‹ Traité théorique et pratique de l'agriculture [microforme]Chapitre 20 sur 139 · SALES · texte numérisé non relu

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ï Les exploitations en Flandre ne sont pas d'une très grande étendue.

Il en ait peu qui mesurent 2,001 acres, et il arrive très souvent que les

propriétaires cultivent eux-mêmes leurs terres. Partout les propriétés

sont entourées de haies, et les champs sont généralement petits.

Les constructions agricoles sont commodes, et généralement plus spacieuses, à proportion de l'étendue de la ferme, qu’en Angleterre. Sur les grandes fermes on trouve une distillerie, un moulin à huile et quelquefois un moulin à farine, à part des commodités ordinaires ; la maison de la ferme, une laituie cintree avec une chambre pour baratter, et à côté de celle-ci une autre pièce où un cheval fait mouvoir la machine ay beurre ; une petite bâtisse destinée à l’usage des journaliers extra, avec un âtre pour y faire la cuisine, et autres bâtimens proportionnés à la ferme. Des citernes à urine sont placées dans le champ pour recevoir les engrais liquides qu’on achète, mais celles qui sont destinées à contenir ceux qui se font dans la basse-cour de la ferme, généralement sous les étables ou dans la cour. Dans le premier cas on fait écouler les urines de chaque étable vers un treillis ordinaire à travers lequel elles tombent dans un réservoir d'où on les tire au moyen d’une pompe, Dans les fermes les mieux tenues, sous le rapport des constructions, on divise le réservoir en deux compartimens, on y adapte une valve au moyen de laquelle le contenu du premier espace s’introduit dans le second pour y être conservé séparé des additions plus récentes, car le temps le rend beaucoup plus efficace. En Flandre on se sert de cette espèce d'engrais de préférence à tout autre, pour tous les sols légers ; et, comme on peut l'appliquer à la plupart des récoltes et à toutes sortes de sols, on commence à l’estimer beaucoup même pour les terres fortes, originaireraent si riches qu’elles proscrivaient la nécessité des engrais.

Selon sir John Sinclair les jachères sont en grande partie abolies, même sor les terres fortes, ce qui a l'effet d'augmenter les produits, et, nécessairement, de diminuer les dépenses de culture pour les récoltes prélevées dans le cours d’un assolement ; et le grand profit qu’ils font de leur lin et de leur rêves sauvages, fait qu’ils peuvent vendre leurs récoltes de grains à un taux plus bas. Les cultivateurs flamands calculent cependant trop bien leurs intérêts pour abolir les jachères en friche sur les sols dans un climat humide.

Les cultivateurs flamands adaptent avec beaucoup de soin la succession et la distribution des ensemencemens à la qualité du sol. Sur le sol de première qualité les assolemens se font ainsi : pr’iuière annnée, orge ; deuxième année, fèves ; troisième, blé; quatrième, avoine ; cinquième, jachère. Sur le sol de seconde qualité les assolemens se font comme suit : première année, blé ; deuxième, fèves ou vesce ; troisième, blé ou avomne ; quatrième jachère. Sur le sol de troisième qualité, première année : blé ; deuxième, jachère ; troisième, blé ; quatrième, jachère.

Les polders, ou terrains bas protégés par les digues en Flandre, ne forment pas partie des trois qualités de sol dont on vient de parler, mais ils

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sont encore d’une mrilleure qualité. Ce sont des terrains conquis sur la mer, et dès qu'ils sont à l'abri de la marée, il deviennent extrêmement productifs, sans l'aide d'aucune espèce d'engrais. Les polders près d’Ostende, contenant à peu près 1,300 acres, se louent pour environ £? 158. l’acre anglais. L’assolement ordinaire de ses terres se compose de navette, orge d'hiver et fèves, et de temps à autre, on y mêle des pois et de la vesce. Quelquefois on sème des fèves et des pois mêlés ensemble. Ce plan est très excellent.

Dans de bonne serre, couleur jaunâtre, mêlée d'un peu de sable, les produits sont, premières récoltes : blé, orge, avoine, houblon, tabac, fourrage, graines de navette, lin ; et deuxièmes récoltes: sarrazin, fèves, navets, patates, carottes et trèfle.

Pourobtenir des produits sûrs et profitables on compte sur un autre so), tel que de la bonne serre sablonneuse, de couleur blonde et dans un état de culture supérieure. Programme : 1. blé, avec fumier ; 2. trèfle, avec cendres et quelquefois du sable ; 3. lin, avec urine et gateaux de navettes ; 4. blé, avec fumier et balagures ; 5. patates, avec fumier de cour de ferme ; 6. seigle, avec urine; ‘7. navettes, avec urine et gateaux de navette ; 8. patates, avec fumier ; 9. blé, avec engrais de diverses sortes.

Il est d’autres endroits du pays où la maigreur du sol et l'abondance des productions rendent un ample témoignage en faveur de l'art et de la persévérance des cultivateurs flamands. Au quinzième siècle, ce sol consistait en sable maigre et léger, en gravier aride et ne poussait que des bruyères. Maintenant ce sol produit : seigle, lin, patates, avoine, sarrazin, graines de navette, trèfle, carrottes ct navets, généralement, et, cans les endroits propices, du blé,

Là où le sol est susceptible de produire le blé, il y a deux genres d’assolemens : l’un dont la durée ‘est de neuf ans, et dans lequel je blé n'entre qu'une fois ; l’autre dure dix ans, et dans le cours duque! ils font en sorte que la récolte se produit une seccade fois ; mais dars avcun de ces cas sans engrais qui, de fait, ne sont jamais omis dans ces divisions, si ce n’est pour le sarrazin, et, de temps en temps, pour le seigle. Voici le programme de ces assolemens :

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