TEMPÉRATURE ET CLIMAT
Je crois que les observations authentiques de la pfus basse température que nous possédons sont dues au capitaine Perry à l'île Melville. Ici le thermomètre dans le vaisseau fut aussi bas que 50^, et à une distance du batknen't jusqu'à 55° au-dessous de zéro. Le plus grand dégré de froid artificiellement produit a été de 91° au-dessous de zéro. Humboldt établit la température équatoriale moyenne à 81 La tem-
pératare de la surface de la terre a été reconnue être de 118^, 120°, et 129° : un sable granitique délié et grossier eut une température de 140^. pendant qu'en même temps le thermomètre au soleil indiquait une teiiîpérature de 97° seulement. En Canada j'ai dans une occasion vu le thermomètre aussi bas que 34<^ au-dessous de zéro, et fréquemment de 20° à 30° au-dessous et en été au-dessus de 100°, et pendant des semaines entières se tenir de 80® à 100°. La moyenne de la température du Haut et du Bas-Canada peut être vue dans la table suivante telle que faite par lé colonel Bouchette en IS20.
Haut-Canada. || Bas-Canada.
Maximum.
Minimum.
Moyenne.
Maximum.
Minimum
Moyenne.
Mois d'été, n, Juillet, Août
Kumboldt donne une esquisse sommaire de la distribution actuelle de la température de l'émisphère septentrionale, dans les termes suivans : L'Europe entière, comparée aux parties orientales de l'Amérique et de l'Asie, a un climat insulaire ; et les étés deviennent plus chauds et les hivers plus froids, à mesure que nous avançons du Montblanc vers l'est ou l'ouest. L'Europe peut être considérée, comme le sont les parties occidentales de tous les continens, non seulement plus chaude a latitudes égales que les parties orientales, mais même dans les zones d'une température annuelle égale, les hivers sont plus rigoureux, et les étés plus chauds sur les côtes orientales que sur les côtes occidentales des deux continens. La partie septentrionale de la Chine, telle que la région atlantique des Etat-Unis, offire des saisons qui contrastent d'une nïanière frappante ; pendant que la côte de la Nouvelle-Californie et l'embouchure
du Columbia ont des hivers et des étés pre»qu'également tempérés. La conetitutîon météorologique de ces pays du nord-ouest ressemble à celle de l'Europe jusqu'à latitude d(P ou 62^. En comparant les deux systèmes climatiques, les sommets concaves et convexes des mêmes lignes thermales, nous trouvons à New-York l'été de Rome et l'hiver de Coj)enhague ; à Québec l'été de Paris et l'hiver de St. Pétersbourg. A Pékin^ aussi, la température moyenne de l'année étant celle des côtes de la Grande-Bretagne, les chaleurs brûlantes sont plus fortes qu'au Caire, et le» hivers aussi rigoureux qu'à Upsal. De mêine- Moscou, au centre de la Russie, a la température d'été de l'embouchure de la Loire, nonobstant la différence de 11 dégrés de latitude, fait qui démontre victorieusement les effe^ de la radiation uc; ia terre sur un vaste continent dépourvu de montagnes. Cette analogie entre les côtes orientales de l'Asie et de l'Amérique prouve suffisamment, continue Humboldt, que l'inégalité des saisons dépend de la prolongation et de l'étendue des continens vers le pôle ; de la grandeur des mers eu égard à leurs côtes ; et des fréquens vents de nord-est, et non de la proximité de quelque plateau ou élévation de terres voisines. Les grandes plaines de l'Asie ne s'étendent pas audelà de 52 dégrés de latitude ; et dans l'intérieur du nouveau continent, tout l'immense bassin borné par la chaîne des Alléghanys et les montagnes rocheuses, n'est pas à une élévation a^-dessus de la mer de plus de 656 à 920 pieds.