MOYENS D'AMÉLIORER LES RACES
Améliorer une race c’est produiré un changement dans Ja forme ou la description de manière à rendre l'animal plus propre au travail qu'il doit faire ; plus apte à devenir gras ou à produire le lait ou la laine, ou des qualités particulières de ces articles. Faire un choix convenable de parens est le principe fondamental de cette amélioration. 1. multiplier par des individus choisis de la même souche, ce qui s’appelle système interne (in-and-in) ;.2 multiplier par des individus de deux différentes souches au de différens:types, appelé le système des craisemens; 3. multiplier par des individus de même type, mais de souche différente, ce que l’on peut appeler multiplier dans la ligne, ou dans la même race.
Toutefois les alliances de même lignage sont à présent le système adopté par ceux qui sont considérés comme les meilleurs éleveurs.
La taille, la forme et les qualités générales des animaux inférieurs, dans leur état naturel, peuvent toujours se tracer à l'influence du sol et du climat ; donc le climat, le sol, la quantité et la qualité des produits prescrivent, en grande partie, au cultivateur l’espèce de troupeaux qu’il doit employer pour consommer ces produits. Là où il n'a pas un constant approvisionnement de gras pâturage, comme en Angleterre et en Irlande, il ne peut élever avec bénéfice les races les plus grandes et les plus améliorées de ces pays. Choisir les animaux qui puissent s'accommoder de nos prés est le premier soin du fermier canadien. Sa condi-
tion ctses moyens doivent décider de ses récoltes ainsi que de Pespèce particulière de ses bestiaux.
Une maiurité précoce est une excellente qualité dans toutes sortes de troupeaux. Quant aux animaux qu’on nourrit pour la carcasse il est très important qu’ils deviennent gras de bonne heure ; parce que non seulement ils rapportent le prix de leur nourriture, outre les profits du nourrisseur, mais encore généralement une plus grande valeur pour leur consomination, que les animaux qu’on engraisse lentement. Une propension dans un animal à devenir gras de bonne heure est une preuve certaine qu’il s’engraissera promptement en aucun temps après Un naturel soumis et docile est une qualité désirable dans la plupart des animaux domestiques. La quantité de chair, et les proportions qu'ont entre elles les parties fines et grossières, puis le poids des deux à lPégard de celui du rebut constituent la valeur comparative de deux animaux de même poids.
La première de ces qualités semble se déterminer par la race et la nourriture ; la seconde, par la forme et les proportions de l’animal, et la troisième par toutes ces choses et le dégré d'embunpoint. Il est bien connu que la chair des animaux bien faits de petite taille, tant bêtes à cornes que moutons, est d’un grain plus fin et d’une saveur plus agréable, est plus entrelardée et plus succulente que celle des gros animaux, et rapporte en conséquence un prix plus élevé (de près de deux sous par livre) dans tous les principaux marchés d'Angleterre et d'Irlande,
Les q''alités requises dans les animaux sont différentes selon les fins auxquelles on veut les appliquer. Les principales productions des trou. peaux sont la viande, le lait, le travail et la laine. Une race de bestiaux également propre à la boucherie, à la laiterie et à la charrue serait bien désirable, mais à peine s’en trouve-t:il. Ces qualités sont, par la généralité de ceux qui s’y connaissent, regardées comme incompatibles et comme devant appartenir à des animaux de formes et de proportions différentes. Quant aux moutons, je crois qu'on ne saurait obtenir de la laine très fine de ceux qui sont les plus aptes à devenir gras; ils rapporteront le plus de viande pour la nourriture qu’ils consomment. En Canada la laine des moutons est d’une très grande importance pour les agriculteurs, et, par rapport à la carcasse, est d’une valeur proportionnelle beaucoup plus élevée qu’en Angleterre : donc une bonne race de moutons, produisant de la laine longue et d’une certaine finesse, est celle qui convient le mieux à ce pays.
Les formes qui indiquent une propension à engraisser au plus vite et avec la moindre consommation d’alimens, et qui portent le gras sur les parties les plus précieuses de la carcasse, sont les suivantes :—
La tête, les os et autres parties moins précieuses doivent être fines, dessinées et aussi petites que possible. L’encolure pleine à la poitrine et aux épaules, et s’apetissant graduellement jusqu’où la tête se joint au cou. Le poitrail large et le coffre profond. La carcasse doit être grande les côtes s’élargissant à mesure qu’elles s’éloignent de l’épine, afin de donner de la solidité à la structure et à la constitution, et afin que les intestins puissent se loger entre elles ; mais il ne faut pas qu'elles soient
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prominentes. Les épaules doivent être non seulement peu osseuses et arrondies vis-à-vis l’aisselle, mais larges, pour donner de la force, et bien revêtues de chair. Le dos, des épaules à la queue, doit être large, plat et presque égal ; les quartiers longs, les flancs pleins et larges. Les animaux dont le corps est rond et fait en forme de barril, têtes, cous et gorges dessinées, petites pattes, et qui ont le moins d’apparence de ré-
ut, sont ceux qui s’engraissent le plus facilement et qui indemnisent le plus de la nourriture qu’ils consomment.
On peut dire qu’une race est améliorée, lorsqu’une qualité désirable, qu’elle n'avait pas auparavant, lui a été inoculée, ainsi que lorsque ses défauts ont été corrigés ou diminués, et ses bonnes qualités enchéries. L'amélioration, dans son application la plus étendue aux troupeaux d’un pays, peut encore s'effectuer lorsque, par un changement total ou partiel de bestiaux, la valeur des productions naturelles du sol se trouve augmentée et qu’on en retire une plus grande quantité d’alimens humains et autres commodités désirables. Quelque puisse être le mérite de l'habile traitement qui est nécessaire à la formation d’une bonne race, ceux là peuvent revendiquer justement une part considérable de ce mérite, qui l’introduiront et l’établiront là où ses avantages n’ont jamais été envisagés, et où les entraves à son succès sembleront presque insurmontables.
Que les races s’améliorent par les plus grands mâles, c’est une opinion bien générale ; mais cette opinion, selon quelques-uns, est contraire à la vérité, et a fait beaucoup de tort. Le grand but des alliances, par quelque mode que ce soit, est l’amélioration de la forme, et l’expérience prouve qu’on n’a obtenu ce résultat à un dégré éminent, que dans les occasions où la femelle excédait en taille la proportion ordinaire entre les femelles et les mâles; et que généralement le contraire avait lieu quand les mâles étaient d’une grandeur disproportionnée. L’épitôme suivant de la science de la multiplication est tiré de l’ouvrage de feu Henry Cline, chirurgien éminent, qui la pratiqua en grand sur sa ferme à Southgate. Quoique le système de Mr. Cline soit désapprouvé par quelques éleveurs, cependant il a été traduit dans la plupart des langues continentales, et dernièrement développé par Mr. de Dambasle, en France, et par d’autres.
C’est principalement du volume, de la solidité et de la force des poumons que dépend la santé des animaux. La faculté de convertir les alimens en nutrition est en proportion de ce volume. Un animal qui a de gros poumons est capable de convertir une quantité donnée d’alimens en plus de nutrition qu’un animal dont les poumons sont petits, et par conséquent est plus apte à devenir gras. La grandeur du coffre indique celle des poumons, et sa capacité dépend plus de sa forme que de l’étendue de sa circonférence ; car de deux animaux de même sangle, Pun peut avoir des poumons beaucoup plus volumineux que l’autre. Un cercle contient plus qu’une ellipse de même circonférence. Donc un coffre profond n’est pas spacieux s’il n’est large à proportion.
Une petite tête indique généralement un animal de bonne race. Les cornes sont très nuisibles aux moutons. Le crane d’un belier avec ses
cornes pesait cinq fois plus qu’un crane sans cornes, et ces cranes étaient ceux de moutons de même âge, 4 ans. La grandeur naturelle de la tête était la même dans les deux, indépendamment des cornes. Un mode de multiplication qui préviendrait la production des cornes, serait d’un profit considérable dans l'augmentation de la viande, de la laine et autres parties précieuses des moutons.
Pour obtenir la forme la plus améliorée, on a pratiqué les deux modes de multiplier décrits comme système interne, et système des croisemens. Le premier est peut-être la meilleure manière, quand une espèce particulière approche par la forme de la perfection, surtout pour ceux qui peuvent n'être pas instruits des principes d’où dépend l'amélioration. Quand le mâle est beaucoup plus grand que la femelle les produits sont généralement d’une forme imparfaite. Si la femelle est proportionnellement plus grande que le mâle les produits seront d’une fnrme améliorée. Par exemple si on allie un belier de belle forme et de grande taille avec des brebis d'une taille proportionnellement plus petite, les agneaux ne seront pas aussi bien faits que leurs parens ; mais si on allie un petit belier avec des brebis plus grandes, les agneaux seront d’une forme améliorée.
La meilleure méthode d’améliorer la forme des animaux consiste à choisir une femelle de belle taille, et plus grande à proportion que le mâle. L'amélioration dépend de ce principe: la faculté qu'a la mère de fournir à ses petits de la nourriture est en proportion de sa taille, et de la faculté de se nourrir elle-même d’après l'excellence de sa constitution. La grosseur du fœtus est généralement calculée sur celle du père ; donc lorsque la femelle est disproportionnellement petite, la quantité de nutrition n’est pas assez copieuse, et son poulin a toutes les disproportions d’un affamé. Mais lorsque la femelle est grande, elle suffit amplement à la nourriture d’un fœtus dont le père est d’une taille moindre que la sienne.
Pour obtenir des animaux d’un poumon volumineux, croiser est la méthode la plus expéditive. En choisissant des femelles grandes et bien faites pour les accoupler avec un mâle de belle forme, mais d’une race un peu plus petite, on obtiendra ce perfectionnement, si nécessaire suivant Mr. Uline. Si on allie un belier sans cornes avec des brebis cornues, presque tous les agneaux seront sans cornes, tenant plus de la nature du père que de la mère, Le croisement par des taurcaux sans cornes produira souvent le même résultat.
On peut voir des exemples des bons effets des croisemens dans la race améliorée des chevaux et des cochons en Angleterre. Le grand perfectionnement de l’espèce chevaline fut le résultat du croisement par les étalons de petite taille, barbes et arabes ; l’introduction des cavales de Flandre en ce pays est l’origine de l’amélioration de la race des chevaux de traits Les formes du cochon ont été grandement améliorées par le croisement par le verrat chinois de petite taille.
Les exemples des effets produits par le croisement des races, sont plus nombreux. Lorsqu'il était de mode à Londres d’avoir de grands chevaux bais, les fermiers de Yorkshire accouplèrent leurs jumens avec
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des étalons beaucoup plus grands qu'à l'ordinaire, et firent ainsi un tort notable à l’espèce, en produisant une race d'animaux à poitrine serrée, à longues pattes, gros d’ossement et bons à rien. On adopta une semblable pratique en Normendie pour y grossir l’espèce chevaline au moyen des étalons du Holstein, et conséquemment la meilleure race de chevaux en France aurait été gâtée, si les fermiers ne se fussent aperçus à temps de leur erreur, en remarquant que la forme des produits était très inférieure à celle des étalons indigènes. Quelques éleveurs de l’île de Sheppy s’imaginèrent qu’ils pouvaient améliorer leurs moutons au moyen des gros beliers de Lincolnshire, mais les produits en furent toutefois très inférieurs sous le rapport de la forme, de la carcasse et de la quantité de la laine ; ces troupeaux se ressentirent beaucoup de cette tentative de les améliorer. Les essais pour améliorer les animaux d’un pays par les croisemens, veulent être faits avec la plus grande précaution ; car une fausse pratique, poussée trop loin, peut produire des torts irréparables. Dans les pays où des races particulières subsistent depuis des siècles, on doit présumer que leur constitution est adaptée à la nourriture et au climat.
Les règles de l’économie animale sont telles, qu’une bête se fera graduellement à de grandes vicissitudes de climat et à des changemens de nourriture, et subira par dégré de grands changemens dans sa constitution ; mais ces changemens ne peuvent s’effectuer que par dégré, et souvent ce n'est que par un grand nombre de générations, qu’ils peuvent s’accomplir. Il peut être bien de perfectionner la forme d’une race indigène, mais en même temps il peut être très injudicieux d’augmenter sa taille, car la taille des animaux est communément adaptée au sol et au climat qu’ils habitent. Là où les productions sont nourrissantes et abondantes, les animaux sont grands, ayant grandi en raison de la quantité de nourriture qu’ils sont depuis des générations accoutumés à obtenir,. Là où les productions sont minces, les animaux sont petits, proportionnés qu'ils sont à la quantité de nourtiture qu’ils peuvent se procurer. Les moutons de Lincolnshire et du pays de Galles sont des exemples de ces contrastes. Les moutons de Lincolnshire mourraient de faim sur les montagnes du pays de Galles.
L'erreur générale dans les croisemens vient d'une tentative d’augmenter la taille des races indigènes, effort infructueux pour vaincre les lois de la nature. Nul essai pour élever la taille des animaux par quelque mode de multiplication que ce soit, ne peut jamais réussir sans un changement analogue dans la qualité et la quantité de leur nourriture et leurs moyens de se la procurer sans beaucoup de fatigue. On doit aussi faire attention au climat. Un animal à petites cornes amélioré n’atteindrait jamais sa perfection dans les prés maigres et grossiers et sous le rade climat des montagnes d’Ecosse. La taille est, de fait, d’une considi ration subordonnée. Le grand objet, comme on l’observe ci-dessus, est d'obtenir les plus grands rapports possibles de la nourriture consommée ; et c'est seulement là où la quantité et la qualité sont en grande abondance que les animaux de grande taille, s'ils sont d’une bonne race, doivent être préférés aux animaux de petite taille.
Les chevaux arabes sont en général les plus parfaits du monde, ce qui est dû probablement à des choix faits avec beaucoup d’attention, et à ce qu’ils n’ont pas été mêlés avec des types différens de la même espèce ; c’est pour cela que les mâles n'ont jamais été d’une taille disproportionnée à celle des femelles.
Les chevaux indigènes de l’Inde sont petits, mais bien proportionnés. Dans l'intention d'augmenter leur taille, la Compagnie des Indes orienlales a adopté le plan d'envoyer de grands étalons dans l'Inde. Si on fait un grand usage de ces étalons, une lignée disproportionnée en sera le résultat, et on aura peut-être gâté irrémédiablement une race précieuse de chevaux. D’après la théorie, la pratique et de nombreuses observations, et c’est sur ces dernières qu’on doit plutôt se fonder que sur les deux autres, on peut raisonnablement, ainsi que l’observe Mr. Cline, tirer la conclution : c’est une erreur d’augmenter la taille d’une race d'animaux indigènes ; car ce qu’ils gagnent en taille, ils le perdent à proportion en forme, deviennent moins vigoureux et plus sujets aux maladies.
Les opinions ci-dessus énoncées peuvent être considérées comme celles des éleveurs pratiques les plus éminens, comme Bakewell, Cully, lord Sommerville, Perry, et autres, et de la généralité des théoristes, comme Coventry, Darwin, Hunt, Young, etc., quoique quelques personnes de moins d’expérience puissent être d’une opinion contraire.
George Culley, agriculteur d’une grande pratique en fait d'élève et d'alimentation, dans ses observations sur les troupeaux, concourt non seulement dans ce principe, en tant qu’il regarde les quadrupèdes, mais le considère comme applicable aux oiseaux et enfin à toutes sortes d’animaux. Sa conclusion est, ‘ que de tous les animaux, de quelque esnèce que ce soit, ceux dont les os sont les plus petits, les plus nets et -2s mieüx faits sont en général les mieux proportionnés, et ceux dont la chair est la meilleure et la plus fine. Je crois, ” ajoute-t-il, ‘ qu’ils sont aussi les plus vigoureux, ceux qui ont le plus de santé et qui sont les plus aptes à devenir gras, susceptibles des plus grandes fatigues pendant leur vie, et ceux dont la viande se vend le plus cher la livre après leur mort. ?
Après la naissance, la première intervention de la part de l’homme doit-être de fournir la mère d’alimens d’une qualité légère et délicate, comparés à ceux dont elle fesait ordinairement usage, et d’administrer ausei la même sorte de nourriture à ses petits autant qu’ils peuvent, par leur nature, en faire usage. A mesure que les animaux augmentent en taille et en force, on doit leur donner abondance d’air, d’exercice et de nourriture, selon leur nature ; et dans tous ses efforts pour les apprivoiser et les instruire, l’homme doit se guider d’après des principes de douceur et de conciliation plutôt que sur ceux de la rudesse et de la contreinte.
Le but de nourrir et de soigner les animaux est d’élever leur taille, de les rendre propres au travail, d’accroître certains produits animaux, ou de les engraisser pour la nourriture de l’homme. Pour engraisser le bétail on doit observer les préceptes suivans : abondance de nourri-
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La nourriture doit se donner en abondance, mais non pas jusqu’à satiété. On doit permettre des intervalles de repos et d’exercice, selon les circonstances. Même les animaux qui paissaienti dans de riches pàturages, on a trouvé qu'ils s’alimentaient plus vite en les conduisant ailleurs une fois par jour, soit en les parquant ou en les mettant dans un pâturage inférieur pendant deux ou trois heures. On peut donner d’abord une nourriture plus grossière aux animaux d’engrais, et à mesure qu'ils acquièrent de la chair, on peut leur Gonner une nourriture d’une qualité plus solide et plus substantielle, En général on peut observer que si les facultés digestives de l’animal sont en bon état, plus il absorve de nourriture plus on obtiendra promptement le résultat désiré ; une quantité très modérée au-delà du nécessaire constitue l’abondance ; mais en retenant cette quantité additionnelle, un animal, surtout s’il est jeune, peut continuer à manger pendant plusieurs années sans Jamais devenir gras. Un bœuf de moyenne taille, soigné convenablement, engraissera avec de la bonne pâture dans l’espace de 3 à 4 mois. Les jeunes animaux qui grandissent, exigent une nourriture moins riche que ceux qui sont d’un âge mûr. A moins que les alimens ne soient entièrement privés de leurs propriétés végétatives avant d’entrer dans l’estomac, on ne peut en obtenir toute la nutrition dont ils sont susceptibles. Quant aux feuilles et aux tiges des végétaux, elle s’effectue généralement par la mastication ; mais elle exige quelque soin pour s’opérer quant aux grains. De-là, avantage de méler le grain qu’on donne aux chevaux et au bétail avec de la paille hâchée ; et c’est pour céla que quelques-uns supposent que l'instinct qu’ont les oiseaux d’avaler de petits cailloux est distiné par la nature au même but. Mais le moyen le plus efficace de détruire le principe de vie est l’application de la chaleur, si les alimens végétaux de toutes sortes pouvaient se cuire à la vapeur ou à l’eau avant d’étre donnés aux animaux, (du moins en hiver) pour les engraisser pour la boucherie, ou les nourrir pour le lait, il est probable que, d’après l’analogie et l’expérience, on en obtiendrait beaucoup plus de nutrition. Le sel se donne avec avantage à tous animaux ; il agit comme stimulant sur l’appétit, facilite la sécrétion de la bile et est généralement favorable à la santé et à l’activité, et previent ou guérit les maladies.
Pendant les chaleurs excessives de l’été, les animaux ont besoin d’ombre, et d’eau en abondance en tout temps. L’eau doit-être molle et pur, d’une température modérée, au-dessous de celle de l'atmosphère en temps chaud, et l’excédant en hiver. A lexception des breuvages chauds mêlés d’un peu de farine, ou d’autres matière riche, on ne pense pas que les alimens liquides soient aussi généralement avantageux pour engraisser les animaux, que ceux qui, étant également riches, sont solides. Il n’est pas nécessaire de donner de l’eau aux animaux immédiatement après avoir mangé ; les arimaux qui pâturent dans les prés recherchent rarement l’eau après s’étre empli le corps, il se couchent
d’abord, et quand le procès de la digestion a duré quelque temps c’est alors qu’ils court après Peau. Donner de l’eau aux animaux établés un heure où une heure ct demie après ce qu’on peut appeler leurs repas, c'est je crois le meilleur temps.
La propreté favorise la santé, en facilitant la transpiration et la circulation. Les animaux dans leur état sauvage soignent eux-mêmes cette partie de leur économie ; mais à mesure qu’ils sont cultivés ou soumis au contrôle de l’homme, il doit y pourvoir ; et afin de s’assurer leur utilité pour ses besoins, cette partie de la culture, ainsi que d’autres, doit se suppléer par l'art. On sait que peigner et brosser le bétail et les vaches nourris à l’étable contribuent grandement à la santé. Baigner occasionnellement les pieds des animaux établés dans de l’eau chaude, contribuerait, sans doute, à leur santé. Les bains d’eau chaude, comme ceîle dont on se sert pour bouillir ou cuire à la vapeur les alimens, ou s’en est servi avec avantage pour les cochons.
Un animal peut étre bien nourri, bien lôgé et bien nétoyé sans étre confortable sous tous les rapports; et chez les brutes, comme chez Phomme, le manque de bier-être influe sur les facultés digestives. Si la surface d’un étable où loge un bœuf ou un cheval dévie beaucoup du niveau, il sera continuellement incommodé ; et il le sera la nuit si la surface est ide ou si on ne lui prépare chaque soir un lit de litière pour s’y répose.. La forme des rateliers et des mangeoires est souvent moins commode qu’elle pourrait l'être. Ce devrait étre un devoir aussi agréable qu’il est propre à servir nos intérêts, de faciliter autant que possible le bien-être de ces animaux dont la vie doit étre bientôt sacrifiée à lantire. Un bon état de santé sera, en général, le résultat d’un mode convenable d’alimentation et de traitement ; mais à proportion que notre traitement, vis-à-vis de nous-mêmes comme des autres animaux, est rafiné et artificiel, les fonctions de la nature deviennent dans la même proportion sujettes aux dérangemens et aux interruptions causés par des chiangemens atmosphériques et diverses causes accidentelles.