‹ Traité théorique et pratique de l'agriculture [microforme]Chapitre 114 sur 139 · SAR · texte numérisé non relu

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cette opération aussitôt que l’état du sol veut le permettre en printemps, en étendant les collines afin de pouvoir élaguer les plants. On ôte la terre des racines principales, les restes des vignes des années précédentes sont coupés, ainsi que les jets qu’on n’a pas laissé s’attacher aux gaules dans la saison précédente, de mème que les jeunes caïeux qui peuvent avoir levé au pied des collines ; de sorte qu’on n’y laisse rien qui puisse faire dommage aux racines principales, ou les empêcher de pousser en la saison convenable des vignes fortes et vigoureuses. Après avoir nettoyé et élagué les racines, on forme de nouveau les racines en les augmentant par une quantité convenable de fumier bien pourri ou de composte, qu’on a antérieurement mis près du tas, et si cela ne se fait pas chaque année au moins il devrait se faire chaque deuxième ou troisième année. C’est dans cette saison qu’on se procure autant de jeunes plants qu’il en faudra pour la pépinière ou les nouvelles plantations.

L'opération annuelle de planter des gaules commence dans tout temps du printemps quand les rejetons auront atteint 2 ou 3 pouces. Droit et

les ou houssines dont on se sert en Canada sont de cèdre bien droites et minces de la hauteur de 15 à 16 pieds. On place 3 ou 4 de ces gaules par collines, laissant une ouverture au sud pour admettre les rayons du soleil. On peut les planter dans des trous profonds faits dans la terre moyennant une barre de fer. Dans ces trous on place le plus gros bout de la houssine, ei si on foule bien la terre autour, elles changeront rarement la position dans laquelle on les a placées, excepté dans de grandes et violentes raffales. IL faut beaucoup de soin pour placer les gaules, et non moins d'expérience et de jugement pour déterminer quelle en est la hauteur convenable. Si on plante de très grandes gauies dans une houblonnière, où les plantes sont trop vieilles ou trop jeunes, ou bien où le sol est d’une qualité trop inférieure, les plantes non seulement s’épuisent en général, mais le retour est improductif ; car jusqu’à ce que les vignes viennent à la tête ou plutôt pressent la tête des houssines { ce qui dépend de la force des plantes et de la qualité du sol } les branches mères sur lesquelles vient le houblon ne commencent pas à puusser ou à avancer. L’art principal en plaçant des gaules dans une houblonnière consiste 1°. à faire le trou assez profond, à peu près 20 pouces ; 20. de planter la gaule avec beaucoup de force, de sorte, qu’étant bien pointue, elle puisse s'établir elle-même dans la terre ; 3°. de placer les gaules de sorte que leur bout penche en déhors de la colline, pour empêcher autant que possible les vignes de s’entottiller, et enfin de bien fouler la terre autour de la gaule. De l'inattention dans ces détails peut être la cause que le premier coup de vent relâchera les gaules, de sorte non seulement à occasionner une double dépense, mais à risquer la récolte future, en déchirant les vignes, qui souvent s’entortillent à l’extrémité des gaules.

A Pégard du bois propre à en faire des gaules, on dit.que le houblon préfère une écorce douce quoique inégale, à celle qui est plus polie et plus égale ; il ne peut à cet égard donc y avoir un bois supérieur au cèdre. Quant à la grandeur des gaules, on sait aussi que le houblon s'attache de preférence à une gaule passablement mince qu’à celle qui est très épaisse à la terre. La circonférence ordinaire des gaules au gros

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bout est de 8 à 10 pouces, et diminuant vers l’autre bout jusqu’à la force d’une canne. Des terres de différente qualité exigent des gaules de dif. férente longueur ; il suffirait dans les meilleures terres du Canada si les gaules se trouvaient élevées de 10 à 12 pieds au-dessus de la colline.

On a essayé dans le Nord de la France de se servir de fil de cuivre ou de fer à la place des gaules, mais on a trouvé qu’ils ne les valaient pas, Les fils de fer sont étendus horizontalement dans la direction des rangs des plants, le premier à cinq pieds de la terre, le second à un pied audessus et ainsi de suite jusqu’à la hauteur de quinze pieds. On mène les plants moyennant de petits bâtons jusqu’au fil le plus bas ; ils montent le long des autres à son gré.

La dernière opération dans la culture subséquente du houblon c’est d’attacher les vignes après les gaules. Ceci exige l’ouvrage de plusieurs personnes. En Angleterre on emploie généralement des femmes, qui les attachent en différentes places avec des joncs fanés, mais assez lâchement pour ne/pas empêcher les vignes d'avancer vers la tête des gaules. Lorsqu’elles sont tellement avancées qu’on ne puisse pas y parvenir de la terre, des hommes y vont avec des échelles et attachent toutes celles qui semblent vouloir s’écarter. C’est une partie importante de cette opération de choisir les rejetons. En Angleterre on croit avantageux d’extirper les vignes les plus avancées, parce qu’on sait par expégience qu’elles rapporteront peu ou point de profit,et on préfère d’attacher les vignes mo:ns avancées. On a observé là, que, lorsque les vignes sont bien fortes, vigoureuses et abondantes de bonne heure dans ia saison, la récolte est plus sujette à souffrir de la brouissure, qui a le plus souvent lieu au mois de mai, que lorsque la végétation est plus retardée.

On reconnait que le houblon est prèt à être recueilli, lorsqu’il acquiert une forte odeur, et que les semences commencent à être fermes et d’une couleur brune, ce qui dans les saisons communes, arrive ordinairement dans la dernière semaine du mois de septembre. Lorsque cette saison arrive, le planteur a besoin de la plus grande activité, afin que les différentes opérations puissent se faire régulièrement et lestement, car la moindre négligence dans aucune partie de l’ouvrage, ruine la meilleure récolte, particulièrement dans des saisons précaires. Des coups de vent dans cette saison, cassant les branches latérales et meurtrissant les fleurs, font presqu’autant de dommage qu’un temps pluvieux qui continue longtemps, et qui ne manque jamais de gâter la couleur et de diminuer la valeur du retour.

On se prépare à la récolte en plaçant dans cette partie de la houblonnière qui ayant été la plus exposée au soleil, est la première prète, des cadres de bois et ceux qu’on emploie pour cueillir. Ces cadres qu’on nomme crêches sont d’une construction très simple, n’étant composées que de quatre pièces de planche, clouées contre quatre pieds ou poteaux, et qui, étant finis n’ont que 7 à 8 pieds de long, 3 pieds de large et à peu près la même hauteur. Un homme sert toujours ces gens : il coupe les vignes près de la terre, et couche les gaules dont on doit cueillir contre les crêches. On y met ordinairement deux, rarement plus de trois gaules en même temps ; 6, 7 ou 8 femmes, filles et enfans étant rangés de

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chaque côté. Ceux-ci avec l’homme qui arrache et range les gaules se nomment une partie. Le houblon, soigneusement séparé des feuilles et des branches ou de la paiile, est jeté dans une grande toile, qui, attachée à des crochets garnit. l’intérieur du cadre. Lorsque la toile est pleine, on vide le houblon dans un grand sac où même en grands las, qu’on sèche à la maison en les plaçant sur un chauffoir. On fait cela toujours le plutôt possible après qu’on a cueilli ; parce qu’il serait beaucoup endommagé, dans la couleur et le bouquet, si onle laissait longtemps dans les sacs, ou même en tas dans l’état vert dans lequel on l’a cueilli. Par un temps bien chaud et si on le cueille dans un état humide, il chauffera souvent en cinq ou six heures ; c’est pourquoi les chauffoirs devraient toujours agir, nuit et jour, depuis le commencement jusqu’à la fin de la saison du houblon. C’est prudent dans cette saison de mettre beaucoup de monde à louvrage pour fournir les chauffoirs continuellement de houblon ; et si on a plus de houblon qu’on ne peut convenablement sécher, on peut renvoyer quelques-uns de ceux qui cueillent le plus mal ; car c’est dangereux de laisser le houblon vert longtemps sans le sécher. Dans une saison moite les chauffairs prendront plus detemps pour sécher Je houblon que dans une saison sèche ; il faudra donc la plus grande attention du planteur pour empêcher le houblon de se gâter dans une saison mouilleuse.

Donaldson assure, que des gens assidus cueilliront chacun si la récolte est passablement abondante, de huit à dix bushels par jour, qui sec pèsera près de 112 livres. En Canada on cueille le houblon communément à tant par rang, selon la longueur de chaque rang et l’abondance du retour. Les journaliers ne manquent pas dans cette saison, surtout comme la quantité de houblon cultivé en Canada n’est pas bien grande. L'opération de sécher le houblon n’est pas bien différente de celle de sécher la drêche, et les chaufloirs peuvent presqu’être de la même construction. Le houblon est étendu sur une haire ou des tuiles de la profondeur de 8 à 10 et souvent 12 pouces, selon la siccité où l’humidité de la saison, et la maturité du houblon. Ce n’est que par une longue pratique qu’on peut acquérir la meilleure méthode pour sécher le houblon. Les règles générales sont, de commencer par un feu lent, et de laugmenter graduellement jusqu’à ce qu’on s’apperçoit par le chaufloir et la chaleur du houblon qu’il est assez fort. Un feu égal est continué pendant quelques heures, selon l’état et les circonstances du houblon jusqu’à ce que les bouts des tiges du houblon soient entièrement grésillés et secs. On l’ôte alors du chauffoir et on le transporte dans un vaste appartement, où il reste jusqu’à ce qu’il soit tout à fait refroidi. Il est alors propre à être mis dans des sacs, ce qui est la dernière opération du planteur avant de le porter au marché, Le houblon devrait rester quelque temps au grenier après qu’on l’a Ôté du chauffoir ; car après en avoir été d’abord enlevé, étant très sec, il se briserait lorsqu’on le met dans les sacs, et ne fournirait par conséquent pas une si bonne montre, qu’après avoir été pendant quelque temps en tas; ce qui lui donne une plus grande dûreté et un plus grand poids. En Canada on sèche le houblon ordinairement avec du charbon de bois.

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diocre qualité. Le produit du houblon en Canuda dans des années favorables et lorsqu’il est aussi bien cultivé que dans le comté de Kent, était tout aussi considérable qu’il l’est généralement en Angleterre.

On juge de la qualité du houblon par ce qu’on nomme la condition c’està-dire par la poussière jaune qu’il contient et qui abandonne sa principale qualité ; selon le plus ou moins visqueuse que la montre parait étre, l’acheteur augmentera ou diminuera sa valeur. (On peut ajouter à cela sa couleur, qu’il importe beaucoup au planteur de conserver aussi brillante que possible.

Une houblonnière en bon sol peut durer 20 ans ou plus, mais en général elle commence à diminuer la dixième année. Les planteurs de houblon qui réussissent le mieux ont l’habitude de les continuer au-delà de 10 ans, et ensuite en font une nouvelle. Tes nouvelles plantations cependant exigent des dépenses considérables,

Fa cultivant le houblon en même temps qu’une ferme, on doit faire # ion à l’étendue qu’on peut fumer sans faire dommage aux autres portions de la terre qui sont sous la charrue. En résumé, le houblon est uno culture couteuse et précaire, sur laquelle on doit bien réfléchir avant de s’y embarquer, et où il faut surtout considérer l’étendue et la certitude du marché.

Le houblon sert dans la brasserie à empêcher la bière de tourner. Les jeunes rejetons peuvent être mangés en printemps comme les asperges. L’herbe donnera une teinture jaune au bois. En Suède on fait une toile forte des tiges ; à cet effet il faut les ramasser l’automne et les tremper tout l’hiver dans l’eau; et au mois de mars, on les traite comme le lin après les avoir séchées au four. Il leur faut plus de temps pour rouir qu’au lin. Si elles ne sont pas complètement macérées, la partie boiseuse ne se séparera pas, et la toile ne sera ni blanche ni fine, Dans sa maladie de 1787 on prescrivit à George III. un oreiller rempli de houblon.

Le houblon est une plante très sujette aux maladies ; elle souffre souvent de grands dommniges des insectes et de la vermine après la racine, aux vignes et aux feuilles ; et si on ne les prévient pas, la houblonnière sera fréquemment entièrement détruite. Le planteur doit tâcher d’être sur ses gardes coatre ces accidens, et apprendre à parfaitement connaître les maladies auxquelles le houblon est exposé, et les habitudes de la vermine qui y font des ravages, afin de se pourvoir de tous les remèdes possibles ; et, s’il ne fait pas cela, il ferait mieux de ne jamais entreprendre la culture du houblon.

En Canada on ne peut pas cultiver avec profit plus de houblon qu’il n’en faut pour notre propre consommation ; il n’y a pas beaucoup de probabilité d’obtenir un marché étranger pour ce produit, et des quantités très considérables de houblon sont fréquemment importées ici des Etats- Unis. Dans les circonstances actuelles donc le houblon ne peut pas être cultivé bien en grand.

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