DU BLÉ
Le blé est sans doute la céréale la plus importante ; parceque la fleur faite de ses grains ou semences fait le meilleur pain du monde à cause de la grande quantité de gluten qu’ils contiennent. Une plus grande portion du genre humain se nourrit de riz que de blé ; mais 11 n°y à pas de gram dont les qualités approchent autant de celles du blé pour faire du pain, Comparativement parlant le riz et le maïs n’y sont pas propres, l’avoine, orge et le seigle ne le sont qu’imparfaitement. Cependant le seigle a plus des qualités du blé pour faire le pain que les autres grains.
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Les riches terres argileuses et les terres grasses et fortes convienne at le mieux à la culture du blé ; mais elles ne sont pas les seules dans lesquelles le blé peut être avantageusement cultivé. J'ai vu de bonnes récoltes de blé, cultivé dans des terres sableuses bien tenues, quoiqu’elles ne svientpas caiculées par leur constitution à produire ce grain; elles ne se prêteront pas non plus à une fréquente répétition de cette semence, quelle que soit d’ailleurs la conduite de la terre, Les récoltes d’égal volume produites sur un sol sableux, de riches terres argileuses et de ïortes terres grasses, ne produiront pas une égale quantité de grain ; le produit des terres sableuxes sera inférieur. Les terres sableuses minces peuvent par un bon mélange d’argile, produire du blé ; mais sans ce mélange on ne doit pas risquer la semence dans un sol semblable. Une grande partie des terres canadiennes est propre à la production du blé, pourvu que le système d’assolement et d’engraisser soit judicieux. :
Selon le système d’assolement que j’ai suggéré pour les fermes depuis long-teimps en culture, le blé devraii être invariablement semé dans un sol bien préparé par un retour de légumes ou des guérèêts d'été, après avoir été en parc. Je ne puis pas indiquer un meilleur mode qui promettrait plus de succès dans la culture du blé. Sans l’influence avantageuse des gelées et de la neige sur un sol labouré en automne pour y semer du blé en printemps, il n’y aurait ici pas seulement de médiocres récoltes de la wanière qu'on le cultive ordinairement dans le pays.
Dans la Grande-Bretagne une terre cultivée comme on le fait en Canada ne produirait pas une récolte de blé qui payerait les dépenses de la culture, Je fais allusion à l’habitude de semer du blé chaque deuxième année dans la même terre, sans préparer aucunement le sol par des labours, du fumier ou de la chaux, mais seuleraent en le labourant une fois en automne. 1l n’est pas surprenant en eflet que les terres s’épuisent sous une pareille conduite, qu’elles ne produisent que des récoltes pleines de mauvaises herbes, imparfaites et chétives, si le sol n’est pas d’une qualité extraordinairement bonne, d’une fertilité inépuisable, et même alors l’épis du blé n’est ni long ni plein.
Les engrais qui conviennent le mieux au blé sont, selon tous les chimistes agricoles, les matières animales et la chaux. Les premières créent l’ingrédient requis à la fleur de blé, le gluten, et l’autre Pazote et la chaux, qu’on trouve toutes les deux dans la paille de blé. En tout cas le blé ne profitera certainement pas dans un sol qui n’a pas des matières calcaires. Sir H. Davy, Chaptal, le professeur Thaër =! Grisenthwaite, sont d'accord là-dessus.
Le blé a généralement besoin ‘une plus grande quantité d'engrais que tout autre grain. Le professeur Thaér dit qu’il absorbe plus de nourriture qu'aucune autre espèce de grain ; et il calcule ( par hypothèse, comme il le dit lui-même } que de 100 parties d’aliment d’un sol semé en blé, il en prendra, terme moyen, 40, mème si un temps défavorable n'arrête pas la végétation. En même temps une trop grande quantité d’engrais dans une terre bien labourée fait facilement coucher le blé ; de sorte qu’il n’est pas necessaire d’engraisser le labour, si la terre est de bonne qualité. La principale amélioration nécessaire dans le système
des labours en Canada c’est d'adopter la pratique de l’économie convetible et un système judicieux d’assolement. Je sais que c’est l’opinion de plusieurs personnes que là co ii y a abondance d’engrais, le blé, alternant avec des légumes peut être alternativement semé pendant un temps indéfini. Je doute qu’on puisse soutenir cette opinion par l’expérience, Quelle qu’en soit la cause, il est certain que des labours continuels épuisent le meilleur sol dans ce climat, et le grain y dégénère en qualité et diminue en quantité. Dans les pays tropiques, où l’on cultive par arrosement, on a eu de bonnes récoltes pendant des siècles ; mais ce mode de culture ne convient pas à notre climat.
Le climat requis pour produire le blé en perfection doit avoir une saison sèche et chaude pour amener la fleuraison de l’épis et mûrir le grain. Le blé endurera beaucoup de froid en hiver s’il est semé dans un sol sec ou bien asséché, et s’il est couvert de neïîge pendant les gelées. C’est par cette raison qu’on sème du blé aussi loin au nord que Petersbourg et en Suède à 1000 milles (332 lieues) plus au nord que les parties établies du Canada. Un temps médiocrement humide avant la fleuraison et après la formation de la graine, est favorable au blé ; mais de fortes pluies continuelles après la fleuraison produisent la nielle et la rouille. Des gelées blanches lorsque la plante est en épis causent la nielle et sont très pernicieuses ainsi que l’humidité chaude et les brumes. Le froid pendant la fleuraison etla moisson en juillet, même lorsqu’il n’est pas accompagné de vent et de pluie, produit une graine inférieure, possédant moins de gluten, et la chaufaison ; s’il n’est pas trop fort, le contraire a lieu. Le meilleur blé en Europe est à cet égard celui de Sicile ; et celui de l’Amérique du nord Péquivaut presque ; chacune de ces sortes contient plus de gluten que le meilleur blé de la Grande-Bretagne.
L’époque pour semer le blé dans le Bas-Canada est le mois d’Avril. Dans le district de Québec la semence est quelquefois retardée par un printemps froid jusqu’au commencement de mai. Dans le Haut-Canada on sème le blé ordinairement en automne, vers la fin d’août ou de septembre, et dans des saisons favorables les bonnes terres en produisent abondamment, quoiqu’en général la préparation du sol n’est pas selon les règles d’une bonne économie rurale, et qu’on n’y observe pas un assolement convenable. Le blé d'automne ou d’hiver n’est pas fréquemment cultivé dans le Bas-Canada, et c’est une récolte très risquée dans des situations très exposées. Lorsqu'en printemps la neige fond avant la fin des fortes gelées, les jeunes plants de blé sont inévitablement détruits. En 1833 j'avais dans le même champ du blé d’hiver et d’été ; le premier ne produisit pas un quart de récolte (excepté une petite partie d’un demi arpent où la neige était restée ; ) la portion protégée par la neige atteignit une hauteur de six pieds, elle fut parfaitement propre, sa paille très forte et l’épis long. Au commencement de juillet ce blé fut affligé par la nielle et la rouille, au point que la graine fut tout à fait ratatinée et irnparfaite, pendant que le blé d’été dans le même champ fut d’une excellente qualité et nullement attaqué de la nielle ni de la rouille. Le blé d’automne est plus sujet aux maladies que le blé d’été. Dans des terres neuves et bien abriées le blé d'hiver pourra peut-être réussir dans le Bas-Canada,
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ÿ enterrer, mais pas trop, et dans un petit sillon, en planches de la largeur de 8 à 9 pieds, qui sont bien égoutées, &c. Je suis persuadé que du blé d’hiver semé de cette manière réussira plutôt que lorsqu’il est hersé ou semé plus tard. eci s'applique aux deux Canadas. ÿ
On prépare le blé deisemence par ce qu'on nomme le chaulage. Ce procède est actuellement indispensable pour tout sol et toute espèce de blé semé dans le Bas-Canada ; autrement la rouille s'y mettra à un degré plus ou moins grand en 19 sur 20 cas.
Dans la deuxième partie de ce livre j’ai déjà communiqué le résultat des expériences de Mr. Bauer de Kelso en Angleterre. Il recommande de tremper la semence dans de l’eau de chaux pendant 12 heures et de sécher ensuite la semence pendant 12 heures à l’air avant de la semer. Il dit que ce procédé préviendra l'infection du sol, où il prétend qu’elle s’est maintenue après avoir produit une récolte infectée. On considère que l'urine des bâtimens est très bonne à ceite fin ; mais il y a quelque danger, parceque si la semence ainsi trempée n’est pas immédiatement semée, elle perd ses facultés végétatives. Une saumure de sel et d’eau, assez forte pour qu’un œuffrais y surnage suffira aux grains peu infectés: on remuera la semence continuellement dans la saumure et on ôtera avec l’écumoir tous les grains qui surnagent. Lorsque la semence est bien lavée et écumée, on la répand sur un plancher, on la mèle avec de la chaux vive jusqu’à ce qu’elle soit assez sèche pour être semée. La méthode flamande de préparer le blé de semence ( et on dit que leur blé souffre rarement de maladie ) c’est de le tremper dans de l’eav sa lée, ou de l’urine et de la couperose ou du verdegris. La proportion du verdegris est de 8 ances par six minots ; et la semence reste trois heures dans le mélange, ou une heure si l’on se sert d’urine de vache, parceque l’ammoniac qu'elle contient est considéré nuisible. Chacune de ces méthodes de préparer la semence peut servir pour la désinfecter de la rouille ou pour détruire les champignons qu’on veut qu’il produisent dans la récolte future. Le fermier qui néglige aucun de ces remèdes ne peut pas se plaindre avec justice si sa récolte est attaquée par des maladies.
La quantité de la semence dépend en partie de l’état dans lequel se trouve la terre ; on s’est toujours servi de plus de semence dans un terrain pauvre que dans un terrain riche. En Angleterre la semence varie de 2 à 4 minots (bushels) par acre légal, quantité qui est presque et selon moi en entier, le double de ce qui est requis en Canada. J'ai eu les meilleures récoltes d’un bushel par acre. Des terres riches et bien préparées n’ont besoin que 11 bushel et peut-être moins par acre ; en une terre en aucune manière propre à produire du blé, 14 bushel sera une semence abondante, si la graine est bonne et si elle est semée de manière à ce que rien ne s’en perde, soit en la trop enterrant, soit en lu laissant tomber sur le sous-sol tellement situé qu’elle ne peut pas prendre racine ou ne pas végéter.
Semer en sillons à la houe &c. sont des méthodes d’usage pour semer du blé en Angleterre et elles y sont pratiquées avec beaucoup d’avantages, qui résultent pourtant de la culture postérieure moyennant l’extirpateur, la herse à sillon et en arrachant les mauvaises herbes à la main ; mais il n’est pas probable que pour le présent on pourrait les introduire en Canada ; il n’est même pas nécessaire, si on voulait seulement bien préparer la terre pour semer à la volée; 1l n’y aurait alors pas grand ouvrage à faire lorsqu'une fois la semence est enterrée et levée. Si quelques chardons ou autres mauvaises herbes à longues tiges se montrent on devrait les couper ou autrement s’en débarasser avant que le blé ait trop avancé vers la maturité.
En récoltant le blé les meilleurs fermiers de l'Angleterre et du continent de l’Europe sont d’accord qu'il faut le couper avant qu’il soit mûr. S'il n’est pas coupé avant qu’il ait atteint son entière maturité la perte sera très considérable, et l’on prétend même que le blé donne une fleur moins blanche. On trouvera toujours que c’est prudent de couper le blé avant qu’il soit entièrement mûr, et on aura moins de dommage à souffrir qu'en suivant la pratique contraire,
Dans la plupart des pays on moissonne le blé avec la faucille. Dans
le Haut-Canada et dans quelques townships du Bas-Canada la faux à la javellière est très en usage. Je préfèrerais pourtant toujours la faucille pour couper le blé. Dans le Bas-Canada on a l'habitude de laisser le blé coupé pendant plusieurs jours sur le champ, ct s’il est parfaitement sec, de le lier en grandes gerbes avec des harts et de l’engranger ensuite immédiatement. Contre cette méthode il y a une objection qui mérite qu'on y refléchisse : si le temps est humide, ou lorsqu'il y a beaucoup d’ondées chaudes, le blé est sujet à germer, à se gâter et par conséquent à être perdu, surtout si la récolte est aussi forte qu’elle devrait l'être. Fréquemment j'ai vu arriver cela, et je recommanderai aux fermiers de cesser cette pratique. Le seul avantage qu'offre cette méthode c’est que les mauvaises herbes, qui se trouvent avec le blé, fanent et sèchent après avoir été exposées au soleil pendant quelques jours. Mais sion tenait les terres en bon ordre, si on faisait attention aux récoltes, il n’y aurait pas de mauvaises herbes, et on pourrait couper le blé au-dessus du trèffle ou des autres herbes. On pourrait alors engerber le blé dès qu'il serait coupé, seulement les gerbes devraient être assez minces pour les lier avec une longueur de ja paille. On met les gerbes debout en tas de 12, ou si la paille est longue de 14 gerbes. Deux rangs de gerbes sont placés de sorte à être en contact par la tête, quoique, pour admettre une libre circulation de l'air ils sont à quelque distance par le pied ; on place sur cette ligne deux gerbes de plus pour servir de couverture, les bouts qui contiennent les épis se trouvant à l’extrêmité de la ligne. En quelques jours de beau temps la récolte sera parée à entrer dans la grange ou les meules. L'expérience prouvera que cette méthode évite de beaucoup le risque de dommages et de perte, qu’en laissant le blé délié sur le champ. Dans des meules bien faites et bien couvertes de chaume le blé est aussi bien que dans la grange,
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Les fermiers connaissent si bien le battage du blé moyennant le fléau qu’il n’est pas nécessaire d’en faire une description ici. Les fermiers canadiens du Bas-Canada battent mieux et plus effectivement qu'aucun autre batteur que je n'ai jamais vu. Des moulins à battre peuvent être très utiles pour de très grandes fermes, mais je n’en vois pas le besoin aux fermes d’une grandeur ordinaire, qui justifierait la dépense d’argent pour de pareilles machines dans les circonstances actuelles.
Le climat, le sol, la culture et l’espèce de blé qu’on cultive, doivent nécessairement en varier le produit. Le professeur Thaër dit qu’ordinairement le blé donne en paille le double du poids de son grain ; sur des terrains élevés un peu moins, dans des bas fonds un peu plus. En Canada le blé a produit en certaines saisons et dans un bon sol moius que le décuple, pendant que dans d’autres il a donné au delà de 20 et même de 25 minots de l’arpent, le sol et la culture étant presque la même. Il est difficile de déterminer le produit moyen dans les deux Canadas. Il suffit de dire que dans des terres propres à la production du blé cultivées comme elles le sont en Angleterre, le blé produit à peu près une égale récolte comme en Angleterre ; et la proportion de sol propre à produire le blé à un sol inférieur est beaucoup plus grande en Canada qu’en Angleterre. Dans le comté de Middlesex la proportion du blé à sa paille est à peu près celle qu'indique Thaër. Onze bushels et demi pesant 690 livres de blé et une quantité de paille de 36 tresses ou à peu près 1296 livres.
On dit que les terres neuves du Haut-Canada donnent de grandes récoltes de blé sans autre culture que de herser la semence après que le bois a été bûché et brûlé. La terre ne saurait être labourée qu'après que la plus grande partie des souches oni été arrachées, ce qui ne se fait que quelques années après le premier défrichement. Je reviendrai sur cet objet en parlant de l’établissement de terres neuves.
Le blé doit (terme moyen) donner treize livres de fleur pour 14 livres de grain. Dans l’analyse chimique du blé sir Humphrey Davy trouva sur 100 parties de bon blé, de graine pleine, semé en automne 77 d'amidon et 19 de gluten; 100 parties de blé semé le printemps donnèrent 70 d’amidon et 24 de gluten. Le blé américain contient plus que le blé anglais ; et en général le blé des clinats chauds a plus de gluten et plus de portions insolubles ; il est d’une plus grande pésanteur spécifique, plus dur et plus difficile à moudre.
Le blé d'été exige un sol mieux pulvérisé et plus riche que le blé d'automne. Si on sème des graines de trèfle et de mil dans le même champ, on le fait immédiatement après que le blé est semé ; on les herse légèrement ou les passe au rouleau. Le sol pour du blé d'été est préparé comme celui pour de l'orge. Son produit en grain et en paille est généralement moindre que celui du blé d'automne mâûri sans l'influence de circonstances favorables et non endommagé par des maladies. On a parlé de ces maladies si amplement dans la seconde partie de cet ouvrage qu'on n’a pas besoin d’y revenir à cet endroit.
Pour juger du blé d'après une montre, examinez de l’œil si le grain est parfaitement plein et bien nourri, dodu et luisant, et s’il y a quel-
que frélaterie provenant de graîns germés, de la rouille ou de graines de mauvaises herbes ; de l'odeur, s’il s’y observe quelque imprégnation
À impropre, et s’il n’a pas trop chauffé en tas ou en meule ; et finalement me Du: par le tact pour décider si le grain est assez sec, car trop humide il ne Sid ÿ convient ni au marchand, ni au meunier, ni au boulanger. Lorsque la en montre est épaisse et rude à toucher et ne passe pas aisément par les en mains, on peut en conclure que le blé n’est pas prepre à être embarqué da : ni moulu, ni conservé. Ca LÀ DU SEIGLE. 69 Ro Sur le continent de l’Europe le seigle est beaucoup cultivé. Il exige “dé QE moins de culture et d'engrais que le blé, quoique quelques-uns le consi- do Rd dèrent la récolte de grain la plus épuisante. Le seigle a deux variétés L’d HR celui d’hiver et celui d'été, mais la différence est si petite que l'un semé à EN avec l’autre, on ne saurait presque pas les distinguer. Le seigle vien- Fo AA | dra dans des terres sèches et sableuses et produira une récolte tolérable ; Dal en général on peut admettre qu’il préfère le sable à l'argile. Le sol PA devrait être préparé comme il l’est pour le blé. Selon Thaér le seigle rie prend 30 parties de nourriture contenue dans le sol sur 100. Le seigle F. $ peut résister à un climat plus froid que ne peut le blé ; mais il souffre Jui également d’un temps humide pendant la fleuraison., Un minot (bushel) leu de semence suflira par arpent, Comme sa végétation est moins rapide À 2 que celie du blé, on doit le semer lorsque la terre est sèche, parcequ’un oi sol humide peut facilement faire pourrir ie grain avant qu’il ne soit en- éco tièrement germé. den | La culture postérieure ct la récolte du seigle sont les mêmes comme EUX Rec | celles du blé ; le produit en grain est plus grand que celui qu’on obtien- plus drait du blé, semé dans des circonstances semblables quant au sol, et de dont la paille est d’un plus grand volume. Sir H. Davy trouva dans 100 ve parties de seigle GL d’amidon et 5 de gluten. Le seigle, selon Thaër es est le grain le plus nourrissant après le blé. Dans d’autres pays on se I di. 4 sert du seigle uniquement pour faire du pain ; il n’en est pas de même véri Cu en Canada où on en fait usage dans les distilleries ; la paille est inutile dre, Bu : comme fourrage, mais excellente pour couvrir en chaume ; et en Ecosse ussi on en fait des chapeaux de paille, dans le genre de ceux de Livourne. En f Ce grain pourrait avec beaucoup d’avantage être semé dans une terre ou « FA qui ne peut pas produire du blé. Il est sujet à moins de maladies que les I ue autres grains, excepté à celle qu'on nomme l'srgot, c’est-à-dire une pro- ouf duction de graines longues, calleuses et cartilagineuses, tantôt droites, pon tantôt courbées. La ressemblance de cette graine à l’éperon du coq lui suiv R a donné ce nom dans quelques pays. Les terres humides sont le plus d'ur souvent la cause de cette maladie, En France et en Suisse l’usage de etd cet ergot a causé la gangrène sèche ( chronic.) En Suisse les animaux je P GE | ne veulent pas manger du seigle qui est attaqué de l’ergot. de | tami DE L'ORGE.
proc N° L’orge, quoique moins un grain prépre à en faire du pain, peut être cun
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Laponie elle est plus cultivée qu'aucune autre graine, vu le court espace de temps qu’elle doit rester en terre, cé qui quelquefois n’est que six semaines et rarement plus de sept ou sept et demie. ÆEn Espagne et en Sicile on en a deux récoltes par année dans le même sol ; l’une est semée en automne et mûrit au mois de mai, et l’autre, semée en mai, est mûre en automne. L’orge est une graine tendre, et facilement endommagée dans les différens degrés de sa végétation ou de la récolte. Le climat du Canada est très favorable à la culture de l’orge dans tous les degrés de son progrès j'isqu’au moment qu’elle est engrangée.
1! y a différents degrés, sinon espèces d’orge. La variété généralement cultivée en Canada est la carrée ou à quatre rangs, parcequ’on la considère la plus productive et que les brasseurs aiment à la prendre. L’orge à longs épis ou à deux rangs est partiellement cultivée dans ce pays ; elle est belle et obtient un plus haut prix que celle à quatre rangs. La semence de l’orge nue ou l’orge à blé a été introduite. Cette graine n’est considérée par quelques-uns que comme de l’épeautre, qui lui ressemble beaucoup. Je ne puis pas dire si la culture a réussi.
En choisissant parmi les variétés, le meilleur grain de semence”est celui qui n’est en aucune manière noir à l'extrémité, qui est d’une couleur pâle, vive, jaune mêlée d’un peu de blanc et luisante ; si l'écorce est un peu ridée, ce sera mieux encore, parce que cela p:-uve qu’elle a sué en tas et que sa couverture est mince. La couverture de l’orge à grosse écorce étant très roide, sera lisse et creuse, même après que la fleur dedans est rétrécie. La nécessité de changer la semence de temps à autre, en semant celle qui provient d’un sol différent, comme or l’a observé plus haut, n’est nullement plus évidente que dans la culture de ce grain, qui autrement devient de plus en plus grossier d'année en année. Mais avec ce grain comme avec tous les autres il faut surtout faire attention à ce que la semence ait un bon corps.
Le meilleur sol à orge est une terre grasse légère, très finement pulvérisée. Elle ne viendra pas bien dans un sol très sableux ou très tendre, ni dans une forte argile, qui conviennent le mieux au blé. Elle réussira bien dans des terres légères, si leur situation est chaude et sèche. En Canada on les sème ordinairement sur un retour de pommes de terre ou d’autres légumes ou dans un simple labour du friche.
La meilleure saison pour semer l’orge c’est le commencemeni de mai ou plutôt dès que le temps est favorable et la terre en bon état. Un correspondant de la société de Bath en Angleterre, communique lexpérience suivante : ” Je trempai mon orge de semence dans de l’eau noire prise d’un réservoir qui recevait constamment les égouts de mon tas de fumier et de mes étables et écuries. A mesure que la graine légère surnageait, je l’ôtais et laissais le reste tremper pendant 24 heures. En la sortant de l’eau, je la mêlai avec une quantité suffisante de cendres de bois bien tamisées, pour la répandre également, et j’en semai trois champs. Le produit fut de 60 bushels par acre, l’orge fut bonne et franche, sans aucune des petites graines de mauvaises herbes. Personne dans ce pays n’avait un meilleur grain.” Le même individu dit qu'après avoir semé la
même année de l'orge sans ce procédé et que comparée à celle de la semence trempée la récolte fut inférieure sous tous les rapports.
Il y a un grand avantage à tremper la semence, parceque cela avance la germination ; en même temps celle-ci est plus égale et par conséquent la germination l’est, ainsi que le grain prend aisément le dessus sur les mauvaises herbes. Voici des indications pour tremper la semence dans de l’eau claire. Otez d’abord à peu près un tiers du contenu de chaque poche d’orge de semence, pour que la graine puisse enfler ; mettez tremper les sacs avec la graine dans de l’eau propre ; qu’elle en soit couverte au moins pendant 24 heures ; si la terre est bien sèche, et qu’il n’y ait d'apparence de pluie pour au moins dix jours, il vaut mieux qu’elle y reste 36 heures. Semez la graine mouillée tel qu’elle est sans y ajouter autre chose. La semence se répandra bien, parce que l’eau nette n’a pas de ténacité ; celui qui sème n’a qu’à observer de mettre un tiers ou un quart plus de semence en volume, qu’il ne fait avec de la graine sèche, vu que le grain est enflé dans cette proportion. Hersez le plutôt possible après l’avoir semé. Quoique cela ne soit pas nécessaire, donnez lui l'avantage d’un sillon frais s’il est convenable.
La quantité de graine semée en Canada est près de deux bushels par acre. Un bushel et demi et peut-être moins suffirait dans une terre bien préparée ; cependant on considère qu’une semence claire d’orge est peu avantageuse pour les raisons suivantes. Si la première partie de la saison est sèche, les plantes non seulement seront arrêtées dans leur végétation, maiselles ne pousseront pas des talles ; et s’il y a de la pluie plus tard, les plantes commenceront à pousser et à émettre un grand nombre de jeunes tiges qu’on ne peut pas s'attendre à voir parfaitement mûrir en même temps que les premières tiges ; elles produiront donc une montre inégale, et le grain sera en général d’une qualité inférieure. De bons juges préfèrent donc de semerune quantité suffisante pour obtenir une pleine récolte, sans compter sur les talles postérieures; ils pensent qu’elle mûrit plus également est que le grain et plus généralement bon.
L’orge est mûre lorsque l’épi a perdu la couleur rougeâtre ou iorsque les épis se penchent vers la paille. La récolte de l'orge exige plus de soins que celle des autres grains, vu que la paille est très cassante ; après une certaine période il faut la couper, car lorsqu’elle reste trop longtemps sur pied, les épis se cassent et causent de la perte. C’est pour cette raison qu’on devrait la couper lorsque le grain est tendre et que la paille a encore une bonne partie de sa sève naturelle ; conséquemment elle restera long-temps dans le champ avant que le grain soit mou et la paille sèche. Si on la met dans la grange avant d’être suffisamment sèche, l’orge chauffe facilement et diminue en valeur. On peut la moissonner avec la faux à javelière, et il vaudra toujours mieux de l’engerber dès qu’elle est coupée et de la mettre debout en tas.
L'’orge est plus difficile à battre que les autres grains. ÆEn Angleterre on a une machine pour ôter les barbes de l’orge, et chaque fermier qui cultive ce grain devrait en avoir une. Le produit de l’orge en Canada dans des terres bien préparées est peu inférieur à celui de l’orge qu’on cultive en Angleterre. On obtient de 20 à 40 minots par l’arpent, et j’ai même
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»la avance par consédessus sur a semence nu de char; mettez n soit cou- 1e, et qu’il eux qu’elle ins y ajouu nette n’a un tiers ou aine sèche, lutôt possidonnez lui
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Angleterre fermier qui en Canada
se qu’on culet j’ai même
entendu parler d’un plus grand produit. Le produit moyen dans le Midd sex en Angleterre est de près de 1570 li i 4 90 livres de te get rt p ivres de grains et de 2590 livres de
Outre qu’on en fabrique !. dréche, le whisky et la bière, on se sert de Porge à différens usages. On en prépare orge mondée fine et superfine ; la première (pot barley) est faite en ôtant l’écorce, et l’autre (pearl barley) en continuant l’opération jusqu’à arrondir le grain. On s'en sert dans la soupe, le gruau et la médecine (eau d’orge ) On fait moudre l'orge comme l’avoine et elle donne une farine semblable : La qualité la plus grossière avec le son sert à engraisser les bestiaux surtout les cochons et la volaille ; espèce fine ou bluttée, mêlée avec de la fleur de blé ou de seigle donnent, à ce que l’on dit, un pain très léger et très agréable. La fleur d’orge la plus fine sans mélange fera de bon pain qui est bien supérieur à celui fait avec du mais.
Le produit de lorge en fleur devrait être de 12 livres sur 14 livres de grains bien propres : la paille sert particulièrement de litière et de fumier et ne vaut pas grande chose comme fourrage. L’orge est sujette à peu de maladies ; la rouille qui en est la principale a été décrite.