‹ Traité théorique et pratique de l'agriculture [microforme]Chapitre 113 sur 139 · DU HOUBLON · texte numérisé non relu

DU HOUBLON

Parmi les plantes cultivées expressément à l’usage de la brasserie, la seule qui est de conséquence, c’est le houblon. C’est une plante à racine permanente, avec des tiges entortillées annuelles, qui contre des gaules ou des haies atteindront une hauteur de 12 à 20 pieds et plus. La Grande- Bretagne et la plupart des pays de l’Europe le produisent et il est cultivé

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avec beaucoup de succès en Canada. Les fleurs femelles sont les parties dont on se sert; et les fleurs mâles et femelles se trouvant sur de différentes plantes, la dernière seule est cultivée. On ne suit pas, quand on se servit pour la première fois du houblon pour conserver la bière ; dans le Cine de Henri VIIL. sa culture fut introduite de Flandres en Angleerre.

Le houblon a été cultivé en grand en Angleterre, mais peu en Ecosse et en Irlande. On ne considère pas le houblon avantageux sous ur noint de vue agricole, parce qu’il requiert beaucoup d’engrais et n’en reud aucun. C’est un article de végétation très peu certaine, qui une fois donne pendant longtemps des profits au cultivateur, et une autre seulement un retour imparfait, à peine suflisant pour payerses dépenses. Le houblon est exposé à tant de maladies et d’accidens, qu’il y a très peu de sûreté à le cultiver. Les terres argileuses, grasses, fortes et profondes sont les plus favorables à la culture du houblon mais il est encore fort important que le sous-sol soit sec et friable; un sous-sol froid, humide, tenace et argileux endommage beaucoup les racines des plantes qui, dès qu’elles pénètrent au-dessous du bon sol, cessent bientôt d’être producuves, et finissent par mourir.

Bannister dit, quoiqu’un été mouilleux n’est nullement favorable au houblon, cependant la vigne, étant en bon état, est très forte, fournie de branches abondantes, de feuilles, de fruit, &c.; il conclut de là que l’humidité du sol doit être grande en proportion pour conserver la santé et la force de la plante ; et que pour cette raison la terre ne doit pas manquer d'humidité naturelle. C’est pour cette raison que nous trouvons les plus forts plants de houblon dans des terres profondes et riches, du terreau, &c. ; et sur ces terres, dit-il, il est ordinaire d’obtenir une charge par acre. Mais on doit cependant observer que l’abondance du fruit n’est pas toujours en proportion de la longueur de la plante ; car les terres qui, pour leur fertilité, produisent une forte végétation de la plante, sont plus fréquemment attaques de la nielle, que les terres moins fortes dans lesquelles le plant est plus faible et moins abondant.

Mais quoique des terreaux riches produisent généralement une plus grande végétation de houblon que d’autres terres, il y a une exception à cette règle, où la végétation est de 18 ou 20 par acre. C’est sur les rochers dans le voisinage de Maidstone en Kent, espèce d’ardoise réduite en terre, avec*un sous-sol de roc, qu'il y a beaucoup de houblonnières où les branches s’élèvent à l’extrémité des plus longues perches, et où l'augmentation est égale à celle dans le sol le plus fertile d'aucune espèce. La situation d’une houblonnière la plus désirable, est un terrain avec une petite pente vers le sud ou sud-ouest, et à l’abri du nord ou nord-est par des hauteurs ou de grands arbres. En même temps elle ne doit pas être confinée, pour empêcher la libre circulation de Pair, qui est indispensable lorsque les plantes sont si proches lune de l’autre et parviennent à une si grande hauteur. Une libre circulation dans une houblonnière non seulement contribue à la santé et à la force des plantes, mais elle prévient encore les ravages de la brouissure.

On croit en Angleterre, que des champs dans le voisinage de marais, sont rarement fuvorables au houblon, parcequ’il manque dans une saison brouissante. Dans le Worcestershire etle Herefordshire, le houblon est généralement cultivé entre des rangées d’arbres fruitiers dans des vergers ltbourés ou bêchés.

Il faut une grande attention en préparant le sol avant de planter par des guérêts d'été et d'automne, ‘pour détruire toutes les mauvaises herbes, ‘et pour ameublir suffisamment le sol. On doit aussi appliquer beaucoup d'engrais, En cultivant des pommes de terre ou des carottes on le préparerait bien.

On plante en rangs, les (as à six pieds de distance l’un de l’autre, afin de donner à l'air une libre circulation, ce qui préviendra mieux la brouissure, niélle, moisissure et autres accidens. Si le houblon est planté trop proche à proche, les vigues s'entortillent facilement à la tête des gaules, et le houblon en reçoit alors tint d’ombre, que le soleil ne peut pas y parvenir, ce qui lempèche d'atteindre la moitié de sa crûe.

Le printemps est la saison ordinaire pour planter le houblon ; mais lorsqu'on se sert de plants qui pendant un été ont été en pépinière dans un jardin, je crois qu’on peut les planter en automne, et alors on aura quelque produit l’année suivante. Mais on a l'habitude de prendre des tailles pour une nouvelle plantation, lorsqu'on prépare et taille la vigae en printemps.

Les plants ou tailles sont obtenues d’anciennes plantes, et chacun devrait avoir deux bourgeons ou pointes; de l’un desquels, placé dans la terre sort la racine, et de Pauire la tige. [ls devraient être faits des plus forts sarments, chacun coupé à à ou 6 poucesde long. La manière de les planter dans le comté de Kent, en Angleterre est la suivante :—après que la terre est proprement préparée, on fait des sillons avec la charrue à la distance de 6 à 8 pieds ; cela fait, on répète la même opération sur le travers, ce qui divisera le champ en carrés de 6 ou 8 pieds. On fait les fosses dans l'endroit où les sillons se coupent ; on y fait de petits trous en enlevant autant de terre que peut contenir une bèche, et là terre en bas est généralement amollie; on met à peu près un demi bushel de fumier dans chaque fosse ; la terre antérieurement ôtée y est replacée, et on y ajoute assez pour former une petite colline. C’est là dedans qu’on plante 5, 6 ou 7 racines ou sarments de l’ancienne plante. Les plants sont ordinairement placés en cercle vers Le haut de la colline, et à 5 ou 6 pouces de distance l’une de l’autre. Ils inclinent vers le centre de la petite hauteur, où l’on met ordinairement un autre plart, Lorsque les rangs sont plantés de cette manière, on y peut labourer et piocher dans la culture subséquente.

Pendant le premier été d’une houblonnière on peut bien faire une récolte dans les intervalles. Pendant les deux premières années on plante en Angleterre dans les intervalles des fèves, lorsque les plants de houblon proviennent de sarments plantés la première année dans la plantation, sans avoir été pendant une année précédente élevés dans un jardin. Quelques-uns croient qu’on ne devrait cultiver dans les intervalles que des oignons cet des carottes. Ici j'ai vu cultiver le blé-d’inde dans les

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Le piochage dans les houblonnières de l'Angleterre se fait moyennant un instrument trainé par un cheval. Lorsque les tiges de houblon 56,1 formées dans les angles, on peut piocher à l’extirputeur les intervalles et en long et en large, et il ne reste donc rien à faire à la main que de détruire les mauvaises herbes qui peuvent se trouver dans les petites collines.

On peut remuer la terre entre les rangs à l’aide d’une charrue et cela à une profondeur quelconque ; la surface aussi peut être changée à discrétion. La faire aller et veuir une fois suflirait à cela, soit en nettoyant soit en redressant les plants ; c’est-à-dire en formant entre les rangs en long et en large une rigole ou une goutière. La faire marcher deux ou trois fois dans la même direction réussirait aussi, et serait le mode de couvrir le fumier que je préfèreruis.

On «a adopté différentes manières d'appliquer le fumier ; les uns ne se servent que de fumier d’étable bien pourri, d’autres emploient un composte de fumier et de terre. En Angleterre les uns préfèrent d’engraisser en automne plutôt qu’en printemps, et mettent le fumier contre les collines sans en mettre entre Îles rangs ; d’autres le mettent tout entre les rangs sans en rien mettre contre les collines, prétendant que de le mettre contre ces dernières, encourage les irsectes, expose le fumier à l’Evaporation et la perte, et quelquefo:s, lorsqu’il est mêlé avec de la terre, einpêche les plants de lever, On trouvera qu’il y a beaucoup pour et contre ces deux méthodes dans les ouvrages nombreux écrits pendant les 3 derniers siècles sur la culture du houlon ; mais tout le monde qui connait généralement la culture des végéiuux, doit comprendre, que le fumier d’étable bien pourri doit être le meilleur pour la culture du houblon, que le printemps est la meilleure saison de s’en servir, et qu’il doit être enterré à l’aide de la charrue entre les rangs. Trente charges de fumier par acre une fois dans trois ans, sont considérées suffisantes en Angleterre. D'autres préfèrent d’y mettre tous les ans, dix à douze charges. Vers la fin du printemps les ‘jeunes plants seront considérablement avancés, et on ramène des intervalles, qui les entourent, la terre contre les racines, pour les renforcer ; et la terre dcit être tenue parfaitement propre, qu’on cultive entre les intervalles ou non.

En préparant les plants de houblon les opérations de la première année se bornent à cordonner et ôter la paille. On ne cordonne que les plants dont on n’ettend pas de produit cette saison. On le fait ordinairement lorsque les vignes sont parvenues à certaine longueur, en liant les jeunes vignes en une touffe ; de sorte qu’en empêchant leur végétation, les racines peuvent s'étendre plus vigoureusement, et acquérir de la force avant l'approche de l’hiver. On ôte la paille vers la fin de septembre, et on le fait en la coupant avec la faucille, et en l’enlevant de la houblonnitre pour la brûler ou s’en servir comme de litière. Après cette opération quelques-uns couvrent les collines de composte.

On dresse la première année le hvublon qu’on s’attend à voir fleurir par ce qu’en Angleterre on nomme éplucher. On commence ordinairement

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