‹ Traité théorique et pratique de l'agricultureChapitre 55 sur 84 · DES CHOUX · texte numérisé non relu

DES CHOUX

La cnlture des choux aux usages ordinaires des fermes sera encore moins profitable dans ces provinces que n'est celle des navets ou de la racine de disette, quoiqu'on recommande particulièrement la culture de cet légume ailleurs. Pour quelque temps encore on devra se restreindre à la culture des racines qui sont les plus faciles à manier, dont le retour est le plus certain, et qui sont aisées à se conserver durant nos longs et sévères hivers. Il est très dangereux de commencer un système amélioré d'Agriculture par trop d'expériences spéculatives au milieu d'une société agricole comme nous l'avons dans l'Amérique Britannique du Nord, qui n'a pas les moyens de risquer des fonds sans l'espoir raisonnable d'un retour profitable. Ceux qui possèdent assez de capital et qui aiment les expériences et les spéculations, doivent les faire sans exciter ia moindre jalousie parmi leurs voisins, dont îes moyens sont plus limités ; et qui peuvent apprendre et profiter de ces ex- |)ériences, sans la moindre dépense de leur part.

Une vache a besoin journellement de 100 à 150 livres de choux, et un mouton de 10 à 12 livres, sans compter une portion modérée de foin. Comme dans l'Amérique Britannique le chou est particulièrement cultivé comme nourriture humaine, il intéressera peut-être quelques lecteurs d'apprendre de quelle manière on les consei*ve en Allemagne et dans quelques autres pays.

On prépare le chou salé ou le choucroute de la manière suivante :

Toute espèce de choux, de navets et de haricots peuvent être préparés de même ; mais on préfère le chou à tête grande et compacte (cabus). Le premier procédé c'est d'en ôter la partie intérieure du trognon moyennant un instrument de fer ou écope ; ils sont ensuite coupés en petits coupons par une machine de bois composée d'une planche plate qui a un rebord des deux côtés pour contenir une boîte dans laquelle on met les choux. Au milieu de la planche il y a q'jatre morceaux d'acier plats, placés dans une direction oblique, et le bord aiguisé de chacune étant élevée au-dessus de l'autre par de petits morceaux de bois entre chaque, afin de laisser tomber les coupons dans une cuve placée au-dessous. Les

chotïX eani alors mis d;ins la boîte qui vient d'être décrite, qm est po»*- Sèe en avaût et èn arrière, et les choux râpés par l'acier tombent dan» la cuve ati-des&oiis. Un baril se trouve à côté pour les recevoir dés quMts ÏRbOt rljpéig ; ses côtés sont lavés avec du vinaigre. Un homme se trouve isur une chaise près du baril, avec des Sabots propres, qui doit les saler ét préparer, ce qui se fait de la manière suivante : l'homme prend assez de coupons pour remplir 4 pouces depuis le fond du bariï, il y répand Une poignée de sel, une poignée de poivre en grains et une petite quantité d'huile à salade ; il descend alors dans le baril et foule le» choux avec ses sabots jusqu'à ce qu'ils soient bien mêlés et comp^acts. Il 'prend une autre couche de choux ; y répand du sel et du poivre comm^ auparavant, le foule et ainsi de suite jusqu'à ce que le baril soit plein. On y met alors la couverture sur laquelle on place quelques grands poids. De même le tout reste pendant 10 ou 15 jours, quand une fermentation partielle a lieu, et qu'une grande quantité d'eau se montre au-dessus de la surface. On le transporte ensuite dans la cave à l'usage -futur. Les gens qui font le choucroute en Allemagne sont des Tyroliens ét ils portent leur machine de maison en maison.

Il y a diflérentes autres plantes qu'on pourrait cultiver dans les champs j pour leur racine ou leur feuille, comme aliment de Thomme ou des bestiaux. De celles-ci je ne parlerai que de la chicorée et d'une plante nouvelle ( rough comfrey.)

La chicorée sauvage a des racines longues, épaisses perpendiculaires, -une tulfe de feuilles ressemblant à l'endive ou à la laitue, et lorsqu'elle va en fleur, sa tige monte d'un à 3 pieds, elle a des branches rudes, couvertes de feuilles et de fleurs bleues. Dans les terres calcaires de l'Angleterre on la trouve sauvage, il en est de même dans la plus grande partie de l'Europe qui a une température semblable ou plus chaude ; -on la trouve également en Canada où on la considère une mauvaise herbe. On la cultive en France pour son herbage, en Allemagne et en Flandres pour ses racines, dont on prépare un surrogat du café. On dit que dans des terres pauvres cette plante est supérieure à toutes les 'autres et donne dans de pareilles terres une plus grande qu intité de fourrage aux moutons qu'aucune autre cultivée jusqu'à présent. Elle vient aussi bien dans des terres tourbeuses et marécageuses. On prétend qu'elle est excellente pour l'entretien des bestiaux et des cochons dans l'étable, et qu'en. France et en Lombardie on en fait même du foin. X)n ne Faime pas eh Angleterre parcequ'^elle devient une mauvaise herbe vivacé dans les années suivantes. Je n'ai aucune expérience 'quant à cette plante, et je ne puis donc pasîe recommander particulièrement à l'attention des fermiers.

Le ( rougb comfrey, ) plante perpétuelle de la Sibérie, a été dernièrement recommandée à l'attention en Angleterre par D. Grant, jardinier à Lewisham, et essayée par un certain nombre d'agriculteurs. Oii tlit que les animaux de toute espèce aiment beaucoup cette plante ; et son produit est si grand dans de bonnes terres, qne Mr. Grant croit 'qirun arpent pourrait donner par an 30 tonnes de fourrage vert. Il l'a 'eue à là hauteur de 7 pieds et si épaisse qu'elk pouvait l'êtrè. La plante

se propage nisément par des graines et les racines ; le meilleur mojen serait peut-être de la semer dans un jardin, et de la transplanter au bout de l'année. Comme toutes les symphytes sont des plante* d'une très grande durée, cette espèce, une fois établie, continuerait probablement de produire des récoltes pendant plusieurs années. — (Garde» ners Magazine vol. V. Country Times, Mai, 1830,)

Cette plante pourrait peut-être avantageusement être introduite en ■Canada.

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