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Il y a quelques espèces de s0l qui, outre un mélange et un tissu convenables des terres, contiennent une grande proportion d'engrais naturels qui les rendent extrêmement fertiles. Cette substance est produite par le dépérissement lent de matières végétales et animales. On peut la séparer des autres parties du sol, elle a été exactement analysée et décrite par beaucoup de chimistes les plus expérimentés, particulièrement par Fourcroy, Davy, Chaptal et Théodore de Saussure. On nomme cette substance terreau végétal ; mais comme ce n’est pas un terme très clair, il serait peut-être convenable d’adopter avec Thaer et d’autres agriculteurs distingués le nom d’humus, qu’on décrit comme une substance foncée, onctueuse et friable, d’un aspect presqu’uniforme. On dit qu’il est composé d’oxigène, hydrogène, charbon et nitrogène, qui, à l’exception du nitrogène qui est tronvé seulement dans quelques substances, sont en effet une lente décomposition de toute substance animale et végétale. C’est le résultat de la décomposition lente de matières organiques en terre, et on le trouve le plus abondamment dans le riche terreau des jardins ou d’anciens tas de fumier négligé. Il varie un peu dans ses qualités et sa composition, selon les substances par lesquelles il est formé, et les circonstances qui ont présidé à leur décomposition. C’est le produit d’un pouvoir organique, tel que la chimie ne saurait récomposer. Outre les quatre élémens de sa composition, il contient en plus petites quantités d’autres substances p.e. ses acides phosphoriques et sulfuriques combinés avec quelque base, de même qu’avec des terres et des sols. L’humus est le produitet la source de la matière vivante. Il procure la nourriture à l’organisation ; sans lui aucune matière ne saurait vivre. Plus le nombre de créatures vivantes est grand dans un pays, plus il s’y forme d’humus ; et plus il y a de celui-ci plus grande est la masse de nourriture, plus il y a de vie. Il est diminué par l’action de la végétation, perdu pour être emporté vers l’océan par les eaux, ou dans l’atmosphère par agent de l’oxigène de l’air qui le convertit en gaz.
L'humus, dans l'état qu’on le trouve ordinairement dans la terre, est insoluble dans l’eau, et il serait difficile de comprendre comment il entre dans les petits vaisseaux des racines des plantes ; mais on y observera l’admirable prévoyance de la nature. L’humus est insoluble et antiseptique (contre la gangrène, la pourriture :) il empêche la décomposition en lui-même et dans d’autres substances qui se trouvent en contact avec lui. Pendant long-temps il reste dans la terre sans altération ; mais il n’est pas plutôt en contact avec l’atmosphère par les procédés de la culture, qu’il se prépare son action. Une partie de son carbone s’unissant à l’oxigène de Patmosphère, produit FPacide carbonique, que les parties vertes des plantes absorbent facilement, pendant qu'avec hydrogène il forme l’eau sans laquelle les plantes ne sauraient vivre ; et dans des climats bien chauds, où ce procété se fait plus rapidement, l'humidité ainsi produite conserve le vie végétale, si la pluie et la rosée
ont lieu. Le résidu devient un extrait soluble dans l’eau, et les fibres des racines s’en emparent sur le champ. Mais les changemens conti= nuent pourtant ; l’extrait absorbe plus d’oxigène et redevient insoluble, en forme de pellicule que Fourcroy nomme albumine végétale, et qui contient une petite quantité de nitrogène dont on peut facilement rendre compte. En ramenant des parties fraiches à la surface et leur permettant Vaccès de l’air, il se forme plus d’acide carbonique, d’eau, d’extrait et d’albumine, qui fournissent régulièrement aux plantes leur pouvoir vivifiant, et produisent les différentes substances qu’on trouve dans le règne végét tal.
‘C’est à la patience et à la persévérance des chimistes que je yiens de citer, que nous sommes redevables de cette connaissance du procès admirable de la croissance végétale, et c’est sur leur autorité que je Pai expliquée ici.
La grande importance de l’humus et de ces riches engrais qui s’y transforment facilement si les plantes ne les absorbent pas immédiatement, peut aisément être comprise. Mais il y a encore une autre qualité très importante à la fertilité ; il rend poreuse, largile tenace, et consolide le sable incohérent. Il produit ce résultat dans un plus haut dégré que la chaux ou aucune autreterre. C’est pour cette raison qu’un sol qui possède une portion considérable d’humus est bien plus fertile, que la qüantité d’alumine ou de sable qui se trouvent dans sa cymposition ne le ferait espérer, ainsi que cela sera prouvée par l’analyse de terres d’une fertilité reconnue ; et nous voyons le grand avantage des engrais, provenant tant du règne végétal que du règne animel, non seulement comine nourriture des végétaux, mais comme amélierant mécaniquement le tissu du sol.
Le plus grand ennemi de l’humus c’est l’eau stagnante, qui le rend astringent et acide, comme cela est apparent dans la tourbe ; et des terres abondant en matières végétales, dont on n’égoute pas convenablement l’eau, deviennent aigres (sures) comme on le nomme très proprement, et ne produisent que des plantes inutiles et dégoutantes. Le remède en est simple et naturel : égoutez, asséchez bien et neutralisez l’acide avec de la chaux, de Pargile calcaire ou du sable ; au moyen de cela la fertilité sera retablie
Dans des terres très légères on ne trouve que rarement l’humus en grande quantité, vu qu’il est trop exposé à Paction de l’air et se décompose trop rapidement ; les eaux Le font trop vite passer à travers d’elles, èt comme elles se sent rapidement les engrais, on les nomme terres affamées. De pareilles terres sont peu profitables avant d’être améliorées et consolidées par de Pargile ou de la marle, qui leur donnent la faculté de retenir l’humidité.
L’humus agit bien dans les terres calcaires si elles sont bien pulvérisées et assez profondes, Quelques terres maigres peuvent être rendues fertiles par une culture judicieuse et par les ergras.
Pour s’assurer de la fertilité probable d° une turre, ilest utile de lanalyser ct de trouver la proportion des parties qui la composent. Pour le faire avec beaucoup d’exactitude les connaissances d’un chi-
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