‹ Traité théorique et pratique de droit pénalChapitre 4 sur 141 · VI NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR VICTOR MOUNDSR · texte numérisé non relu

VI NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR VICTOR MOUNDSR

par une procédure habilement organisée pour rendre difficile la défense de Taccuséf obtenir un aveu et aboutir à une condamnation. — La science du droit pénal consistait alors uniquement dans un exposé de la jurisprudence établie dans les Parlements et dans la recherche des textes des lois Romaines destinés à justifier les plus intolérables abus de la législation.

Il était donné à notre siècle d'introduire dans la défense sociale l'humanité et la justice et de voir se développer, dans des limites presque merveilleuses, les élans de la charité privée venant au secours des bons en adoudssant le sort des mauvais. L'arbitraire du juge cessant, le législateur devait faire une œuvre scientifique ; la philosophie spiritualiste la plus élevée et la plus pure, inspirée elle-même par la législation de l'Eglise, vint lui fournir les principes qui devaient servir de base à la confection des Godes modernes et à la revision du nôtre. En même temps se développait dans la société civile cette science pénitentiaire créée autrefois par le droit canonique, combattant le crime par la douceur et le dévouement. La législation se sécularisait, l'accusé acquérait des droits, et la procédure était organisée de manière à laisser à l'innocence la possibilité de se justifier. — Le Droit pénal, en se constituant sur des bases nouvelles, remettait ainsi en question, dans le cours de ce siècle, les problèmes du plus haut intérêt et de la plus grande importance, touchant à la psychologie, à la morale, au droit constitutionnel ; il devenait une science à laquelle tous étaient admis à collaborer, les uns par leurs travaux intellectuels, les autres par la vulgarisation des principes, d'autres enfin par leur activité charitable et bienfaisante dans l'organisation de colonies pénitentiaires, de sociétés de patronage destinées à mettre les natures faibles à l'abri des tentations et des mauvais conseils de l'ignorance et de la misère. — De beaux et utiles travaux ont enrichi la littérature juridique du Droit pénal : œuvres de philosophes, d'historiens, de criminallstes, parmi lesquels se détachent les noms célèbres de Guizot, de Cousin, du duc de Broglle, de Rossi. L'enseignement de cette importante et intéressante branche du Droit, demeuré longtemps l'accessoire du cours de procédure civile, s'en est enfin séparé pour faire l'objet d'un cours distinct» et un mouvement important s'est opéré dans les législations pénales contemporaines de l'Europe, toutes renouvelées récemment ou sur le point de l'être : des congrès internationaux se sont institués et réunis pour diriger et éclairer ce mouvement.

L'étude du Droit pénal s'est donc élargie et élevée dans des proportions considérables : touchant à la fois à la philosophie, à l'histoire, à la politique, à l'art d'interpréter les lois, elle exige chez celui qui s'y

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