‹ Traité théorique et pratique de droit pénalChapitre 6 sur 141 · NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR VICTOR MOUNIER. IX · texte numérisé non relu

NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR VICTOR MOUNIER. IX

Mais Molinier était peu fait pour les luttes et les surprises de la barre. La nature de son esprit et le courant qu'avait imprimé à ses idées sa première éducation le portaient plutôt vers les études théoriques ; il était attiré par Tamour de la science et le culte du Droit, dont il a toute sa vie ardemment désiré et favorisé le règne exclusif.

Aussi, lorsque la Monarchie de Juillet, dont les principes et les idées répondaient à ses aspirations libérales, eut remplacé le gouvernement de la Restauration, il quitta sans regret le barreau pour la magistrature, qui lui offrait de plus grandes facilités pour assurer le respect du Droit dont il avait déjà le culte. Le 28 mars 1831, sans quitter le tribunal avec lequel il collaborait depuis plusieurs années, il fut nommé procureur du roi à Villefranche. Quelques années après, le i" mal 1834, le jeune magistrat fut appelé au poste de substitut près le tribunal de Toulouse et ne tarda pas, grâce à son mérite et à son dévouement, à obtenir la protection de M. le procureur général Romiguières et de M. le procureur du roi Alexandre Fourtanier.

Molinier aimait à rappeler ce temps de sa jeunesse dans lequel il vit le Droit en action et fut appelé à faire respecter la loi ; il se plaisait à raconter les procès dans lesquels il avait été appelé à donner son avis sur des questions de Droit quelquefois embarrassantes, et son heureuse mémoire lui permettait de retracer les moindres détails de fait et de théorie qui Tavaient autrefois intéressé.

Cependant, quoique, comme magistrat du parquet, il fût plus fréquemment appelé à défendre le Droit et la loi, ses goûts n'étaient pas encore entièrement satisfaits. Sa profonde culture intellectuelle Tattirait vers des études plus exclusivement scientifiques. L'enseignement était déjà l'objet de ses désirs et de son ambition, et les réformes dont il était susceptible attirèrent, dès sa sortie de l'école, son attention.

En 183i, avant d'entrer dans la magistrature, le jeune avocat publia un Essai sur renseignement du Droit en France et sur t Organisation des facultés de Droite qui dénotait, chez ce jeune homme de trente ans, de longues et sérieuses méditations et qui faisait entrevoir déjà l'esprit nourri de solides études du futur professeur, en même temps que les aspirations sagement libérales du patriote.

On pouvait pressentir par cet essai ce que serait plus tard son au^ teur, et l'on y voit le jeune licencié en droit poser les principes d'enseignement auxquels le savant maître devenu célèbre demeurera fidèle.

La philosophie et l'histoire du Droit, dont l'étude a donné à son enseignement ce caractère d'originalité et de profondeur scientifique qui lui valurent une si légitime renommée, sont recommandées par le jeune Molinier comme une introduction nécessaire à l'étude du Droit.

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