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INSTRUMENS ARATOIRES ET MACHINES

Les instrumens fondamentaux de Pagricullure sont la charrue, la herse et la charette ; ils sont communs à tous les pays civilisés, quelque grossiers de construction qu'ils soient dans quelques uns. La charrue est commune à tous les siècles et à tous les pay3, et sa forme primitive est presque partout la même ; cependant elle a subi divers chanjcemens dans sa forme depuis le I6e. siècle jusqu'à nos jours, dans les lies Britanniques surtout. Comme les opérations du labourage, ainsi que beaucoup d'autres opérations de la praticulture, doivent souvent varier dans le mode d'exécution, il est clair qu'aucune sorte de charrue en particulier ne peut être supérieure à toutes les autres, sous tous les rapports et dans toutes espèces de sols ou inclinaison de surface.

Les charrues sont de deux sortes : celle qui est montée sur des roues, qu'on nomme charrue à ruelles, et celle qui est sans roues, nommée araire simple. Celle-ci est plus légère de tirage, mais il fiut un laboureur expérimenté et attentif pour en faire usage. La première opère avec plus de solidité et exige bien moins d'adresse chez le conducteur ; il en est même quelques unes qu'on n'a pas besoin de tenir, excepté quand on entame et dédouble les sillons. Au total si on prend les laboureurs tels qu'ils sont et les charrues telles que construites généralement, on trouvera qu'un canton labouré avec des charrues à roues présente plus d'élégance dans l'ouvrage, qu'un canton labour^ avec des araires simples ; mais d'un autre côté, si l'on choisit un canton où l'araire simple de forme améliorée est généralement adopté, on trou* vera que les laboureurs sont de meilleurs manouvrîers et l'ouvrage mieux fait, et à beaucoup moins de frais de travail, qu'avec les charrues à roues.

Dans la construction des charrues, de quelque espèce que ce soit dont on fasse usage, il est quelques principes généraux auxquels on doit s'attacher invariablement, tels que de donner au coûtre et au soc, c'est-àdire cette partie qui coupe, perfore et renverse la terré, cette forme longue, étroite, nette, pointue et aiguisée, qui oppose moins de résistance en passant dans la terre, et au versoir cette espèce de forme évasée et recourbée qui tend non seulement à diminuer la friction, mais contribue aussi puissamment à bien ranger la tranche du sillon. Le sep et la flèche doivent aussi être faits de manière à ce que la force motrice, ou l'attelage, soit placé dans la meilleure position de tirage. C'est ce qui est surtout nécessaire là où plusieurs animaux sont employés ensemble afin que l'ensemble du tirage puisse coïncider.

Quand on veut bien labourer on enlève la terre dans une position horizontale et lui donne celle d'une espèce d'angle, de sorte qu'on peut la laisser dans cet état incliné, les sillons apuyés les uns sur les autres, jusqu'à ce que tout le champ soit complètement labouré. La profon-

deur et la largeur du sillon les plus approuvées des fermiers, et que l'on rencontre communément dans les meilleurs champs kbourés, sont dans ïa proportion de deux tiers au tiers ; ou si le sillon est de six pouces de profondeur, il doit avoir neuf pouces de largeur, et être placé dans un angle de 45 délurés.

Placer la ligne du tirage à angles droits avecles épaules des chevaux, est d'une grande importance dans la formation, d'une charrue, circonstance qu'ignorent beaucoup de charrons, bien qu'elle soit connue de tous ceux qui ont la moindre connaissance de la mécanique. Si Fon prend l'iingle que font les épaules des chevaux avec une ligne perpendiculaire par l'horizon, et si l'on y trace une autre ligne à angles droits ou parallèle à la chaîne de tirage, la longueur de cette ligne depuis les épaules des chevr.ux jusqu'où elle joint ou croise le coûtre, à la moitié de la profondeur du sillon, sera de 13 pieds 2 pouces, pour des chevaux de taille ordinaire.

Si la charrue est faite dans les formes, la ligne de tirage doit passer à travers le trou du milieu du point d'attache au bout de la flèche. Ceci exige que la flèche soit de 7 pieds de long, atin de lui donner une hauteur convenable au point d'attache. Cette partie de la charrue qui repose sur la terre doit être un parfait niveau et en parallèle avec la ligne de tirage. Le coûtre ne doit pas dévier beaucoup d'un angle de 45 degrés.

Le versoir, pour les sols meubles et les jachères mortes, est génélement plus efficace lorsqu'il a une concavité considérable ; mais pour retourner les pâturages ou aucune surface dure, ainsi que pour les sols glaiseux, il se nettoie mieux et opère plus nettement lorsqu'd approche plus du niveau et, dans les glaises très fortes, lorsqu'il est formé d'une surface concave. L'aile inférieure du versoir, d'après les formes les mieux approuvées, est un morceau séparé qui, lorsqu'il s'use, peut être ôté pour être remplacé.

La charrue à semence est presque la seule en usage en Ecosse et dans beaucoup d'endroits de l'Angleterre ; mais il est 28 comtés de l'Angleterre oii les charrues à ruelles sont d'un usage général aujourd'hui, et cela dans quelques uns des meilleurs comtés pour les récoltes, tels que Devon, Kent et Ilertford, produisant du grain égal à aucun autre grain de ce pays ; Norfolk, le meilleur comté pour les turneps et l'orge ; Berks, le comté où Georges 3 possédait de grandes fermes, fesant usage des charrues à roues ; Gloucester, Worcester qui n'en cède à aucun autre comté de l'Angleterre pour les produits agricoles ; Warwick, fameux pour le grain ; Lincoln, produisant plus de bœufct de mouton à l'acre qu'aucun autre comté de la Grande-Bretagne ; Hampshire, Wilts, et Dorsetshire, grenier de l'Angleterre. Ces comtés sont au nombre de ceux qui se servent de la charrue à ruelles, presque exclusivement, du moins très généralement.

Les charrues à ruelles sont de deux sortes : celles, et ce sont de beaucoup les plus communes, où les roues sont introduites pour régler la profondeur du sillon et rendre l'instrument plus ferme à manier, et celles que l'on pourvoit de ruelles, afin de diminuer le frottement de la

gemelie au taillant. Cette dernière n'est pas très connue, mais elle promet, Boi-disant, de grands avantages.

" Les charrues à ruelles, pour la direction et la solidité, varient beaucoup dans leur construction en différentes places, selon la nature des sols, et autres circonstances ; mais sous toutes les formes et dans toutes localités, elles exigent peut-être moins d'adresse chez le laboureur. Les roues semblent avoir été ajoutées aux charrues en raison du manque d'expérience chez le laboureur ; mais dans toutes sortes de sols, et plus particulièrement dans les sols pierreux et coriaces, elles sont d'un grand secours à ces laboureurs, leur permettant de faire leur ouvrage avec plus d'ordre, quant à la profondeur, et beaucoup plus de netteté quant à l'e'galité de surflice. Vu le frottement causé par les roues, elles sont généralement considérées comme offrant beaucoup plus de résistance, et par suite comme exigeant plus de force dans le tirage employé, et sont en outre plus coûteuses de construction, plus sujettes à se briser et plus aptes à être dérangées sur la voie par les buttes, les pierres et autres inégalités, que peut présenter la surflice du terrain, que les charrues sans roues. On observe aussi qu'avec les charrues à ruelles les manouvriers sont sujets à baisser trop les pointes des socs de manière à occasionner par leur direction inclinée uoe forte pression sur les roues qui doivent sa mouvoir horizontalement. L'effet de cette lutte augmente le poids de tirage infiniment au-delà de ce qu'on se serait imfiginé ; pour cette raison les ruelles doivent être considérées comme de nulle importance en disposant une charrue pour le travail, mais passant légèrement sur la surface elles sont d'un secours important pour fendre de vieux prés, ou des terrains où se trouvent des cailloux,, des roches ou des racines d'arbres, et pour corriger la dépression du soc lorsqu'on rencontre des obstacles soudains, aussi bien que pour le remettre promptement en action lorsqu'il est chassé vers la surface," — Communication du bureau cVagricuJfure.

La charrue écossaise améliorée, avec une et quelquefois deux roues, posées près du bout du timon, sans autre avant-train, se meut très légèrement et est très utile : ces changemens exigent peu de temps et de trouble. Là où l'on emploie deux roues, la charrue va très bien, sans conducteur^ sur un terrain meuble ou léger et où il y a peu de pierres, excepté en entrant et en sortant."

La charrue à roues de Beverston est considérée comme un excellent instrument. Parmi les rapports publiés en 1832 sur des fermes en Angleterre, choisies pour leur régie supérieure, il en est un de la ferme de Beverston, près Titbury, Gloucestershire, contenant plus de 130Q acres et cultivée par Mr. Jacob Hayvvard, dont le système est le résul* tat de l'expérience et de longues observations, et non le fruit d'une vaine théorie, mais bien d'une pratique réelle heureuse et continue. On dit que la culture, la régie, la diligence et l'économie pratiquées sur cette ferme sont dignes de l'attention de tous les fermiers d'Angleterre. Sur cette ferme la charrue à ruelles de Beverston est la seule dont on fasse usage, et la ferme est la première sur la liste des terres choisies pour leur bonne régie en Angleterre.

La charrue K ruelles de Norfolk paraît lourde h cause de h grosseur de son avant-train ; mais dans les sols légers et friables elle opère très bien et ne demande qu'une petite force de tirage.

Morton, de Leith Walk, conçut en 1813, l'idée d'introduire dans le corps de la charrue une roue d'environ 15 pouces de diamètre, devant servir de semelle, et fit plusieurs expositions d'une semblable charrue sous les yeux de la société agricole de Dalkeith.

On s'est servi en Angleterre de la charrue à roue-friction de Plenty ; elle a deux roues sous le timon, puis une par derrière sous le sep, et exio-e, dit-on, moins de force motrice que d'autres charrues. La charrue améliorée â roue-friction de Wilkie fut inventée en 1825, et se fabrique maintenant près Glascow, Elle est considérée comme l'instrument de beaucoup le plus parfait du genre qu'on ait produit jusqu'ici. La roue est placée de façon à s'incliner par le point vertical, à un angle d'environ 30 degrés ; et, suivant l'angle du sillon coupé par le coûlre et le soc, elle donne plus de solidité au mouvement de la charrue que lorsqu'elle ne fait que tourner dans le fond du sillon. Le soc est de fer trempé, ce qui est une grande épargne et dans l'achat et dans les réparations. La roue, faite de même métal, dure long-temps. Il a été prouvé dans un concours agricole en 1829 que le tirage de cette charrue était d'au moins 30 par cent moindre que celui d'une charrue ordinaire de la forme la plus approuvée. Le prix en est aussi plus bas que celui d'aucune autre charrue maintenant en usage. Un morceau de mécanisme est scellé à la roue, au moyen duquel on peut indiquer la quantité de terre sur laquelle la charrue a passé.

La société pour l'encouragement des arts, manufactures et commerce, présenta la médaille d'argent de la société à un Mr. Bail, de Saxlingham, Norfolk, pour une charrue à roues de son invention, munie d'une vis de rappel et qui a été adoptée par beaucoup de grands propriétaires. Sir Jacob Astley déclara qu'il s'en servait, et qu'il l'avait vu opérer contre des charrues ordinaires de Norfolk, et la trouvait bien suppérieure; elle façonnait le sillon bien mieux, plus également et avec moins de tirage pour les chevaux, et n'était pas sujette aux réparations ordinaires comme le sont généralement les autres charrues, et que la généralité des fermiers du voisinage l'approuvaient. Elle est représentée comme très propre à. briser la terre coriace, et, en ajustant la vis, on peut donner au sillon depuis 1 pouce jusqu'à 9 de profondeur, et la fixer à aucune des profondeurs intermédiaires avec la plus grande exactitude. Le timon est lié à l'essieu des roues de manière à ce qu'elles se prêtent aux inégahtés du terrain sans influancer le mouvement de la charrue. Elle peut se convertir en un araire simple en la dégageant de l'avant-train.

Un savant auteur anglais sur l'agriculture disait en 1830 : — " Dans les sols durs et tenaces il n'est peut-être pas d'instrument mieux adapté que la charrue à roues de Herefordshire, nonobstant les obstacles que présentent son poids et la difficulté de son tirage ; car elle ne perd pas facilement le terrain, et en même temps elle compense les frais additionnels qu'el/e coûte par la diligence avec laquelle elle opère." A Dorsetshire les ruelles sont considérées comme un apanage indispensa-

"hle à toutes les charrues qui y sont en usage, à caiise du sol qui estdifficile à labourer.

Il est plusieurs sortes de charrues à rigoles, avec des roues, généralement, qui régularisent la profondeur des rigoles. On pourrait en introduire quelques unes utilement en Canada pour creuser des riiçoles. Les plus approuvées sont celles du duc de Bridgevvater et celles inventées par Clark et Gray.

Des dessins de plusieurs sortes de charrues à roues à patentes ont été envoyés ici à la société d'agriculture de la fonderie de fer de Ilansom, Ipsvv ch, Angleterre, avec Tavertissement suivant; — " Les avantages de ces charrues sur les charrues ordinaires sont qu'elles sont plus durables, moins incommodes et moins coûteuses d'entretien, et si simples dans leur construction que toutes les parties sujettes l s'user le laboureur peut aisément les réparer sans être obligé de les Iransptjrter hors du champ. Elles sont faites de façon à opérer avec la moindre résistance, et conviennent à toutes les terres, en variant le soc ou le versoir que l'on peut adapter à tout sillon, quelque soit sa largeur."

Le tirage s'applique extrêmement bien à cette charrue et doit être des plus efficaces. Le point de tirage est perpendiculaire au-dessus du point de traction, ou sep oti s'adapte le soc, et prévient toute pression sur les roues, le plus grand défaut des charrues à ruelles.

On recommande la charrue flammande améliorée de Plenty, avec une roue et un coûtre extirpateur. Cette charrue diffère de l'araire simple {sivhig plough), en ce qu'elle aune petite roue, par laquelle la profondeur du sillon se régularise mieux, puis un coûtre extirpateur qui arrache l'herbe et les plantes parasites et les enfouit au fond du sillon ; elle est aussi plus large de la pointe. On la dit propre aux sols légers et friables.

J'ai donné les opinions de plusieurs auteurs agricoles sur le mérite des charrues à roues. Je n'ai pas introduit ces citations par manière de recommander les charrues à roues, ni pour induire ceux qui se servent d'araires simples à adopter des charrues à roues. Les fermiers qui se servent de l'araire simple, et qui exécutent bien les labours avec cet instrument, auraient tort de les changer.

En Angleterre on prétend que l'agriculture est parvenue au plus haut point de perfectionnement dont elle soit susceptible. Les iuï^trumens améliorés et les machines y sont amenées à une plus grande perfection que dans aucun autre paj's du monde, cependant la charrue à ruelles y est encore d'un usage très général, bien que tous les avantages de l'a^ raire simple y soient connus des fermiers et des propriétaires par la démonstration pratique. Si la charrue a ruelles est en réalité infiniment inférieure k Taraire, c'est d'une obstination inconcevable de continuer à s'en servir dans ce pays là.

On peut bien excuser les fermiers canadiens de ne pas se défaire im-^ médiatement de la charrue avec laquelle ils peuvent travailler, et d'adopter l'araire qu'ils ne savent pas très bien conduire, lorsqu'une majorité de leurs co-sujets d'Angleterre, depuis le pair instruit jusqu'au plus pauvre fermier, persistent à le rejeter, nonobstant tout ce qui a été

écrit et dit par des théoristes et autres, et Texpérience que leur révèle constamment ce qu'il a de meilleur.

Les terres d'Angleterre sont en grande partie de la glaise forte, et difficiles à labourer comme il faut. Une grande portion du sol du Canada est de la terre forte et se laboure très difficilement dans la saison où le labourage doit se faire. Ces circonstances font que la charrue à roues convient mieux aux deux pays dans certaines localités.

Il n'y a pas de doute que la charrue à ruelles du Bas-Canada soit susceptible d'amélioration dans sa construction, et la manière d'appliquer le tirage. Je suis convaincu, toutefois, qu'une charrue à ruelles bien construite est mieux adaptée a une grande partie des terres fortes et brutes de la province et à l'habileté et aux habitudes actuelles du laboureur, qu'aucun araire qui ait Jamais été inventé. J'ai vu d'excellens labours fîiits avec la charrue à ruelles, et dans la plupart des cas contraires, la faute doit plutôt s'attribuer à l'inattention du laboureur qu'aux imperfections de la charrue.

Là où la tranche du sillon est coupée en proportions inégales, l'ouvrage doit être mauvais ; quand les raies ne sont pas droites, ni les sillons bien nctoyés, l'ouvrage est encore pire ; mais ces défauts ne sont pas occasionnés uniquement par la charrue à roues : avec le meilleur araire du monde.; si le laboureur est gauche ou distrait, toutes ces imperfections peuvent avoir lieu dans l'exécution de l'ouvrage.

Lorsque les perfection nemens agricoles auront fait des progrès, l'habileté et l'expérience des fermiers seront plus grandes, et les agriculteurs adopteront l'espèce de charrue et les autres instrumens qui conviendront le mieux a leur but. Ceux qui ont des terres légères qui peuvent se labourer avec deux chevaux et qui sont capables de manier 1 araire simple doivent certainement s'en servir ; mais dans d'autres circonstances je crois qu'il serait plus prudent d'améliorer la charrue à roues canadienne, que de la rejeter tout-à-fait ; et je crois de mon devoir d'avouer cette opinion, quoiqu'elle puisse être contraire à celle de la plupart des fermiers des vieux pays.

On se sert de beaucoup d'instrumens en Angleterre, tels que scarificateurs, batteurs, cuhivateurs, extirpateurs, brisoirs, etc., que l'on n'introduira pas ici probablement avant quelque temps ; ainsi je crois qu'il n'est pas nécessaire de les décrire tous. Le dernier numéro contiendra des dessins des plus utiles instrumens.

Le brisoir, extirpateur, ou herse nivelante, est un précieux instrument dans les sols forts et glaiseux. Il consiste en deux cadres, l'un triangulaire et l'autre oblong. Par le moyen des manches la partie oblongue de cette herse s'élève ou s'abaisse, de manière que lorsque la terre est émiettée par les dents de la herse triangulaire, alors en enfonçant les dents de la herse oblongue qui suit dans les endroits élevés elle emporte ou traîne partie du sol des élévations ; et quand on les élève par les manches, elle laisse ce sol dans les creux ou bas-fonds ; par ce moyen le terrain est amené à une surface presque plane, qu'elle soit horizontale ou oblique. Quelquefois il est nécessaire do mettre un plus grand nombre de dents à la partie oblongue du brisoir, afin qu'elles soient plus près l'une

de l'autre et fonctionnent plus efficacement. Les dents sont minces et tran chantes à leur partie antérieure, afin de couper, larges et épaisses derrière, pour la force, et s'amoindrissant par le haut presque jusqu'au bout.

Une herse triangulaire, bien faite, et fournie de dents de fer, convient le mieux aux terres brutes où il y a des pierres et des souches. Cette herse est bien connue dans le Bas-Canada.

La herse de Berwickshire est un instrument parfait ; elle se compose de deux pièces jointes par des barres de fer, ayant des crampons et des crochets. Chaque partie consiste en 4 barres de bois liées ensemble par un nombre égal de traverses de fer, d'une dimension moindre, et emmortoisées. La première barre est de 2 pouces et demi de large sur 3 d'épaisseur, et la dernière de 2 pouces de large sur 1 d'épaisseur. Les barres les plus longues sont inclinées formant un certain angle avec les plus petites, de manière à représenter un rhomboïde, et elles sont pourvues de dents espacées à intervalles égaux. Cette inclinaison des longues barres est telle que des perpendiculaires de chaque dent, tombant d'une ligne tirée à angles droits avec la ligne du mouvement de la herse, diviseront l'espace entre chaque barre en partis égales, de sorte que lorsque l'instrument se meut en avant, les dents marquent également la terre cil elle passent. Cette herse est la meilleure pour les terres exemptes de souches et de pierres.

Une herse pour semer de la graine d'herbe n'a besoin de rien de plus que la herse de Berwickshire sur un plus petit plan.

La herse-balai sert à herser les terres à herbes pour en disperser la rudesse et les matières décomposantes ; on s'en sert aussi quelquefois pour couvrir la semence de foin et de trèfle. On enlasse de petites branches raides dans un cadre consistant en 3 ou plusieurs traverses, et on les arrange de manière à ce qu'elles soient rudes et touffues par dessous. Aux extrémités du cadre pardevant on adapte quelquefois deux roues d'environ 12 pouces de diamètre sur lesquelles il se meut ; quelquefois, cependant, on ne se sert pas de roues, et on applique l'instrument à toute la surface brute, qu'il traîne sur le terrain.

Le râteau à cheval de Norfolk, dont on donne une gravure, sert aux récoltes d'orge et d'avoine, et pour le foin. Un homme, puis un cheval mené avec des rênes, sont, dit-on, capables de racler de 20 à 30 acres par jour sans se forcer. Le grain ou le foin se forme en javelles ou rangées à travers le champ, en levant simplement l'outil d'où il tombe des dents, sans arrêter le cheval. Cet instrument est plus facile à manier et est plus efficace sur les terrains inégaux que le râteau à cheval américain. Le râteau manuel à grain est de dimensions et de constructions différentes en Angleterre. En général la longueur du râteau est de 4? pieds, et ses dents en fer de 4 pouces de long et espacées de 1 à 2 pouces. Young fait mention d'un râteau de cette dimension qui avait 2 roues de 9 pouces de diamètre: afin d'en rendre le tirage plus facile, les roues étaient placées de telle sorte qu'au moyen du manche les dents restaient dans la position qu'on voulait. On s'en servait pour le grain et le foin, et il fonctionnait très bien.

Le râteau manuel à foin doit être fait de bois léger et sec, et long de 3 à 3 pieds et demi ; il est très maniable, bien fait. Les dents n'ont pas besoin d'excéder la longueur de 2 à 3 pouces. Quelques fermiers font usage d'un râteau long de 5 pieds ou plus, avec de fortes dents de bois de 4 pouces de longueur, qu'un homme traîne sur la surface, et qui convient bien à cet objet.

Le semoir simple à navets est un instrument très utile ; il a 2 roues qui se meuvent dans les creux de chaque côté de la raie que l'on sème ; par ce moyen l'homme qui le conduit peut maintenir le rang dans le milieu de la raie j un petit rouleau est adapté à une machine qui répand et couvre la semence. Lorsqu'on ensemence un grand champ, on peut l'attacher à un rouleau léger tiré par un cheval.

On se sert de voitures à roues de diverses constructions en agriculture. Employer des voitures calculées à exécuter les opérations nécessaires avec la plus grande facilité, et à moins de frais possible, est un objet d'économie rurale qui mérite beaucoup de considération. Dans le Bas- Canada les voitures à roues ne sont pas d'un aussi grand usage en agriculture qu'en Angleterre. Celles d'un usage ordinaire ici sont simples dans leur construction, et conviennent bien. A une distance considérable des villes, on ne s'en sert pas beaucoup hors des fermes, comme c'est le cas l'hiver, temps auquel les produits se portent généralement au mar ché. La charrette à bois est très bien adaptée à l'ouvrage auquel elle est destinée, et le tombereau canadien à fumier, quoiqu'il ne soit pas bien élégant, convient très bien à ce but : le prix de ces voitures est très mince.

Les charettes anglaises et écossaises deviennent d'un usage général dans les environs des villes, surtout chez les fermiers des vieux pays qui ne se servent presque pas d'autres, excepté pour le foin et le grain.

Les grandes charettes canadiennes sont ce qu'il y a de plus commode pour charrier le foin et le grain en gerbes, de toutes les voitures que j'ai vues. Elles sont légères et faciles à charger ; la charge y est liée avec aplomb, au moyen d'un rouleau adapté entre les bouts des timons et autour duquel se tortille la corde qui attache la charge, et qu'un garçon de dix ans peut serrer à volonté. Les mêmes roues qui servent aux charettes à bois et à fumier, sont généralement posées aux grandes. Les charettes à un seul cheval sont les plus utiles sur une ferme. Lorsque les terres ou les chemi'is sont propices au tirage, deux chevaux et deux charette feront plus d'ouvrage, que deux chevaux sur une seule charette, admettant dans chaque cas la voiture qui convient le mieux aux chevaux. Ce ci, toutefois, ne s'applique pas aux voitures d'hiver qu'on emploie au charroi des produits agricoles. Des voitures d'hiver construites sur le principe de celles des Etats-Unis et du Haut-Canada, et attelées de la même manière, avec deux chevaux côte à côte, devraient êt^-e adoptées de suite dans le Bas-Canada.

Je ne connais pas d'amélioration plus nécessaire. Il n'est pas dans la province de fermier qui ne soit instruit du fait que les chemins d'hiver aont généralement mauvais, bien qu'il puisse ignorer ue chez nos voi-

sins des Etats-Unis, du Haut-Canada et des iownships de l'est, les chemins d'hiver sont bons, et que la cause de celte différence doit s'attribuer uniquement à l'usage de voitures d'hiver différentes, et au mode de tirage. La traîne ordinaire du Bas-Canada peut bien être très commode sur une ferme et dans les bois, mais ne devrait jamais sortir de la ferme. Je ne crois pas qu'il soit possible d'imaginer une machine plus propre à former des cahots dans des neiges profondes, que la traîne ordinaire, surtout quand elle est chargée de bois, de foin ou d'aucune autre chose qui dépasse les glissoirs, ou forme une charge élevée ; et je ne vois pas comment un changement dans la manière de sceler le travail pourrait l'empêcher de faire des cahots, quoique qu'elle n'en ferait peut-être pas autant. Les glissoirs sont si courts et si bas qu'ils doivent nécessairement amasser la neige, la fouler en avant et la tasser. Lorsque la traîne passe sur un banc ou toute autre inigalité sur le chemin, elle s'élève hors du perpendiculaire, et en se rabaissant à son niveau, tout le poids de la charge porte sur le devant et doit commencer à former un creux ou un cahot. Jj'cfTet est plus grand lorsque la charge dépasse les glissoirs, ou qu'elle est trop élevée. Le tirage étant appliqué très bas est sujet à élever le devant des glissoirs hors du niveau, et en y revenant dans de la neige molle, il doit rendre la surface inégale, et toutes les voitures, de quelque forme qu'elles soient, qui passent ensuite sur le même trajet, augmentent ces inégalités, et les multiplient.

Les voitures d'hiver de nos voisins sont élevées, ouvertes et longues des glissoirs. Une longue barre est fortement scelée au devant, comme dans les voitures à quatre roues, laquelle, passant entre les chevaux et étant liée aux colliers, maintient la machine parfaitement solide ; et le tirage étant appliqué au-dessus des glissoirs, la voiture se meut avec aplomb sur le chemin, exempte de ce mouvement saccadé qui accompagne toujours les traînes. Ces voitures portent rarement des charges qui dépassent, et les chevaux, foulant la neige, la préparent au passage des glissoirs et rendent impossibles les cahots sur tout chemin qui aurait été originairement à peu près uni.

Dans quelques localités les traînes ne font pas de cahots, et je ne puis pas toujours rendre compte de cette circonstance. On a dit que chez nous les mauvais chemins sont dus en grande partie à ce qu'il y a plus de neige en hiver dans le Bas que dans le Haut Canada, ou dans les Etats- Unis. J'admets qu'il ne peut y avoir de profonds cahots sans profondes neiges, néanmoins je suis très convaincu que la construction de nos voitures d'hiver et le mode de tirage sont la principale cause des mauvais chemins d'hiver en cette province ; si en introduisant des voitures semblables à celles en usage chez nos voisins, nous aurions de bons chemins d'hiver, il n'est pas un seul fermier dans la province qui ne dût se sentir intéressé à les introduire avant un autre hiver ; l'expérience seule mérite qu'on l'essaie. Si les chemins d'hiver étaient bons, deux chevaux apporteraient autant de produits au marché que quatre peuvent en apporter maintenant, et en moitié moins de temps ; les voitures et les harnais dureraient bien plus long-temps, et tous ceux qui voyageraient par affaire ou par plaisir auraient raison de se féliciter d'un changement qui leur

permettrait presque de faire un voyage avec l'aisance et la vitesse des chemins de fer. Il peut être très agréable, par un beau jour d'été, de voyager à loisir, dans une belle campagne, mais à qui connaît ce que c'est que le froid à vingt degrés au-dessous de zéro, la lenteur dans les voies de comnmnications d'hiv^er au Bas-Canada, ne peut oftrir beaucoup de charmes, surtout si les mauvais chemins en sont la cause.

Les fermiers du Bas-Canada possèdent les moyens de pourvoir de suite à ce changement. Ils ont plus de chevaux à proportion que les fermiers du Haut-Canada, et pendant une période de 7 ans les frais de voitures d'hiver améliorées et de harnais n'excèdéraient pas ceux des voitures et des harnais dont on se sert maintenant, et l'avantage qui en résulterait pour eux et toute la société, est au-delà de ce qu'ils paraissent s'imaginer.

Dans les circonstances actuelles l'entretien des chemins même dans un état imparfait coûte beaucoup de frais de travail, et il est à supposer qu'une voiture d'hiver bien construite les rendrait inutiles. La perte du travail ou bien un travail appliqué inutilement, est une perte injurieuse de capital. Je sais que c'est l'opinion de quelques fermiers intelligens que deux chevaux avec des traînes portent plus que deux chevaux avec un sleigh double. Ceci serait je crois parfaitement correct si cet essai pouvait se faire sur de bons chemins ; mais de quelle conséquence est-ce pour nous lorsque l'expérience nous démontre que nous ne pouvons pas avoir de bons chemins tant que nous continuerons de nous servir de la traîne, et que la traîne ou toute autre sorte de voiture d'hiver ne peut dans les circonstances actuelles porter plus qu'une demi-charge. Si la traîne est la véritable et seule cause des cahots, j'admets qu'il n'est pas de meilleure sorte de voiture d'hiver dans tes mauvais chemins : mais si le premier fait est clairement démontré, notre devoir est donc de détruire la cause, et de prévenir par là de suite et pour toujours les effets dont on se plaint depuis si longtemps.

Une machine à moissonnera été dernièrement inventée en Angleterre, par un Mr. Bell ; elle paraît avoir extrêmement bien léussi, tirée par deux chevaux. On Ta essayé en Ecosse en présence de plusieurs propriétaires ; tirée par un seul cheval, elle coupait une largeur de 5 pieds à la fois, et, accompagnée de 6 à 8 personnes pour lier le grain, un champ fut moissonné à raison d'un acre impérial par heure.

Un maître d'école à Northumberland, Mr. H. Ogle, a inventé une machine à moissonner qui met en même temps le grain en gerbes. Elle opère satisfactoirement et coupe 14 acres par jours.

Un Mr. Bail y des Etats-Unis, a inventé un machine à faucher qui a, dit-on, bien réussi et qui est très employée.

Les machines k battre sont d'un usage très général dans la Grande- Bretagne et commencent à le devenir aux Etats-Unis. Elle ne sont pas aussi nécessaires dans le Bas-Canada, jusqu'à ce que son agriculture soit dans un état de perfectiormement plus avancé, et ses capitaux disponibles augmentés considérablement. Une machine à battre capable d'exécuter 'parfaitement, on ne peut se la procurer à beaucoup au-dessous de 50 louis courant, outre les frais de la bâtisse qu'il faut pour la

contenir. Il est très peu de fermiers qui ne pourraient trouver l'occasion (l'appliquer cet ar^jent plus avantageusement, en défrichant une terre neuve ou en en améliorant une vieille. Les hivers suspendent tous les travaux des champs pendant quatre mois de l'année et dans les endroits établis depuis longtemps surtout, les fermiers, leurs familles et leurs manouvriers n'ont pas beaucoup d'autre ouvrage à faire que de battre durant l'hiver. Ceux qui sont indépendans et dont les terres sont dans un bel état d'amélioration, produisant d'abondantes récoltes en céréales, et qui ont des capitaux disponibles, peuvent bien construire des machines à battre, mais dans toutes autres circonstances, il s,erait,je crois, imprudent de le faire. En Angleterre les travaux des champs sont rarement interrompus en hiver; le temps du laboureur est donc mieux employé au champ qu'à la grange, et la machine à battre met le fermier qui à une grande qnantité de grain à même de prendre avantage de toute hausse subite dans le marché. Ici nous voyons rarement de ces fluctuations dans le marché, surtout en hiver. Ce n'est que quand on peut appliquer la force de l'eau, que les machines à battre sont regardées comme une grande épargne en Angleterre. Lorsqu'on aura calculé l'mtérêt du prix d'achat, les réparations, le travail des chevaux et la main d'œuvre, on verra que le battage à la main ne coûte pas beaucoup plus, si ce n'est dans la plupart des grandes fermes. Je suis convaincu que des machines à battre portatives nécessiteraient plus de travail et de dépenses au fermier pour les porter d'une place à l'autre, les monter et les démonter que de battre son grain au fléau. Porter du grain à un moulin à battre hors de la ferme, c'est gaspiller. Il y a des machines à battre à la main mues par deux hommes et une femme, qui séparent parfaitement le grain do la paille, mais elles n'économisent pas le travail de l'homme.

Les machines à la main dont on se sert dans l'agriculture en Canada, sont peu nombreuses, comparées à celles en usage en Angleterre. Faux, javellier, faucille, faucille tranchante, couteau à foin, ciseaux à tondre, cerpe, hache, fourche à foin, fourche à fumier, bêche, pelle, pic, houe à turnep, houe à patate, houe à sarcler, extirpateur de chardons, râteau à fumier, crochet, brouette, civière, van et hachoir à balles, voilà les principaux instrumens et machines manuels { à la main ) nécessaires, et on peut se les procurer tous dans le pays, mais ils n'y sont pas toujours de la meilleure qualité, surtout les bêches de toutes sortes sont des outils très inférieurs pour le fermier; elles sont faites avec de mauvais matériaux, ne sont pas d'une bonne forme, et les manches sont trop courts d'au moins six pouces. J'ai vu des bêches que des fermiers avaient apportées ici de Gloucestershire, qui étaient d'une qualité et d'une forme bien suppérieures à toutes celles que j'aie vues.

On recommande fortement la bêche flammande ; elle aie manche long, mais n'offre aucun appui au pied du travailleur. Comme un long manche est un puissant levier, lorsque le sol se pénètre facilement on le creuse plus aisément avec cette bêche qu'avec aucune bêche de forme ordinaire, et par la même raison on remplit avec cet outil les charrettes et jette la terre à une plus grande distance. Ajoutez à cela qu'il n'est

pas de bêche qui force plus le travailleur à se courber que la Lèche anglaise.

La pelle irlandaise est un très bon instrument pour nétoyer les égoûts et quelques autres opérations, mais elle est mal-commode pour ceux qui n'y sont pas accoutumés.

Le crochet ou essartoir est en partie fait comme le pic, avec cette différence que les bouts sont recourbés à l'inverse. Ces bouts doivent être faits du meilleur fer et du meilleur acier, l'un fait en hache, l'autre en dolaire. Ce sont les meilleurs instrumens que j'aie vus pour essarter les racines des arbres, surtout oii il y a peu de pierres. Un homme habitué à son usage fera plus avec cet instrument, en arrachant des racines d'arbres, que deux hommes avec des haches. Je l'ai éprouvé par expérience. L'outil doit-être bien fait et peser de 6 à 9 livres ; le manche de 30 à 3G pouces de long.

Les machines utiles ne sont jamais embarrassantes, ni compliquées, et ne doivent pas être coûteuses. On doit se conformer aux règles suivantes en achetant des instrumens aratoires : construction simple, afin que leurs usages soient mieux compris, et que tout manouvrier puisse les réparer au besoin ; matériaux d'une nature durable, afin que le travail soit moins sujet aux interruptions résultant de leur brisure ; forme solide et compacte, afin de mieux résister aux s iccades, et qu'ils puissent être maniées plus sûrement par les journaliers ruraux qui ne sont pas accoutumés aux instrumens faibles. Dans les grandes machines on doit observer la symétrie et la légèreté des formes, car une voiture lourde, comme un grand cheval, s'use par son propre poids presque autant que par ce qu'elle porte. On doit couper le bois et le placer dans la position la mieux calculée pour résister à la pression ; les mortoises, si aptes à aftaiblir le boi!=, doivent s'éviter autant que possible. En même temps on doit faire les instrumens aussi légers que l'admettra la solidité nécessaire. Le prix tel, que les fermiers puissent les acheter, dans des circonstances ordinaires ; cependant par amour pour le bas prix le fermier judicieux n'achètera pas des effets d'une fabrique mesquine, ni d'une forme défectueuse ; les instrumens doivent convenir à la nature du pays, soit montueux ou uni, et surtout à la qualité du sol ; car ceux qui sont bojjs pour les sols légers ne le seront pas également pour les sols lourds et tenaces. Les voitures lourdes à roues d'Angleterre ne conviennent pas aux chemins mous et mauvais du Canada. Tous les outils manuels doivent être aussi légers que l'admettra la force qu'il faut pour l'exécution de l'ouvrage, afin que l'ouvrier ne soit pas fatigué par le poids d'un lourd instrument en fesant son ouvrage.

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