerdal sejulement^ c'est aussi et avant tout un instrument politique^ une langue d'État; et pour bien faire comprendre l'éœnomie générale de cet établissement^ il est indispensable d'entrer dans quelques détails sur son origine^ sur son histoire et sur sa constitution. Ces détails sont intéressants d'ailleurs^ car depuis un demi-siëcle la Banque de France a exercé sur le crédit commercial de ce pays une influence souveraine et sans contrôle^ non-seulement par ses actes^ mais par ses maximes qui ont été des dogmes pour l'administration^ jusqu'au moment où^ en 1848^ cette Banque a fini par absorber toutes les banques de circulation qui existaient dans les départements.
La Révolution avait laissé la France sous le régime de la liberté des banques^ et aucune disposition législative ne gênait^ à la fin du dernier siècle^ l'émission des billets au porteur. Aussi dçs que la catastrophe des assignats et des mandats territoriaux fut un fait accompli^ dès que le gouvernement cessa d'émettre du papiermonnaie^ le crédit privé reparut. En 1796 ^ une association de banquiers^ formée sous le nom de Caisse des comptes courants, s'établit pour faire à Paris toutes les opérations de banque dont le commerce aurait besoin. L'intérêt courant était alors à 9 p. ^1^ sur la place de Paris : la caisse créa des billets à vue et au porteur dont rémission lui permit d'abaisser à 6 p. % le taux des escomptes et le prix des autres opérations en proportion. Deux ans plus tard fut fondée ^ par une association de négociants^ la Caisse d'escompte du commerce^ et successivement plusieurs compagnies s'établirent , qui toutes émettaient des billets à vue au porteur.
Les choses allaient ainsi^ sans abus ni plainte d'aucune part^ lorsque^ à la suite de la révolution du 18 brumaire^ un arrêté des