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toujours semer l’avoine dans une terre qui n’est pas assez riche pour le blé ou l’orge, et elle y portera plus de profit qu'aucun de ces deux céréales, dont le produit moyen serait inférieur.
Le temps pour semer l’avoine doit-être choisi immédiatement après la semence du blé. Le succès en dépend grandement d’une semence faitc de bonne heure, pour que le plant couvre la terre avant les grandes chaleurs de l’été. Je l’avoine qui n’est pas semée avant le 21 mai reste mieux dans le grenier-<t la terre aurait alors un guérêt d’été. Quelquefois l’avoine semte plus tard réussira ; mais si l'été est bien chaud et sec, elle peut être considérée comme manquée ; et s’il y a des gelées de bonne heure en automne avant qu’elle ne soit parfaitement mûre, elle donnera une petite récolte. On sème ordinairement deux bushe!s par acre ; mais dans un bon sol une moindre quantité d’une semence saine peut suflire si elle est semée à temps. La culture subséquente consiste à la nettoyer de mauvaises herbes avant que la fleuraison se prépare.
Quelquefois on récolte l’avoine en la moissonnant avec la faux et l’engrangeant déliée. Si lo récolte est bonne je recommanderai toujours de l’engerber, et de la planter debout en tas comme le blé et l'orge ; c’est la méthode la plus sûre qui facilite beaucoup le battage. On devrait toujours couper l’avoine avant qu’elle ne soit parfaitement :aûre, afin de prévenir la chute du grain et d’augmenter la valeur de la paille comme fourrage. L’avoine dans ce climat est rarement endommagée pendant la récolte, si elle est coupée à temps et liée en petites'gerbes.
Le produit de l’avoine dans les îles britanniques est plus grand que celui qu’on peut en obtenir en Canada dans des saisons ordinaires. Je ne dirai pas ici ce que je crois être le produit moyen de l’avoine dans ce pays, Car aucune autre culture n’a été si n‘gligée, n’est si imparfaite que celle-ci. Mais je suis convaincu, que si on voulait passablement bien cultiver l’avoine et la semer à temps, de bonnes récoltes seraient obtenues.
Le produit de l’avoine en farine devrait être de 8 sur 14 livres de grain. C’est ce que jai reçu des meuniers d'Irlande, déduction faite de leur moture qui est d’un quatorzième. Sir H. Davy trouva dans 100 parties d’avoine 59 d’amidon, 6 de gluten et 2 de matières saccharines.
On fait usage de l’avoine en partie en farine pour servir de nourriture à l’homme, en partie pour nourrir des chevaux et occasionnellement dans la distillation. La consommation de la farine d’avoine comme nourriture humaine pourrait être bien augmentée en Canada, et elle épargnerait une quantité considérable de blé pour être exporté, et par là elle augmenterait considérablement les revenus de l’agriculteur.
DU MAÏiS (BLÉ D'INDE. )
Le mais est la céréale dont la furme est la plus noble. On le considère comme originaire de l'Amérique du Sud, et il doit avoir été cultivé au Pérou et au Mexique de temps immémorial. Il fut introduit en Europe au commencement du 16me. siècle. Maintenant il est'eultivé dans presque toutes les parties de l’univers où la température de l’été est égale à
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459 ou l’excède et va quelquefois même à 48°. 11 fleurit sur le continent de l’Amérique à peu près depuisle 40me. degré de latitude australe jusqu’au delà du 45me.degré de latitude boréale. C’est le grain qui après le riz fournit de la nourriture au plus grand nombre du genre humain ; et on peut le considérer comme le don le plus précieux que le nouveau monde a fait à l’ancien. Comme grain panifiable on ne peut pas beaucoup le recommander ; il contient beaucoup de fleur, mais très peu de gluten et ne fera du bon pain que mêlée à celle de froment. 11 sert de nourriture aux hommes préparé de différentes manières dans les Etats- Unis, le Haut-Canada et quelques parties du Bas-Canada. 1l est excellent pour engraisser le bétail ct les volailles de toute espèce, et dans un climat et un sol convenables sa culture devrait être encouragée et étendue.
Il y a beaucoup de variétés de maïs ou de blé d’inde : le grand rouge, grand jaune et grand blanc sont bien connus et très productifs. Le mais doux, le maïs quarantain c’est-à-dire qui mûrit en 40 jours à compter de celui de sa semence, le mais égyptien. Les deux dernières espèces ont de petits et beaux épis qu’on peut à peine distinguer l’un de l’autre. Elles sont les plus hâtives, ont besoin de moins de temps pour mûrir et pourraient convenablement être introduites dans le Bas-Canada.
Dans ce climat on devrait planter le maïs dans le sol le plus sec et le plus chaud, soit terre grasse, soit sableuse ; il ne réussit pas bien dans les terres argileuses (glaises) ou dans un sol bas et plat. 11 faut un degré considérable de chaleur dans le sol et dans l'atmosphère pour mûrir le mais, On le plante presque partout en rangs à peu près à la distance des sillons de pommes de terres ou un peu plus, pour admeiire l’extir« pateur et le cultivateur dans les intervalles. Si le sol dans lequel on cultive le maïs est propre à la culture du blé, on considère le premier une bonne préparation, parceque le blé d’inde contient peu de gluten. On peut préparer le sol comme si c’était pour des pommes de terre ou des navets et élever le terrain en sillons comme on fait pour les navets. La cendre est le meilleur engrais qu'on puisse y appliquer. Un acre n’exige pas plus d’un gallon de semence ou à peu près 25000 grains, Si la terre est sèche et en bon ordre le temps de la semence est entre le 15 et le 31 de mai. S’il fait un temps froid et humide la semence pourrit facilement. La plantation par fosses ne convient qu’à un sol très sec. On marque la terre avec la charrue en lignes droites à la distance de trois pieds l’une de l’autre, ensuite on tire dans la direction opposée et à angles droits d’autres lignes de sorte à diviser le champ en quarrés: le planteur prend alors une pioche et ait, à chaque intersection des lignes, un trou de la profondeur d’un pouce et demi et du diamètre de six pouces et dans ces trous il dépose régulièrement 5 à 6 grains, qu’il couvre d’un pouce et demi d’une terre fine. Si on plante par sillons, on met sur le dos dans de petits trous à la distance de deux pieds, 4 ou 5 grains dans chaque trou, qu’il couvre avec à peu près un pouce et demi de terre fine.
La culture subséquente consiste à sarcler, piocher et remuer la terre avec la pioche et la charrue. Le dernier procédé se fait en rechaus-
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sant les plantes après avoir écarté toutes les mauvaises herbes et toutes les plantes maladives ou faibles qui probablement ne porterairnt pas de produit, On met quelques grains de citrouille dans chaque deuxième fosse ; on obtient par 18 un poids considérable d’un riche végétal sans beaucoup de trouble ni dépense, et qui sert à la nourriture des bestiaux et des cochons. On dit qu'une cuillerée de gypse mise duns chaque fosse de blé d’inde lors du premier piochage, est un engrais sufhsant,
On ne peut pas considérer le maïs une récolte certaine au delà du A45me. degré de latitude ; et comme le Bas-Canada est au nord de cette ligne la culture de ce grain est peu sûre ; en effet lorsque les étés sont humides et frais, il manque presque généralement. Le fermier n’y peut rien faire, si ce n’est de planter son maïs dans le sol et la situation les plus favorables. Mais si la récolte manque, on en retirera toujours quelque nourriture pour les bestiaux, et le terrain sera préparé pour la récolte suivante aussi bien que par un guérêt d’été.
On étête le maïs, lorsqu’ouvrant l’enveloppe de j'épis on trouve les grains durs, non pas assez pour les moudre ou sécher, mais assez dur pour résister à la pression de l’ongle du pouce. On a encore une autre marque de s’en appercevoir, c’est lorsque toute la farine a quitté les anthères, et que celles-ci sont entièrement mortes et sèches, Enfin on
a un troisième signe, savoir, lorsque les extrémités de la soie sont fanées
et brunies au lieu d’être d’un vert brillant. Dès que l’on s’apperçoit de tous ces signes, la tête et les lames ont atteint leur but, et plutôt on les Ôte mieux c’est, car après cela elles ne font plus aucun bien et re-
tardent seulement la maturation des épis, parcequ’eiles en exclueut le:
soieil et l’air. Après avoir Ôté les têtes et les feuilles on les met en
bottes entre les rangs pour sécher et être ensuite transportées dans la
grange ou les meules : elle servent de fourrage au bétail. Dans les Etats-Unis on fait grand cas de ces têtes et feuilles et on prétend qu’elles donnent autant de bon fourrage qu’un acre de foin. Dans notre climat pourtant je ne crois pas que cette estimation serait juste, ni que ce fourrage approche seulement du produit d’un arpent de foin.
C’est vers la fin de septembre que la récolte a ordinairement lieu ; les épis sont Ôôtés de !a tige avec la main et immédiatement étendus dans Ja batterie de la grange ou dans un autre bâtiment convenable, Si on donne le maïs aux cochons on n’a pas besoin d’ôter l’enveloppe de feuilles ni d’égrainer l’épis; autrement on ôte les premières et bat ou égraine l’épis. Dans les Etats-Unis et le Haut-Canada on peut évaluer le produit d’un acre de maïs de 30 à 70 bushels et peut-être plus quelquefois. Dans de bonnes années un sol convenable produit dans la province inférieure presque la même quantité, mais seulement lorsque toutes ces circonstances sont favorables.” C’est le grain le plus profitable qu’on puisse semer dans une terre neuve pendant les 2? ou 3 premières années ; il réussit ordinairement mieux là où il y a des cendres de bois qu'ailleurs.
On se sert des épis verts de différentes manières. Dans le Sud de la France et lesenvirons de Paris, on marine les fleurs femelles comme
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les concombres avant que l’anthère s’épanouisse. Lorsque le grain est en Jait on fait usage des épis pour les faire rôtir ou cuire. Un grand champ fournira des épis moux pendant cinq ou six semaines,
Ainsi que plusieurs autres grains on peut faire fermenter le maïs et le soumettre à la distillation pour en faire de l'esprit : la farine en pâte et frite avec du lard est la nourriture commune d’une partie des paysans de l’Angleterre.
DE LA CULTURE EN GRAND DES LÉGUMES DONT LES FRUITS SERVENT A L'HOMME OU AUX ANIMAUX.
Le fruit des légumes est considéré comme la substance la plus nutritive produite dans +8 climats tempérés. Ils contiennent une plus grande proportion de matière analogue aux substances animales qui dans l’état de siccité ont l’apparence de colle et sont aussi nourrissantes que le gluten, Au travaillant sain cette substance est un équivalent de nourriture animale. La paille coupée avant qu’elle soit entièrement mûre est plus nourrissante qu'aucune des herbes céréales. Mais les plantes légumineuses ne sont pas seulement plus nourrissantes pour l'homme et l'animal, mais on peut dire qu’elles fournissent de aliment même aux végétaux ; puisqu'elles n'épuisent pas seulement le sol moins que les autres plantes, mais quelques-unes d’elles et particulièrement le lupin ont été enterrées vertes comme engrais depuis les temps les plus reculés. Beaucoup d'agriculteurs scientifiques considèrent une : belle récolte de pois ou de vesce comme nourrissant le sol par le gas acide carbonique stagnant sur sa surface, ce qui coïncide avec l'opinion générale qu’ils équivalent à un labour et avec le prix qu’on y attache dans l’assolement, comme il a déjà été expliqué. 11 y a deux raisons pour que les pois et la vesce n'épuisent pas tant le sol que d’autre: plantes. 19, parceque leur ombre couvre toute la terre, 2°, parce qu’ils laissent tomber tant de feuilles sur la terre. Les légumes cultivés dans l’économie rurale du Bas-Canada sont presque limités au pois, mais comme il est probable qu’on en introduira bientôt d’autres, je donnerai une table des produits nutritifs des plus utiles de ces siantes, le pois et la fève telle que donnée par Sir H. Davy, Einhoff et Thaër. Les produits sont pris de 1000 parties de chaque.
Extrait en matière ren-| Total des Matière | Mucilage | Gluten |due insolu-| matières so- Nom. saccharine ou ou ble pendant|lubles ou nu-
ou sucre. | amidon. |Albumine.| l’évapora-| tritives. tion. | Pois secs. 22 501 35 16 574 Fève coin- 426 103 41 570 mune.
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