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d'années. Les animaux de grande taille ne sont pas aussi bien calculés pour la consommation générale que ceux d’une taille moyenne, surtout pendant les chaleurs ; les premiers battent les prés plus que les petits, ils ne sont pas aussi actifs, exigent plus de repos, recueillent leur nourriture plus difficilement et. ne consomment que les plantes les plus délicates. Les petites vaches de la vraie race laitière donnent proportionnellement plus de lait que les grandes, Le bétail de petite taille peut s’engraisser simplement avec de l'herbe même d’une qualité médiocre, tandis que le bétail de grande taille exige les plus gras pâturages, ou l’alimentation à l’étable, ce qui entraîne des dépenses qui épuisent le profit du fermier. Il est beaucoup plus aisé d'entretenir des troupeaux, de belle forme, faciles à nourrir et de petite taille que ceux de grande taille. . Beaucoup de personnes peuvent garder du bétail de petite taille, tandis qu’elles n'auraient pas les moyens d’acheter ni de maintenir de grandes races, et les pertes, s’il leur arrive quelque accident, sont plus faciles à supporter. Les animaux de petite taille se vendent mieux pour le boucher, par la raison qu’en proportion de leurs dimensions respectives, il y a une plus grande superficie de parties précieuses dans un petit animal que dans un grand, et deux bœufs de 12 stones chaque par quartier rapportent plus d’argent qu’un bœuf de 24 stones également gras. |
D'un autre côté on prétend, en faveur de la grande espèce, que, sans discuter laquelle des deux mange le plus, en raison de sa taille, depuis la naissance jusqu’à la boucherie, cependant, à tout prendre, l’animal de grande taille indemnisera autant de sa nourriture le nourrisseur, ou le fermier, qui l’engraisse ; que bien que quelques grands bœufs soient d’un gros grain cependant quand on porte attention à l’espèce, (comme c’est le cas avec la race de Herefordshire, ) le grand bœuf est d’une nourriture aussi délicate que le petit ; que si la petite espèce est mieux calculée pour la consommation des familles privées, des villages ou des petites villes, cependant le bétail de grande race est mieux adapté aux marchés des grandes villes, et en particulier de Londres ; que si la viande du bœuf de petite taille est meilleure quand elle est fraiche, cependant celle du grand est sans contredit plus propre à être salée, objet très essentiel dans une contrée maritime et commerciale, mais non pour le Canada quant à présent. Plus le bœuf est épais mieux il retient son jus quand il est saié, et plus il est propre aux voyages de long cours ; que la peau du grand bœuf est d’une grande utilité pour diverses manufactures ; que lorsque les pâturages sont bons, le bétail et les moutons augmentent en taille, sans une attention très particulière de la part de l’éleveur. Les animaux de grande taille sont donc ceux qui conviennent naturellement aux bons pâturages.
Tels sont les argumens invoqués de part et d’autre, et d’après lesquels ii paraîtrait que beaucoup dépend des pâturages, du goût, du mcüe de consommation, des marchés, etc., et que les deux côtés de la question ont chacun leurs avantages, ‘Toutefois, l’éleveur intelligent (à moins que ces pâturages ne soient d’une nature tout-à-fait obligatoire) préférera naturellement élever des animaux de moyenne taille,
Davis, de Longleat, l’un des agriculteurs les plus habiles que l’Angle. terre ait produits, a fait quelques observations utiles au sujet de la taille, Il regrette que les teniatives faites pour améliorer la race des vaches, des chevaux et des moutons, aient é'é trop exclusivement dirigées d’après le principe d'élever la taille de l'animal, tandis qu'en général, la seule véritable amélioration qui ait été faite, est celle qu’on a introduite dans la race des cochons, et c'était en diminuant sa taille et en introduisant une espèce plus vigoureuse et apte à atteindre une plus grande perfection de bonne heure.
Quoiqu’il soit extrêmement désirable d’amener la forme du bétail à la plus grande perfection possible, cependant on ne doit pas sacrifier le profit et l’utile à l’agréable qui peut plaire à l’œil, mais qui n’emplit pas le gousset, et qui, dépendant beaucoup du caprice, doit-être souvent changeant, A l'égard de la forme, les éleveurs les plus expérimentés paraîssent s’accorder sur les particularités suivantes :-—La forme doit-être compacte, de manière qu’aucune partie de l’animal ne soit disproportionée aux autres parties, et le tout doit se distinguer par un développement et une rotondité générale, la poitrine doit être large, car nul animal dont la poitrine est étroite ne peut être engraissé facilement ; la carcasse profonde et droite, le vendre d’un grandeur modérée, car lorsqu'il est plus spacieux qu’à l’ordinaire il indique dans les jeunes animaux un état de maladie, et dans les vieux il est considéré comme une preuve que l’animal ne rapportera pas en viande, en lait, et en travail la valeur de la quantité extra de nourriture qu'il consomme ; les pattes doivent être courtes, car les individus à longues pattes de la même famille ou de la même race, sont les moins vigoureux et les plus difficiles à élever ou à engraisser ; latête, les os, et autres parties moins précieuses, doivent être aussi petites que le permettent la force et autres propriétés que l’animal doit avoir. De mème chez les animaux élevés pour la boucherie la forme doit-être telle qu’ellé contienne la plus grande proportion possible de parties fines comparées aux parties grossières et moins précieuses de l’animal. On atteint ce but au moyen du choix, et de cette manière on peut satisfaire aux désirs du consommateur.
Heureusement la forme des animaux a mérité l'attention d’un éminent chirurgien, Henry Cline, écr., de Londres, dont j’ai déjà en partie posé les doctrines, dont voici la substance : La forme extérieure n’est qu’une indication de la structure interne, les poumons d’un animal sont ce à quoi on doit faire attention le premier, car de leur volume et de leur solidité dépendent principalement la santé et la force d’un animal ; les signes extérieurs du volume des poumons sont la forme et la grandeur du coffre, surtout sa largeur ; la tête doit être petite, car elle désigne généralement un animal de bonne race ; la longueur du cou doit être en proportion de la taille de Panimal, afin qu’il puissé recueillir sa nourriture aisément ; les muscies et les tendons doivent être gros, ce qui fait qu’un animal voyage avec plus de facilité. C’était autrefois la pratique de calculer la valeur d’un animal sur le volume des os. De gros os étaient considérés comme un grand mérite, et un
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animal gros d’ossement supposait toujours une grande taille. On saît que “ette doctrine fut poussée trop loin. La force de l’animal ne dé. pend pas des os, mais des muscles ; et lorsque les os sont disproportionnellement gros, ils indiquent, suivant l'opinion de Cline, une imperfection dans les organes de la nutrition. Bakewell insiste fortement sur l’avantage des petits os, et le célèbre John Hunter déclara que de petits os étaient généralement accompagnés de corpulence dans tous les sujets qu’il eut cccasion d'examiner. Toutefois, uu petit os, étant plus lourd et plus substantiel, exige autant de nourriture qu’un os creux et dont la circonférence est plus grande.
Une maturité précoce dans les animaux, c'est-à-dire une propension à croître rapidement jusqu'à une taille convenable, est d’une grande conséquence. Les animaux qui ont la propriété de croître sont ordis naïrement droit sur le dos et sous le ventre, ont les épaules bien effacées et le ventre plutôt mince qu’autrement. Mais on doit se tenir en garde contre des intestins maigres et petits comme étant un grave défaut, indiquant un animal qui profite mal. Un taureau qui produit de bons écroîts est inestimable ; mais on ne doit pas se servir d’un taureau dont
les produits sont difformes ou d’une taille gigantesque.
Atteindre vite la perfection, non seulement sous le rapport de la croissance ou de la taille, mais sous celui de l’embonpoint, est un objet essentiel pour le fermier ; car son profit doit en dépentre en grande partie. Quand des animaux élevés pour la carcasse simplement, deviennent gras de bonne heure, ils ne rapportent pas seulement plus vite le prix de leur nourriture, avec profit pour le nourrisseur, mais encore généralement une plus grande valeur pour leur consommation, que les animaux qui s’engraissent lentement. Cette qualité. désirable dépend beaucoup d’un tempérament doux et docile, et comme cette docilité est due en grande partie à la manière dont l’animal est élevé, on ne peut trop fortement recommander de les accoutumer de bonne heure à être familiers. Une race docile a d’autres avantages encore. Elle n’est pas si portée à briser les clôtures, ni à envahir ies champs voisins ; elle est donc moins sujette aux accidens et peut être élevée, maintenue et engraissée à moins de frais. La qualité d’une maturité précoce dans un pays où la consommation de la viande est considérable, est extrêmement bénéficielle au public, en ce qu’elle tend évidems ment à fournir de plus grands approvisionnemens au marché ; et cette propension à devenir gras de bonne heure, est une preuve certaine que animal deviendra gras promptement à une époque plus avancée de sa vie.
La jouissance d’une constitution robuste et de santé, est une qualité très précieuse dans les troupeaux. Là où le climat est rude il est essentiel que les bestiaux qu’on y élève et maintient, soient capables de supporter les sévérités et les vicissitudes de la température, comme la rareté des alimens, ou toute autre circonstance dans leur traitement, qui pourrait faire tort à une race plus délicate ; sous ce rapport diverses espèces de troupeaux diffèrent beaucoup, et il importe de choisir
pour différentes situations des animaux d’une constitution qui convienne à l’endroit où on les doit garder.
Quelques races se distinguent par la qualité de la chair. Dans quelques races la saveur de la viande est supérieure, et le jus qu’elle pros duit est succulent et riche. Les races dont la chair a ces qualités sont les plus précieuses. Une disposition à l’embonpoint est un graud objet dans les animaux destinés aux tueries ; certains animaux possèdent cette qualité tout le temps de leur vie ; dans d’autres elle ne se déclare qu’à une époque plus avancée, lorsqu'ils ont atteint leur complet développement, et qu’ils sont en même temps fournis d’une quantité convenable de nourriture, En Angleterre les bons connaisseurs pensent ‘‘ que la meilleure race de bétail à petites cornes, étant plus grande qu’aucune autre espèce, exige un bon traitement, et plus d'âge que la généralité des bestiaux ; que le bœuf s’améliore jusqu’à l’âge de 7 ans, les vaches jusqu’à 6 ; et si ils ne sont pas bien entretenus jeunes, ils leur faut un autre année ; qu’ils ont de gros os, sont, dit-on, d’un gros grain, et la viande n’est pas aussi entrelardée que celle de quelques autres espèces, bien qu’ils fassent quelquefois de bon bœuf après leur mort ; qu’ils ont souvent les épaules plus larges que la race à longues cornes, ce qui est un grand défaut ; car quoique les épaules ne puissent être considérées comme rebut, cependant elle sont comparativement une perte, en ce que la chair est d’une valeur moindre que celle du croupion, des lombes et de l’échine ; de là, les bestiaux dont la forme est la plus porfaite, sont ceux dont les épaules sont les plus petites à proportion de leur taille, qui ontle moins de rebut et de parties d'une valeur inférieure.”
D’après un rapport d'une ferme à Cumberland, Angleterre, choisie à cause de sa régie supérieure, en 1859, il paraîtrait ‘* qu’un a trouvé, après plusieurs années d'expérience, que la pure race de bétail à petites cornes, est trop tendre pour le climat, et difficile et dispendieuse à hiverner. ?” Cette ferme sous le rapport du sol est, dit-on, égale en valeur à aucunes terres dans le nord de l'Angleterre,
Le célèbre Bakewell préférait la race améliorée du bétail à longues cornes à toutes les autres, 11 était d'opinion que cette race pouvait se garder en bon état avec moins de nourriture qu'aucune autre d’égal poids ; qu'aucune autre race ne l’égilait si de bonne heure pour la boucherie, ni n’indemnisait autant pour la consommation de trois ans de nourriture. La race à longues cornes est celle que l’on estimait le plus dans les comtés de l’Irlande où l’on élève le mieux les bestiaux, et était amenée à une grande perfection à l’âge de quatre ans et demi et souvent à l’âge de trois ans et demi, nourrie à l’herbe. J’en ai vu des troupeaux de cent à la fois, nourris à l'herbe, dans le comté de Galway, se vendre 20, 23, et dans une occasion jusqu’à 25 louis sterling chaque ; et des génisses grasses du même âge, de 15 à 18 louis sterling chaque, et qui n'avaient jamais élé élablées. Le bétail à longues cornes était bien adapté au pâturage, étant bien protégé par une peau épaisse et élastique, et un poil long et dru,
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Les pâturages dans lesquels ce gros bétail est nourri en Irlande sont les meilleurs du monde, et c’est de ce gros bœuf dont un approvisionnait généralement les contracts du gouvernement pour l’armée et la marine en temps de-guerre, et il sert actuellement, je suppose, à la consommation des grandes villes manufacturières d'Angleterre, ainsi qu'aux approvisionnemens de la marine anglaise. Ces animaux sont, à ma connaissance personnelle, d’une constitution robuste, et si on en fesait un choix de moyenne taille, je suis convaincu qu’ils réussiraient bien ici chez les fermiers qui leur fourniraient une suflisante quantité d’alimens nutritifs.
Ils se trompent beaucoup ceux qui espèrent améliorer une race d’animaux en les croisant avec de gros mâles nourris à outrance, ou qui supposent que ces mâles puissent transmettre à leurs produits toutes les qualités de la taille et de la chair qu’ils ont acquises à force de soins et d'alimentation. Les produits, certes, peuvent être bien d’ossemens et et de taille ; mais sans un traitement convenable par après, cette augmentation d'ossemens leur sera très préjudiciable, à eux et à leur pro priétaires.
Il se peut qu’il soit très profitable pour les éleveurs de goût d’amener par leurs soins les troupeaux à un dégré extraordinaire de perfection, et on leur doit beaucoup d’éloges de ce qu'ils donnent l’exemple de ce que peuvent produire les soins et une éducation supérieure ; mais ceux qui désireraient posséder une semblable espèce d'animaux, peus vent être sûrs que s’ils n’adoptent le même système de soins et d’éducation. ils ne pourront jamais se la procurer au moyen d'aucun croisement avec ces animaux supérieurs. En Angleterre, un fermier désireux d’exceller, avait acheté un taureau d’un nourrisseur de goût ; après lavoir gardé pendant quelque temps, cette bête perdit de sa graisse et devint faible et languissante. Le fermier, se rencontrant avec le nour« risseur, se plaignit que lPanimal dépérissait beaucoup, quoiqu'il eut force herbe, foin, etc. ; l’éleveur lui dit ‘ que l'herbe et le foin n’étaient pas suffisans, qu’outre ces choses on lui avait donné du grain, puis un seau de lait chaque jour depuis qu’il avait quitt: sa mère, ”
Tous animaux gardés par un fermier doivent être abondamment approvisionnés d’alimens nutritifs en tous temps ; et les mâles destinés à la multiplication, nourris généralement comme le commun des troupeaux et tant soit peu plus choyés, seraient bien conditionnés et beau coup plus utiles que s’ils étaient soignés à outrance, et ils seraient même considérablement mieux alimentés que les autres bestiaux du fermier. Les fermiers les mieux expérimentés sont bien convaincus qu’une animal revétu d’une grande quantité de gras ne peut transmettre ce gras ni un meilleur tissu à ses rroduits, et que les meilleurs animaux ne sont jamais produits par les plus gros mâles.
M. Hayward, fermier anglais, dit : ‘* Il est bien connu qu’il est beaucoup de fermes, et de grands districts où jamais les troupeaux n’engraissent, et qui sont en effet insuffisans pour cela ; et quelle en est la cause si ce n’est que les trorpeaux se multiplient par des croisemens continuels avec dés mâles élevés avec plus d’avantages sous le rapport du
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logement, de la nourriture et du climat, comparés aux produits de ces fermes et de ces districts ? La conséquence en est que les troupeaux sont toujours maigres et longs, gros d'ossemens, incapables de supporter les rigueurs du climat et les inconvéniens naturels du logement et de la nourriture que la plupart des fermicrs ont à leur donner en santé et en vigueur ; il est donc évident que la pratique des croisemens n’est pas seulement accompagnée de beaucoup de dépenses inutiles, mais entrave ce que tout fermier rationnel doit avoir en vue, c’est-à-dire la pose session d'un troupeaux sous tous rapports adaptés à la nature et aux localités de sa situation et de ses moyens. ”?
Je ne fais pas ces citations dans le but de détourner les fermiers de croiser avec des animaux de moyenne tiille. Au contruire, je crois que ces croisemens amélioreraient ies troupeaux de ce pays, pourvu toutefois que les troupeaux, n'importe de quelle espèce. soient constamment et abondamment approvisionnés d’alimens nutriufs, car sans cela toutes tentatives d'amélioration seront superflues.
Les bestiaux de race canadienne, si on apportait l'attention qu'il faut à leur éducation et à leur alimentation, je ne doute nullement que, de tous les troupeaux qui se trouvent actuellement dans le pays ils ne soient les plus convenables et les plus profitables pour la province du Bas. Canada. Les meilleures vaches laitières que j’uie eues étaient de cette race, quoique Je les eusse achetées au marché parmi des troupeaux qui n'avaient pas été élevés, ni soignés, ni alimentés de la manière la plus judicieuse ni la plus exacte. Les vaches sont de petite taille, muis gépéralement d’une excellente forme, os, têtes et cornes bien proportionées. Elles donnent du lait plus riche qu'aucune autres vaches, et bien que la quantité qu’elles en donnent par jour puisse ne pas être aussi forte que celle des grandes vaches américuines, elles en donnent plus constamment et plus longtemps.
Si cette race était soignée avec attention, comme le sont les bestiaux de races choisies en Angleterre, si elle était pourvue suffisamment de nourriture depuis la naissance jusqu’à la maturité, si on choississait les animaux les mieux faits, mâles et femelles, pour la multiplication ; si on engraissait, mâles et femelles, ceux qui sont d’une forme défectueuse pour la boucherie, si on affranchissait à l’âge de 8 ou 10 jours tous les mâles qui ne sont pas nécessaires à la réproduction, cette race de bétail montreruit des perfections dont les fermiers ne paraissent pas avoir d’idée. Le bœuf de cette race, traité judicieusement, on pourrait le nourrir de manière à le faire peser aisément, mort, de 700 à 1000 livres, à l’âge de 4 ans ; et les vaches, de 400 à 600 livres, au inême âge, poids tout-à-fait suffisant pour nos pâturages, notre nourriture et nos marchés. Le croisement par des taureaux d’une race différente, d’une bonne forme et d’une taille modérée, on pourrait l’essayer avantageusement ; mais la taille du taureau doit approximer autant que possible celle de la race des femelles dont on a fait choix.
Ci-suivent l'estimation relative de la chair des principales races, au marché de Smithfield, Londres, et la différence, terme moyen, dans le prix, pour les meilleures qualités de chaque en juin, 1829 :
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Bêtes grossières inférieures, 3 10 idem. idem.
Les moutons, les venux et les agneaux d’une taille modérée @s vendent à des prix plus élevés à proportion que ceux de grande taille. J'ai va des rapports des marchés anglais l'an dernier, qui font voir que la différence entre la plupart des viandes de boucherie est au moins de deux sous par livre en faveur de la petitetaille, Cette différence entre deux animaux de 700 livres chaque et un animal de 1400 livres, s’éleverait à environ 57. ou 6! en faveur des animaux de petite taille, au marché anglais ; somme qui paierait leur nourriture à l’étable,
Il est bien possible que deux animaux du poids de 700 livres ch@que
uissent consommer plus de nourriture qu’un animal de 1,400 livres. Fe ne crois pas que ce fait ait jamais éé varifié par des expériences exactes. Toutefois les connaisseurs les plus compétens ont calculé Ja nourriture nécessaire aux animaux sur leurs tailles et leurs poids respectifs, pesés vivans, et d'après mes propres observations et mon expérience, je crois que la plupart des animaux en parfaite santé, consomment de la nourriture à proportion de leur taille et de leur poids, ou à peu près, quoiqu'il puisse se trouver des exceptions,
L'usage parmi les fermiers canadiens ici de laisser entiers les mâles da bétail et des moutons après le temps propice, fait beaucoup de tort à la qualité du bœuf et du mouton, et on ne doit pas espérer de voir le bœuf ni le mouton dans leur perfection tant qu’on suivra cet usage ; les animaux ne peuvent se nourrir aisément ni produire la meilleure viande, #13 ne sont châtrés jeunes ; les veaux se coupent à l’âge d’une semaine ou deux, et les agneaux du printemps vers la première ou la deuxième semaine de mai, ou avant, si le temps est favorable.
D’après une expérience que je fis en 1833, avec trois vaches, l’une de la race à cornes moyennes, grande vache bien faite de l’espèce ; et deux de pure race canadienne, ou peu c’en faut, élevées par moi-même, toutes du même âge, 8 ans ; elles eurent des veaux au printemps de 1833, furent traites jusqu'au ler. août, ensuite taries, et eurent en abondance du trefle et du mil (clover & timothy) de regain depuis ce temps jusqu’au moment où elles furent tuées. Lorsqu’elles furent mises à l’engrais, la plupart des fermiers des vieux pays eussent donné un prix bien plus élevé pour la grande vache que pour ancune des deux autres ; elle étaient toutes en bon état quand elles furent mises à l’engrais Pendant tout le temps qu’elles donnèrent du lait, les petites vaches en donnaient plus chacune que la grande. Le 8 octobre la plus petite fut tuée, l’autre vache canadienne le fut le 7 novembre, et
idem, idem,
la grande vache « ‘ricaine à cornes moyennes le 21 novembre ; toutes
avaient continué de s'améliorer jusqu’au moment où elles furent tuées.
| fo.
Le Fete ee Te Ta - Her
à se tie 2
Poids des 4 grts. moins| Suif. | Peau. | Rebut | Total.
le suif.
attenant No. L | 3621bs. | 724 | 48 53 | 541 |Rebutconsistait en tête, 2 | 410 97 48 63 619 cœur, langue, foie, 3 | 473 58 63 | 86 | 683 |pans, rognons et pieds. mm
Si N°. 1 eut été gardé à l'herbe jusqu’au moment ou N°. ? fut tué, je crois qu’elle eut eu autant de suif que N°,2. Si N°. 38 eut été aussi gras que N°.92, ileut, d’après sa taille et son apparence, pesé 900 livres, au moins, mort. Lorsque les vaches furent mises à l’engrais, je ne croyais pas qu’il fût possible qu'aucune des petites vaches pût, avec la même herbe et dans le même espace de temps, être nourrie de manière à peser © cents livres au-dessous du poids de la grande vache. N°. 1 avait presque un septième de son poids en suif, tandis que son rebut ne s'élevait pas à un neuvième. N®. 2 avait presque un sixième de son poids en suif, tandis que son rebut s’élevait guère au-dessous d’un dixième. N9, 5 n’avait à peu près qu’un douziéme de son poids en suif, tandis que son rebut excédait un huitième. Les pieds de la grande vache, N°. 3, pesaient 18 livres et demie ; ceux de N°. 2 ne pesaient que 13 livres : voilà pour les gros et les petits os.
I est impossible de faire avec du bétail nourri à l’herbe une expé. rience plus franchement, sous le rapport &e la santé et de la condition, la nourriture étant la même, et les animaux étant les meilleurs des différentes races en ma possession, Ces animaux ayant été nourris pendant l'hiver dans des étables séparées, Jj’eus occasion de m’assurer de la quantité ordinaire de nourriture consommée par chacun d’eux durant des nées, et j’ai remarqué que la grande vache était la plus grande mangeuse de toutes les vaches en ma possession, J’ai nourri à l’étable durs une occasion des vaches de différentes races, avec les même résultats en faveur de la petite taille,
J'entends par des vaches de taille petite ou moyenne, celles qui, étant nourries à l’herbe, peuvent peser à peu près autant que N°, 1 et N°. 2, comme dans l'estimation ci-dessus, à l’âge de 4 ans, et comme ces vaches, nourries régulièrement en tout temps depuis leur naissance avec des alimens convenables. Les fermiers canadiens et ceux des vieux pays ne doivent pas juger des qualités du gros bétail canadien d’après la condition générale actuelle de ces troupeaux. La multiplication, l’éducation et l’alimentation ont été trop négligées pour qu'il soit possible de bien calculer leur valeur d’après leur apparence actuelle, excepté chez les fermiers qui ont soumis cette race à un essai raisonnable. Sûrement ce ne peut être par patriotisme, ni dans la vue d’accroiire les richesses nationales ou individuelles que nous cherchions hors du pays ce que nous possédons ici en égale (et suivant moi er plus grande) perfection ; et lors même que dans leur état actuel les bestiaux seraient inférieurs, ce devrait être pour nous un sujet d’orgueil et d’ambition de les porter par des soins et lalimentation ou plus haut dégré d’excellence qu'ils peu-
vent al sont ré tends peut q rait ing j'ai dit petites à leur aucun le faire Les elle pe vince I s’augm avantag faire at les plu:
ture qi Com que les procha longue ton, o d’une pose qi détério véritab soins ic rir ave pourra tention britann n’atteir l’été p:
vent st jougsn moutor moutor dant la ches, Les tons di dit-on, la tois riches.
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fut tué, té aussi esé 900 ‘engrais, ût, avec de ma- » vache.
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vent attendre. Néanmoins ceux qui préfèrent les grandes races, et qui sont résolus à les nourrir abondamment et soigneusement, je ne pré tends pas leur conseiller de les changer contre aucune autre. Ilse peut qu’ils puissent trouver leurs profits satisfesans, et en ce cas il serait inexpédient de diminuer la taille de leurs animaux. Dans ce que j'ai dit je désire plus particulièrement recommander à ceux qui ont des petites races, et qui veulent en élever la taille, de chercher à parvenir à leur but, plutôt par des soins et des traitemens supérieurs, que par aucun autre moyen, cette méthode étant la seule par laqu:lle on puisse le faire avec bénéfice et permanemment,
Les moutons indigènes, ou canadiens, exigent de l'amélioration, et elle peut s’accomplir facilement, en ce qu’il s’en trouve dans la province plusieurs bardes, provenant d’une excellente race importée qui s’augmente et que l’on pourrait croiser avec les moutons indigènes très avantageusement. En produisant l’amélioration requise, on doit dûment faire attention au profit, et préférer l’espèce de moutons qui rapportera les plus grandes valeurs en produits du mærché, en retour de la nourriture qu’elle consomme.
Comme je lai déjà observé la laine est le rapport le plus précieux que les moutons puissent donner ici, si la quantité et la qualité se rapprochaient tant soit peu de celle que produit en Angleterre le mouton à longue laine de Leicester. Quelque bonne que soit Ha taille d’un mouton, on doit le rejeter comme bélier multiplicateur, s’il n’est pas revêtu d’une bonne toison qui couvre toutes les parties de son corps. On suppose que la laine des moutons importés devient, après deux ou trois ans, détériorée et d’une qualité plus grossière. Je ne puis dire si ce fait esi véritable, ni pourquoi il le serait. Quoique les moutons exigent plus de soins ici qu’en Angleterre, en ce qu’il faut les établer l'hiver et les nourrir avec des alimens secs pendant 4 ou 5 mois de l’année, cependant ils pourraient devenir des troupeaux très profitables si on leur portait l’attention qu’ils reclament. Le tac, qui détruit tant les moutons aux îles britanniques, ils en sont tout-à-fait exempt en Canada. Toutefois ils n’atteindront pas la perfection si on les gêne par des jougs ou des liens l'été pour les empêcher d’ampiéter sur les récoltes. Les clôtures doivent suffire pour les empècher d’empiéter, sans qu’ils soit besoin de jougs ni d’autres entraves nuisibles. ?1 vaut mieux ne pas garder de moutons du tout que de ne pas les garder comme ils doivent l’être. Les moutons demandent de l’ombre pour s’y retirer occasionnellement pendant la chaleur de lêté, car ils sont beaucoup tourmentés des mouches.
Les variétés des moutons sont nombreuse en Angleterre. Les moutons dits Lincolns et vieux Leicesters, sont une grande race qui produit, dit-on, de la laine de 10 à 18 pouces de long et pesant de 8 à 14 livres la toison. 11 s’engraissent lentement, excepté sur les terres les plus riches,
La race de New Leicester ou de Dishely est très estimée en Angjleterre, lorsqu’elle est bien fournie de laine, et elle n’est considérée comme telle que lorsque les toisons donnent une moyenne de 7 livres
chaque, sur un troupeau qui a atteint son entier développement. La laine doit-être longue, fine et soyeuse, pas grosse ni encline à friser. Les formes de ces moutons sont très belles. Ils ont la tête dessinée et petite, le cou court et la poitrine pleine ; le corp: rond, le dos large et droit, mais le ventre un peu mince ou avalé ; leurs pattes et leurs osse.
mens sont fins, et particulièrement petits à proportion de leur taille, :
Ils sont d’un tempérament tranqille et s’engraissent de bonne heure et facilement ; leur chair est d’un grain fin et d'une bonne saveur, mais trop grasse en Angleterre pour plaire à tous les goûts.
Je crois qu’il résulterait de grandes améliorations en croisant deux ou trois fois des moutons de Leicester avec des moutons canadiens. J’ai vu de bons moutons en Irlande produits par un croisement entre cette espèce et les mérinos.
Les moutons de South Dawn sont très estimésen Angleterre ; on préfère leur viande à celle de tout autre mouton. Leur laine est excellente mais la quantité en est petite. Je pense qu’au moyen d’un croisement utile et d’une multiplication soignée, ces moutons donneraient les moyens d'introduire ici une race robuste avec des toisons plus fortes que celles qu’ils ont généralement en Angleterre.
Les cochons de race canadienne sont d’une espèce qui ne peut être bien profitable. Ils exigent une grande quantité de nourriture pour s’engraisser, et n’ont pas un seul trait caractéristique des cochons de la meilleure espèce. En Angleterre la race de Woburn, une nouvelle espèce de cochons introduite par le duc de Bedford, est la plus parfaite que j’aie vue. Ils sont bien faits, très épais du corps, leurs pattes sont courtes et très petites, constitution robuste, il sont très prolifignes, d’une disposition à s’engraisser facilement, et pésent près de deux fois autant que quelques antres cochons dans un même espace de temps donné. Un croisement entre ces cochons ou ceux de race chinoise et la race canadienne produirait de l'amélioration. Nos voisins des Etats. Unis ont une très bonne espèce de cochons, qu’ils impcrtent chaque jour en cette province. Il n°y à aucune difficulté quelconque à produire l'amélioration nécessaire dans nos troupeaux de cochons, si l’on veut seulement y faire attention, et elle peut s’accomplir à très peu de frais. Il y a plusieurs bonnes races de cochons dans la province, qu’on peut se procurer à des prix modiques.
Dans le choix des pourceaux, les os petits et fins sont ce qui les recommandent davantage. Cette qualité est plus essentielle dans les cochons que dans aucun autre animal. Ils n’exigent pas, comme les bêtes de somme ou de trait, de gros membres pour se mouvoir ; certes, plus ils sont rélegués, mieux c’est pour le fermier, et toujours je me suis aperçus que l°s plus petits d’ossemens étaient ceux qui avaient le p'us de propention à acquérir de la chair, les plus faciles à engraisser et ceux qui indemnisrient le plus de la nou:riture qu’ils consomment, quelque soit leur poids. La race dite Woburn et la race chinoise sont les plus belles d’ossemens, à proportion de leur taille, de toutes celles que j’aie vues, et seraient, j’en suis sûr, la meilleure sorte de cochons qu'on püût introduire dans ces provinces. Les cochons sont, et doivent
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être une des parties les plus précieuses de nos troupeaux, et on pourrait quadrupler leur taille actuelle sans aucune difficulté.