‹ Traité théorique et pratique de l'agriculture [microforme]Chapitre 131 sur 139 · SET · texte numérisé non relu

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lainés feraient de très bons moutons pour tous les fermiers déterminés à les nourrir et traiter judicieusement, comme toute race doit l'être pour devenir profitable. En Angleterre cependant on les considère comme une race de moutons tendres.

La race de Teeswater, qui est aussi rapportée dans la gravure, est une autre variété de l’ancienne race anglaise à longue laine, et on dit qu’elle atteint un plus grand poids qu'aucune autre race du royaume, et qu’elle produit une toison de près de 11 livres. Les brebis sont particulièrement j:roductives en agneaux, des jumeaux étant non seulement communs, maisilen n’ait souvent 3 ou 4 d’une portée. On peut très bien évaluer la vaieur de cette race par son aptitude à augmenter en chair en bas âge, et quand on n’emploie aucun moyen extraordinaire pour les engraisser, ce dont on peut s'assurer par le compte suivant de & moutons, nourris par Mr. Mason de Chilton.

Agneaux. |Première e Tonte, Deuxième T'onte.| Poids le 15 Août| Poids 4 Octobrei Gain. ! Poids 15 Octobre, Gain. 1803. 1804. | | 1605. | Moyenne. | Muyenne. Moyenne. |! Moyenne. | Moyenne. 88 lbs. 202% lbs. | 1144lhs. | 23541bs. | 33 bs.

Donc le poids gagné depuis 5 mois à l’âge d’un an et 7 mois, est 1141 livres ou en raison de 1 livre 15 onces par semaine ; et depuis cet âge jusqu’à celui de ? ans 7 mois, le gain est seulement de 33 livres ou de 10 onces par semaine. De 9 moutons de 4 tontes de cette espèce, l’un tué à Darlington pesait 62 livres par quartier, l’autre 54 livres. Un mouton de 3 ans, tuê € en Janvier pesait 59 livres par quartier, etun agneau de 5 mois pesait ©2 livres par quartier. (Voyez revue agricole de Durham et Yorkshire.) Cette race exigerait sans doute d'être bien tenue dans toutes les saisons, autrement elle ne pourrait pas être profitable, Les moutons à iongue laine cependant sont les plus profitables dans notre climat et pour nos besoirs, pourvu que la laine soit fine, d’un grain épais, non pas grossière, ouverte et frisée.

Le South-Down, dessiné dans la gravure, est une race favorite en Angleterre, par rapport à sa viande délicieuse et sa belle laine ; mais la quantité de la dernière est petite, rarement de plus de 3 livres pour un mouton de % ans. On la considère comme la meilleure race de l’Aneleterre dans de courts pâturages et des situations exposées. Je ne doute réellement que la quantité de la laine ne puisse être augmentée, quoique la finesse de la toison diminuerait. T'el parait être le résultat d'expériences faites en Angleterre pour augmenter la quantité de laine de cette race, selon le témoignage donné devant un comité de la Chambre des Lords en 1828. Mais comme une laine extrêmement fine n’est pas nécessaire à nos manufactures actuelles, le poids de la toison de South-Down pourrait être augmenté sans en diminuer en aucune manière la valeur pour nous.

La race de Herefordshire ou Ryeland est petite, à face blanche, et sans cornes ; Ja laine poussant près de ses yeux ; elle a les os légers,

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les jambes petites ct nettes ; elle a la tailletrès compacte et symétrique. La viande est excellente, mais de peu de poids, et la laine très fine, à ? livres à peu près par toison (terme moyen.) Quoiqu'une race délicate, elle peut subsister avec une petite quantité de nourriture. On les a croisés en Angleterre avec les brebis d’Espagne ; le produit s’appelle Mérino-Ryeland, et la laine Anglo-Mérino. Ce mélange a détérioré la beauté de la forme des Ryelands ; mais la toison y a gagné en poids et en qualité, et la carcasse est considérablement augmentée. On a croisé les Ryelands aussi avec la race de New-Leicester, mais on n’a pas bien réussi, à en juger par la revue agricole d’Herefordshire.

Les moutons canadiens sont une race à cornes, la laine est un peu grossière et ouverte, et la forme de la bête entièrement différente de ce que les juges les plus expérimentés considèrent la perfection dans le mouton, pour produire les retours les plus profitables en viande et en laine en raison de la nourriture qu’ils consomment. La propagation et le traitement de ces moutons ont été jusqu'ici certainement très négligés ; on peut dire en effet qu’ils sont dans l’état de la nature, quand à ce qui concerne la propagation. La meilleure race de l'Angleterre ne saurait être maintenue en perfection sans couper à l’âge convenable tous les mâles qui ne sont pas nécessaires ou qui sont incapables à la propagation, et sans rejeter {toutes les brebis grossières ou de mauvaise forme, et les vendre au boucher.

Le climat du Canada peut être moins favorable aux moutons que l’Angleterre ou l’Irlande ; mais en Saxe et en Hongrie, où la laine la plus fine de l’Europe est produite, les moutons sont régulièrement hivernés dans les bâtimens et maintenus avec une nourriture sèche, En Hongrie cet hivernement commence de bonne heure en octobre.

Voici le retour de laine et de viande de quelques races en Angleterre.

Poids moyen de| Poids moyen des [Année deleur de la toison en [moutons par quar-|âge quand on

livres, tier en livres. | les a tués.

Dishley ou New-Leices-

ter, laine longue, face 6 22 2 “ et jambes blanches.

eeswater, laine longue,

face et jambes blanches. , 28 ?

Lincolnshire, laine longue, 94 25

face et jambes longues.

Romney Marsh, id. id. 7 24 2; Herefordshire ou Ryelands, 4

laine courte, id. id. 24 14 i South-Down, laine courte,

face et jambes grises. : 3 ee 18 2

Quant au choix des moutons, comme un article de bien vifs, les mêmes principes de symétrie de la forme et des autres choses requises pour la formation d’une bonne race d'animaux, qui ont déjà été spéci-

Alr p

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fiés, sont également applicables. Le fermier doit aussi soigneusement examiner la nature de sa terre, et ses différentes sources de :rocuzer la nourriture; il peut alors penser à obtenir une race, qu’après mûre reflexion, il croit la mieux calculée à son but. La vue introductoire qui a été donnée sur quelques-unes des races les plus estimées, pourra probablement lui servir de guide dans son choix. Ce qui suit exige une attention AUS ; et comme chez les bestiaux, le mâle a la plus grande influence ; il convient de spécifier les choses requises et. qui sont essentielles à un bon bélier.

& Un bon bélier, ” dit Mr Culley, ‘“ doit avoir la tête fine et petite ; les narines larges êt déployées ; les yeux saillants, et un peu audacieux et téméraires ; les oreilles minces, le cou plein depuis la poitrine et les épaules, mais diminuant graduellement jusque là qu, la nuque joint la tête, qui doit être très belle et gracieuse, sans la moindre peau tombant en bas ; les épaules larges et pleines, qui doivent, en même temps si légèrement se joindre au cou et à ’échine, qu’il n’y ait pas de creux ni devant ni derrière ; la chair de son bras doit aller jusqu’au genou ; les jambes droites, d’un os fin et net, sans aucune peau superflue ni aucune laine grossière et vêlue, depuis le genou, et le jarret en bas ; le poitrail plein et bien formé, qui tiendra ses jambes de devant à une distence convenable ; la ceinture ou poitrine pleine et profonde, et au lieu d’un creux derrière les épaules ; la partie que quelques-uns nomment le flanc de devant (fore-flank) doit être bien pleine; le dos et.les reins larges, plats et droits, et les côtes en sortiront en.un belarc de cercle ; le ventre droit ; les quartiers longs et pleins, la chair en bas jusqu'au jarret, qui ne doit ni rentrer ni sortir ; le cordon (c’est-à-dire la jointure de l’intérieur des quartiers profond, large et plein, qui avec

Je poitrail large tiendra les jambes de devant ouvertes et droites ; tout le corps couvert d’un bouclier de peau fine et celle-ci d’une laine fine, brillante et douce. ” |

Telle est Ja description de l’animal recommandé par Mr. Culley, qui observe que plus la race des moutons y approche, plus elle approche de l’excellence de la forme, et tous les juges expérimentés seront de la même opinion. De tels animaux peuvent être achetés, mais le fermier qui fait l'achat, et qui désire que la race ait. la même excellence de forme, doit adopter te même traitement et le même soin quant à la nourriture et à la propagation, qui ont porté en Angleterre à un si haut degré de perfection les différentes races d'animaux, autrement.il.n'obtiendra jnmais le résultat désiré.

Les marques charactéristiques de la brebis deivent.être les mêmes que celles du bélier, et de même quant à la propagation ; car les moutons ainsi que les autres bestiaux ne peuvent pas ‘atteindre un certain degré de perfection, sans que la femelle soit aussi bonne que le mâle, Ceci pourtant ne peut pas être obtenu dans les circonstances actuelles. En choisissant et croisant nous devons tâcher d’uméliorer notre race de moutons, ayec soin. et attention.nous pouvons.y,parvenir. On ne doit pas faire rapporter les brebis ayant l’âge de 18 mais. Dans le comté

de Galway en Irlande, où l'on trouve, selon. Wakefield, les,plus beaux,

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troupeaux de moutons du monde, on ne permet guère aux brébis de rapporter avant l’âge de deux ans et demi,

es brebis rapportent un, deux et quelquefois trois agneaux, après une gestation de 5 mois ou 20 semaines. Selon les expériences sur la gestation de Mr. Tessier, sur 912 brebis, 140 agnelaient entre le 146me. et le 150me. jour ; 676 entre le 150me. et le 154me. jour ; 96 entre le 154me. et le 161me. jour. La race de moutons la plus prolifique est celle de Teeswater. Une brebis de cette race, appartenant à Mr. Eddison, rapporta en 5 ans 20 agneaux, dont 9 furent agnéles. les 11 premiers mois savoir :—1ère, année, 4 agneaux ; 2ème. année, 5 ; 3ème, année 2; 4ème. année, 5 ; 5ème. année 2 ; tous agnélés en 60 mois.

Le meilleur temps pour agneler dans ce climat serait entre le 15 mars et le 15 avril; conséquemment les béliers ne devraient pas être admis auprés des brebis avant la mi-octobre. Il doit nécessairement y avoir ici une grande perte d’agneaux, de ce qu’on permet aux béliers d’être toujours avec les brebis ; elles rapportent donc des agneaux à une période trop peu avancée de l’année, lorsque le froid est extrème ; les cours et les.étables pour les moutons.sont loin d'être de la meilleure cons. truction pour la. sûreté des agneaux, Avant d’avoir changé tout le.système de leur traitement, il:est impossible d'améliorer généralement la race de nos. moutons. D’abord tous les essais seront vains tant qu’on laisse libre tous les béliers de tout âge, de toute sorte et de toute taille; Empèêcher cela, sera le premier pas nécessaire dans aucun. plan d’ameélioration qu’on puisse proposer, et ayant d’ayoir fait cela, aucun moyen soit en croisant, soit autrement, ne peut être adopté avec succès pour améliorer une bonne race de moutons. Si tous les mâles sont coupés exceptés ceux qui sont nécessaires à. la propagation (et. un bélier suffit à 50 ou G0 brebis,) le fermier pourrait facilement le séparer de ses brebis, ou au moins empêcher l’accouplement, jusqu’au temps convenable, par une toile ajustée comme il faut.

Pendant la gestation les.brebis. exigent une grande attention, Dans la propagation des bestiaux, il.y.a une maxime dont on.doit toujours.se rappeler, que rien n’est plus préjudiciable aux. femelles, que de les engra’sser pendant la gestation ; et quant aux, brebis en particulier, cette règle doit être plus soigneusement observée qu’à. l'égard. d’autres. animaux ; car sielles sont trop richement nourries.pendant qu’elles portent l'agneau, elles souffriront de grandes difficultés et. de grandes peines en agnelant ; cependant il est nécessaire qu’elles soient. tenues de manière à avoir la force requise dans.ce moment critique, et.le lait suffisant pour nourrir l'agneau. En Hongrie on a des appentis pour les moutons, bien construites et subdivisés,par de petits rateliers en telles espaces qui sont nécessaires pour séparer les troupeaux. Il ya. aussi des rateliers autour du tout, desonte que tous les moutons peuvent facilement s’y nourri. Le plancher est couvert de paille, qu’on enlève continuellement, pour leur donner un lit.sec et chaud, On nourrit les moutons quatre fois par jour de fourrage sec, on les abbreuve.denx fois par jour. En été ils.sont mis.sous.ces appentis lorsqu'il pleut, ou lors.

que la chaleur est oppressive. Les brebis agnèlent toujours dans le bâtiment. Dans ces occasions Ja brebis est mise seule dans un petit parc, où rien ne la moleste. Ces parcs ont 8 ou 4 pieds, sur 2 et sont faits avec des claies. C’est à ces soins qu’on est redevable de ne jamais perdre un agneau. En construisant ces appentis aux moutons, on accorde à chaque brebis 24 pieds quarrés, ce qui suffira pour les rateliers à foin et la partition requise pour y agneler. Toute moiture et humidité est censée préjudiciable aux moutons ; mais on les mène à l’eau, sinon au pâturage, deux fois par jour en été ; on leur donne aussi du sel. Quinze jours avant la suson d’ccouplement, pendant sa durée, et 15 jours après un bélier reçoit tous les jours 4 livres d’avoine, Dans le temps que la brebis agnèle on met de petites auges dars chaque parc, dans lesquelles on donne Peau aux brebis avec une pe::'e quantité de farine d'orge, ce qui augmente beaucoup leur lait.

La quantité de nourriture sèche donnée à chaque mouton est du poids de cinq livres par jour ; 11 livre de bon foin et %3 livres de bonne paille, données en 4 pirties. À l’époque que les brebis agnèlent, et quelques jours avant, Ja quantité du foin est augmentée, et la paille diminuée Les jeunes moutons reçoivent à peu près une livre de fourrage de moins. Les carottes et les pommes de terre sont une excellente nourriture pour les brebis après avoir agnelé. En Hongrie, on entretient en hiver les moutons presqu’entièrement avec des pommes de terre. On donne aux moutons qui ont achevé de grandir 4 livres de pommes de terre brutes, coupées avec un instrument de fer et mêlées avec une petite quantité de farine d'orge et de paille ou de foin hâchés, qu’on humecte avec un peu d’eau et de rebuts de distillerie. On leur donne cela en 3 repas par jour, accordant à chaque bête à peu près 54 livres de nourriture en 24 heures. Ce serait un minot de pommes de terre et 2 minots de carottes. Le comte Magnis trouva que 41 livres de trefle, de paille hâchées et de pommes de terre suffisaient à une brebis, 5k à un bélier ou grand mouton, et 31 à un agneau. De cette nourriture donnée par le comte Magnis, la proportion des pommes de terre ne fut pas au-delà d’une livre de pommes de terre par mouton.

La castration des agneaux peut être faite dans aucun temps depuis l'âge de 15 jours à celui d’un mois ; plus l’agneau est jeune, moins il y a de danger d’une grande inflammation. Or devrait faire l'opération par un beau temps, quand il ne fait pas trop chaud ; et les agneaux tenus secs et mis à l'abri pendant quelques jours, jusqu’à ce que l’inflammation a cessé. Les agneaux peuvent être sevrés à l’âge de 3 mois ou au mois daoût, Les agneaux mâles doivent tetter un mois de plus. On doit les séparer après avoir été sevrés, à quelque distance des brebis, et prendre ceux du voisin en échange pendant quelques semaines, jusqu’à ce que le lait des brebis est tari. Après avoir été sevrés les agneaux doivent avoir abondance de nourriture, la deuxième crûe de trefle serait très convenable. En Angleterre, Irlande, Espagne ct Saxe on a l’habitude de couper les queues des agneaux. Sans doute cela donne aux animaux une belle apparence quarrée de leurs quartiers de derrière ; mais dans ce pays où les mouches sont si incommodes aux

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moutons en été, c'est une espèce de cruauté de leur ôter la queue, que la nature parait leur avoir donnée pour se défendre de ces attaques. Dans le froid de Phiver, une longue queue chevelue est une grande protection et un moyen de chauffer le pis des brebis. Le fermier qui veut se donner la peine de bien entendrr l’économie et le traitement des moutons, saura se décider s’il doit ou non leur couper la queue.

La tonte des moutons et le profit qu’on retire de la laine, est un article très important de lconomie rurale. C?est la température du temps qui doit fixer le temps le plus convenable à la tonte. S’il fait chaud, Ia fin de mai est un temps assez convenable pour tondre ccs animaux. Une tonte hâtive est préférable à une tonte tardive, si le temps et les circonstances permettent de la faire avec sûreté ; car non seulement la nouvelle laine aura le temps de pousser, mais animal sera encore considérablement protégé contre les attaques des mouches, aux déprédations desquelles ils sont si sujets, si à diffère la tonte jusque bien avant en été. Avant la tonte, on doit bien laver les moutons, afin d'enlever la poussière et les autres ordures qu’ils peuvent avoir ; dans les Iles Britanniques cela se fait ordinairement par des hommes qui se mettent dans l’eau, auxquels on remet les moutons, et qui lavent entièrement la laine, et qui ne permettent pas que la tête des moutons aille sous l’eau. La société des fermiers d'Irlande recommanda, si beaucoup d’ordures s’étaient attachées aux pointes de la laine, et que les cenelles ne pouvaient pas être dissoutes dans l’eau froide, d’emplir une grande cuvette d’eau chaude à la température du sang, pour y placer les moutons, jusqu'à ce que toute la laine est bien lavée et adoucie, et de laver les moutons à la rivière immédiatement après. La société observe, que ce procédé ne causera pas tant d’inconvéniens qu'on ne suppose ; car la chaleur naturelle de l’animal entretiendra suffisamment cecile de l’eau, qui au reste peut toujours être reproduite eu y versant de temps à autre quelques scaux d’eau chaude. Cette méthode est d'autant plus nécessaire lorsque les moutons sont enfermés dans la bergerie pendant plusieurs mois comme en Canada. On prétend que l'ouvrage extraordinaire de laver les moutons d’eau chaude et de lessive ou de soude, sera amplement remboursé, en se servant de lavure comme d’engrais ; la quantité de riche savon animal qu’elle doit contenir, en fera une des applications les plus fertilisantes dont on pourrait faire usage. Si l'on n’a pas un grand nombre de moutons, on doit verser un peu d'eau froide fraîche après les moutons ‘après les avoir lavés dans la cuve ; on doit faire cela aux moutons placés debout à terre, et on exprimera l’eau de la laine autant que possible.

On peut tondre ou rogner les moutons en trois ou quatre jours après qu’ils ont été lavés vu dès que la laine est parfaitement sèche, Un tondeur peut dans sa journée tondre 25 à 30 moutons. Si l'animal est blessé, on embaume la blessure de ses excrémens ou d’un mélange d'huile, de graine de lin et de sésine. Si le temps est froid ou mouilleux après la tonte on mettra les moutons dans la bergerie et ou les nourrit sous un appentis tant qu’il fait froid. Lorsqu’en Irlande la toison est tondue, on l’étend en entier, l’extérieur en dessus sur une plate-forme de plan-

ches ; la partie grossière de la queue et des quartiers dé derrière est séparée de la toison, celle-ci soigneusement pliée et roulée, en commençani par la partie de derrière et pliant les côtés du dedans ou la laine du ventre, à mesure qu’on procède à rouler. Arrivé aux épaules, ,la laine de la partie antéricure est roulée en arrière pour rencontrer l’autre, au lieu de faire un lien de la laine, comme on fit dans beaucoup de cas ; on aime surtout à attacher avec un lien fait de ficelle, de la même manière qu'on attache ordinairement des paquets. De cette manière la toison est tenue plus serrée, et se déploie plus régulièrement sous la main de celui qui l’assortit. Cette méthode serait très profitable à tous les fermiers qui ont de la laine à vendre. La laine grossière et inférieure, qui a été séparée de la toison peut être séparément vendue, ou manufacturée en drap grossier pour des couvertürès de chevaux ou d’autres objets, La laine longue ou ce qu'on nomme la laine au peigne, suffira pour nos besoins actuels, comme elle est la meilleure pour faire du drap d’un poil long et égal et d’un degré médiocre de finesse. Si nous étions à même d’exporter de la laine et avoir besoin d’une qualité particulière, nous devrions tâcher d’avoir la laine qui conviendrait au marché, si notre climat et d’autrés circonstances voulaient le permettre.

Une pile douce est essentielle pour constituer une bonné toison, ainsi qu'une qualité foulée dans toutes les laines dont on fait des draps qu’on doit soumettre à l’action du foulon. On dit que ces qualités manquent à la laine britannique ; et la laine de Saxe et quelques-unes de la Nouvelle South Wales y excellent particulièrement. Le climat, le sol et la manière de nourrir les moutons doivént sans doute avoir une grande influence sur la qualité de leur laine. Mr. Bakewell fut de cêtte opinion, mais il crut, que la qualité douce de la laine peut être obterue dans toutes les situations en graissant les moutons ; et que cela contribuera beaucoup à hstirdéiet foi effets du climat et du sol, lorsqu’ils sont préjudiciables à la qualité de la laine; et de plus, que cela préserve les moutons res effets pernicieux du changement de climat et d’un cliangement soudain de la température après la tonte, Du beurre et du souffre faits en onguent sont recommandés à être appliqués à la racine dé la laine immédiatement après la tonte. On recommande un aûtre onguént fait avec une pinte de goudron et 4 livres de beurre, quantité suffisante pour 12 moutons. J'ai fait usage en Irlande des deux onguents avec succès, et j'ai trouvé que cela amélioré la qualité et augmente la quantité de la laine et détruit les insectes. De l’huile {non pas de l’huile de baleine) mêlée avec de l’eau chaude fait du bien, en n’én frottant la peau des montons après la tonte, et est préférable à d’autres onguens, parce qu’elle ne décolorera pas la laine.

Lorsqu'en printemps les moutons vont à l'herbe jeune, on devrait bien rogner leurs queues et leurs pis, afin qu’ils restent parfaitement propres jusqu’à la tonte. Si les fermiers ont uün marché convenable pour vendre des agneaux gras, c'est un grand avantage de les avoir de bonne heure, et les brebis qu’ils tettent, doivent avoir une bonne nourriture pour pouvoir leur donner du lait en abondance.

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Les moutons peuvent être profitablement engraissés ? l’herbe en 18 mois. À cet âge ils feront bien à la nourriture de l’hiver de sorte à être vendus en printemps à l’âge de 2 ans. Les moutons qu’on engraisse l’hiver doivent être tenus séparés du reste, et avoir abondance de racines, de grains, ou de rejet mangeable des brasseries et distilleries. On leur donnera des pommes de terre cuites à la vapeur, et mêlées avec une petite quantité d’orge ou d'avoine moulues ; cette nourriture avec du foin engraissera un mouton en moins de temps que toute autre nourriture, et je crois qu’elle le ferait à moins de frais. En nourrissant les moutons, on trouvera avantageux d’avoir les auges un peu soulevées du plancher, dans lesquelles on leur donne leur repas ou bien’ faites avec des rateliers de sorte qu’ils ne puissent y passer que la tête pour atteindre leur nourriture. Ceci empèêchera la perte, parce que les moutons aiment à entrer dans les auges et de salir la nourriture avec leurs pieds. En Angleterre on a ce qu'on nomme un tombereau (tumbril), qui consiste en une cage ou crèche circulaire, qu’on peut faire d’osier, de saule ou d'aucune autre broussaille. Le tout est d’une circonférence d’à peu près 10 picds, et fermé de claies jusqu’à la hauteur d’un pied, au-dessus de quoi on laisse un espace de 18 pouces ; il est encore fermé de claies pour 8 ou 10 pouces, et en haut on laisse une ouverture du diamètre de & pouces pour entrer par là les racines ou toute autre nourriture verte ou sèche, et sur laquelle on met une couverture s’il est nécessaire. Les douves ou jalons qui forment le squélette de cet ustensile sont à la distance de 10 pouces, ce qui est un espace suffisant pour admettre les moutons à leur nourriture, et 12 moutons peuvent en même temps manger de ce tombereau. Cette simple construction cause une épargne matérielle de fourrages et les moutons forts ne peuvent pas en chasser les plus faibles, ni fouler aux pieds et gâter la nourriture.

On dit que le prince Esterhazy possède des troupeaux de 300,000 moutons, tenus sur ses biens, situés en Hongrie. La surveillance et le traitement de ces troupeaux se fait avec la plus grande régularité et d’après les meilleurs principes ; tous les mois on reçoit des rapports de toutes les fermes les plus distantes quant à l’état des troupeaux, la nourriture &c. à Eisenstadt, où il y a un comité de directeurs pour surveiller et donner des instructions aux différentes personnes auxquelles les fermes sont confiées. Un bélier de la race espagnole des Mérinos a été vendu en Hongrie £800 sterling, et peu d’heures après l’achat on offrit à l'acquéreur £1250 sterling pour céder le bélier. Selon le Lr. Bright on paie ordinairement à ces ventes publiques depuis £100 jusqu’à £300 par bélier.

Pour être profitables les moutons exigent beaucoup de soins et d’attention, surtout en ayant de bonnes clôtures, assez d'herbe en été, et en hiver de bonnes bergeries convenablement divisées et arrangées, et abondance de nourriture. Le fermier qui n’est pas disposé à pourvoir à ces choses indispensables, et qui ne se sent pas intéressé à avoir son troupeau en bonne condition dans toutes les saisons, fera mieux de ne pas en garder.

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