LKS BANQUES EN FRANCE
décru dès que Fépoque de la rentrëe annuelle était arrivée. L'encaisse , qui y dans les^six premiers mois de l'année^ s'était élevé de 208 à 252 millions^ était descendu pendant les six derniers mois à 80 millions '.
La Banque eut recours aux moyens extraordinaires : elle fit venir des départements^ à grands frais, 5 millions d'espèces et acheta au dehors avec ses rentes 45 millions environ de lingots. Ces mesures, excellentes en elles-mêmes, furent inutiles. La cession de rentes 5 p. Vo et 3 p. % pour une somme d'environ 50 millions^ payables en Russie, fut consentie au gouvernement russe lorsque le danger était entièrement passée lorsque les encaisses étaient remontés à 110 millions : cette cession, qui eut pour effet de modifier le cours naturel des changes, fut plus utile au cornmerce des grains qu'à la Banque elle-même.
L'élévation du taux de l'escompte à 5 p. Vo^ décidée le 14 janvier 1847, au moment même où les encaisses commençaient à remonter, n'était justifiée par aucune nécessité. On invoqua à ce sujet l'exemple de TAngleterre^ qui en a donné quelquefois de bons et souvent aussi de mauvais. Les augmentations du taux de Téscompte, le rapprochement du terme obligatoire d'échéance des effets escomptés et les rejets arbitraires de bordereaux, conviennent peu à une banque privilégiée. Lorsque son crédit est entier^ et celui de la Banque de France en 1847 n'avait point souffert, elle ne doit jamais réduire ses émissions^ de manière à exposer la place ou le pays à un déficit de la monnaie de papier en même temps qu'il souffre du déficit de la monnaie métallique. La Banque de France, qui, depuis le 1«' juin 1820, avait tenu invariablement, ses escomptes à 4 p. *>/o, eut beau les porter à 5 p. Vo> les présentations ne diminuèrent pas et jamais le portefeuille ne fut mieux garni que pendant l'année 1847. On sortait de la crise monétaire et on allait entrer dans la crise des capitaux. Les importations de grains troublent la circulation des monnaies; mais le déficit que ces importations viennent combler a des conséquences plus graves; il diminue de toute la somme qu'il représente la masse des disponibles. De là vient que les importa-
' Compte rendu de 1848. — On peut considérer ce chiffre comme le *na«tinttm de la réserve métallique nécessaire à la Banque de France, sauf les besoins des succursales acquises par elle depuis cette époque.
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tiiMisdd grains sont peesque toujours suivies de près par les crises omnnitfciales» Ea 1647^ il j avait une autre cause de contraction du crédit dans les spéeulations désordonnées qui avaient eu lieu depuis deux ans. Mais la Banque de France est administréa de teUe façon qu'elle sent peu le choc de ces crises^ lorsqu'elles^ne sont coBipliquée» ni par une panique^ ni pas une exportation.de numécaii». Les< effets de commerce, repoussés par les exigenees statutaires de la Banque, oa par le taux élevé de Tescompte, vont souvent,, dans les- temps ordinaires, chez les^ escompteurs- : en temps de orise^ ils viennent à la Banque de France, réserve dernière des banquiers de Paris. Les escomptes ne diminuèrent donc pas, à la Banque, en 1847; en décembre,, elle en ramena le taux à 4 p. % et remplaça par des achats sur place les rentes qu'elle avait vendues à la Bussie. Cette dernière mesure tendit à soutenir lesr cours et à faciliter la réalisation de réserves particulières. La Banque, du. reste, n'engagea pas toutes ses ressources^ puisque son encaisse atteignit 180 millions et se trouvait, àr la fin de Tannée, au plus fort des escomptes, à 107 millions.
Le tableau suivant de la situation des principaux comptes de la Banque de France à la fin de chaque trimestre des années 1846 et 1847, peut donner une idée du mouvement des opérations durant cette période.
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Pin marfr. • Fin juin. .
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Fin juin. .« Fin sept.
Fin decemb .
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