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CULTURE DES PLANTES HERBACÉES

Jusque vers le milieu du 16me. siècle, le trefHe et les autres herbacées furent peu cultivés dans la Grande-Bretagne. La dernière de ces plantes fut introduite de la Hollande. Actuellement le treffle entre pour beaucoup dans l'assolement de toute cpèce de sol, et dans tout cours productif de l'économie rurale. Avant que leur culture fut introduite dans la Grande-Bretagne, on était obligé lorsque la terre était épuisée par le grain, de la laisser pendant plusieurs années dans un état de stérilité comparative avant qu'elle ne devînt utile soit comme pâturage ou en état de rapporter encore du grain ; mais actuellement le treffle non seulement est alternativement indispensable dans la culture de grains et de légumes dans des terres très riches, mais il est la base de l'économie convertible dans des terres qui ne sont pas î^ssez riches pour permettre un labour constant, et qui par conséquent exigent â certains intervalles deux ou plusieurs années de pâturage La lucerne et le sain-foin quoi* que considérés en Angleterre comme d'une valeur bien inférieure comme un retour général, sont des plantes précieuses dans certaines situations, surtout le dernier qui donnera de bonnes récoltes dans des terres sèches et calcaires où la plupart des autres plantes de l'agriculture, et même les herbes, pourraient à peine exister.

Si l'introduction de ces plantes fut si nécessaire en Angleterre et que leur culture y a si grandement contribué à améliorer l'agriculture, c<»rtainement leur culture est également nécessaire en Canada et y serait très avantageuse en améliorant l'économie rurale et les intérêts du fermier. 11 estirès a désirer que pas un acre de terre ne soit laissé en friche, ou en repos si vous voulez sans être semé de treffle et d'autres herbes ; l'herbage qu'on en obtiendra dans une année repaiera amplement les dépenses du fermier en achetant la graine.

Le produit nutritif des principales herbacées est établi paF Sir H, Davy de la manière suivante :

En 1000 parties.

Nom.

Extrait otj ma-

Total de matière

Mucilage ou

Matière sac-

Gluten

tière devenue

soluble ou nutri-

Amidon.

charine ou

ou

insoluble pen-

tive.

sucre.

Albumine

dant 1-évapo-

ration.

Trelle rouge. - - -

Trèfle à vache (tritoli-

(um médium)

Trèfle blanc - - -

Sain-foin - . . .

Lucerne - . . .

La famille des treffles est très nombreuse, et le Canada est la patrie de trois ou quatre parmi eux ; une espèce surtout, le treffle blanc ou rampant, lève souvent en grande abondance sur des terres cultivées l'année précédente. J'ai vu venir spontanément dans des terres nouvellement défrichées, jamais cultivées auparavant, et où il était possible que la graine y ait été portée accidentellement, le treffle rouge, blanc, et jaune. Le climat et le sol du Canada sont plus favorables à la culture du treffle, que ceux des Iles Britanniques.

L'introduction en Angleterre du treffle et des autres herbes cultivées fut le commencement de l'amélioration dans les différentes espèces de bestiaux, de différentes méthodes de culture, et de la quantité et de la qualité supérieures des retours de grain. Ceci devrait suffire pour induire les fermiers canadiens à adopter le même système, et ils peuvent être assurés que les résultats ne seront pas moins favorables.

Le treffle rouge se distingue des autres espèces de treffle par ses feuilles larges, sa végétation rapide et ses fleurs d'un rouge pourpré. Le treffle blanc ou rampant ou de Hollande, par ses tiges rampantes et ses fleurs blanches. Le treffle jaune se reconnaît par ses jets étendus et ses fîeurs jaunes : il est rarement cultivé. Le treffle des prés ou treffle h vache ou herbe à vache, ressemble au treffle rouge, mais sa couleur est plus pale, il est plus petit, ses fleurs sont d'un rouge pale ou blanchâtres, ses racines longues et d'un goût très doux. Cette es* pèce n'est pns beaucoup cultivée en Angleterre, et l'on dit qu'il est dif^ ficile de se procurer de bannes graines. Il fleurit dix à quinze jours plus tard que le treffle rouge, sa tige est solide, sa feuille plus étroite, et la fleur et la feuille ont une nuance plus jaune. Un pauvre sol sableux, dit-on, produira un bon retour de treffle des prés pendant que celui du treffle rouge ne serait pas de la moitié ; il est aussi bon la deuxième année comme la première.

Le treffle farouche ou treffle de Roussillon, couleur de chair, a été longtemps cultivé dans quelques-uns des départemens du Nord de la France, et quoiqu'une plante annuelle seulement elle est très avanta*geu&e dans des terres sèches et sableuses. La société d'agriculture de Nantes a dernièrement recommandé sa culture en Lorraine ; et un écrivain dans le journal des Pays-Bas en a fait autant pour plusieurs parties de ce Pays. Mr. Dombasle agriculteur théorique et pratique qui est très estimé, le sème après la récolte dans le chaume^ sans autre culture que de le herser. Il pousse tout l'hiver, et offre au com^ mencement du printemps une nourriture abondante aux moutons ; ou, si on le laisse jusqu'en mai, il donne une grande récolte à la faux, et peut servir soit pour nourrir les animaux dans l'étable, soit pour en faire du foin. Cette manière de culture ne peut pas être adoptée en Canada; je crois cependant, que c^est une espèce de treffle qui serait très convenable et très avantageux à ce pays. Vers Pan 1824 il fut introduit en Angleterre par Mr. John Ellmann jun. de Southover près de Lewis, qui donne des directions pour le semer en printemps sans autre grain, et qui prétend qu'il sera en pleine fîeuraison et prêt à être fauché au mois de juin. Il dit qu'il est très productif, mai» qu'il ne doit pas être

semé avec d'autres grains, comme on fait avec les autres espèces de treffle, parce qu'il vient assez rapidement pour étouffer ceux-ci. On peut se procurer des graines de cette espèce de treffle chez Vilmorin, Andrieux et Cie. marchands de graines à Paris.

Le treffle rouge à hirges feuilles est celui qui est le plus généralement cultivé en Angleterre sur des terres qui sont alternativement en grains ou herbage, comme il donne les plus grandes récoltes de toutes les sortes. Cette espèce est encore la meilleure à être semée en Canada ; quoiqu'on pourrait y ajouter un peu du blanc, si c'est pour rester en pâturage, surtout dans des terres ou le treffle blanc n'est pas indigène.

Le sol qui convient le mieux au trèfle c'est une terre grasse sableuse et profonde, qui favorise ses longues racines ; mais il viendra bien dans tout terrain pourvu qu'il soit sec. Le climat qui lui convient le plus n'est ni très chaud ni très sec, si l'on s'attend à un deuxième ou troisième retour. Les matières calcaires sont tellement convenables au treffle, qu'en répandant simplement de la chaux sur la terre, le treffle lève, La plupart des plantes légumineuses aiment un sol et un climat secs et une température chaude, et on trouvera que le treffle produit plus de semence dans de pareilles circonstances. Mais comme la production de la graine n'est le but du fermier que dans quelques situations, une saison quoiqu'humide, pourvu qu'elle soit chaude, donne toujours le plus grand retour du treffle.

La préparation du sol et des fumiers qu'on accorde au (r^ffle dans la culture ordinaire, sont celles qu'on destine aussi à d'autres plantes; le treffle mêlé avec une certaine quantité de graine de mil est généralement semé en printemps avec ou dans une autre sorte de grain. Mais à moins que lesol qui reçoit ces grains ne soit bien pulvérisé, le treffle n'y réussira pas si bien ; mais certainement le treffle réussira mieux en Canada dans des terres moins bien préparées qu'elles ne devraient l'être en Angleterre. En Suisse on prépare la semence en la trempant dans l'eau ou l'huile, et la séchant avec du gypse en poudre, comme préservatif contre les attaques des insectes.

On le sème à la volée. Lorsqu'on le sème avec des grains d'été le treffle et autres graines d'herbes sont ordinairement semés immédiatement après que le champ a été pulvérisé en hersant les grains, et on les herse ensuite légèrement elles-mêmes. Si le champ porte des grains d'automne p. c. du blé, on sème aussi le treffle et les autres herbacées en printemps, mais le temps de le faire dépendra beaucoup de l'état du terrain et de la végétation du grain ; et il peut souvent être désira* ble de briser la croûte formée à la surface de terres bien tenaces, en hersant avant qu'on ne sème le treffle et après qu'il est semé. Quelque fois on n'emploie alors que le rouleau, et il y a des exemples que le treffle et le mil réussissent sans être ni roulés ni hersés. Dans quelques cas le treffle et les graines à foin se sèment d'elles-mêmes en automne ou en printemps dans des prairies. J'en ai semé dans des prés qui avaient été engraissés l'automne précédent, je fumai bien la terre au

printemps en sémant îa graine, ce qui réussit assez bien et rapporta un j bon retour la môme année. !

La quantité de graine semée par acre varie considérablement. Dans les terres riches sableuses ou grasses, bien pulvérisées, 2 livres de treffle ou moins, avec à peu près 5 on 6 quarts de graine de mil suffiront par arpent. J'ai en effet eu plus de treffle dans le foin que je ne dé>irais, quand même je n'avais semé à l'acre qu'une livre et demie de treffle avec la graine de mil. Une terre argileuse forte exigerait plus de semence. Mais pour tout sol qui est préparé comme il faut, 2 à 3 livres de graine de treffle et 1| gallons de mil suffiront, quoique quelquefois une moindre quantité pourra faire. En Angleterre on sème depuis 8 à 14 livres de treffle et à peu un bushel d'ivraie vivace (lolium perenne) par acre. Le même poids de treffle et un bushel de mil ( fléau des prés, phleum pralense) suffiront pour près de 7 acres de terre en Canada.

Si Ton veut mettre un champ en pâturage permanent, on pourrait mêler un peu de treffle blanc et jaune avec le rouge et le fléau des prés i ou mil. On sème rarement le treffle seul, ni doit-on le faire en Cana- I da. On le mêle ordinairement avec de la graine de mil. Si le sol est riche et fertile, le treffle lèvera bien fort la première année avec très peu de mil ; la seconde année il y aura considérablement moins de treffle, peut-être point du tout, et le mil donnera un plein retour. Cette méthode de semer est très avantageuse. Dans les hivers sévères, lorsque la terre n'est pas bien couverte de neige, les racines du treffle sont souvent détr uites par les gelées, et le mil, étant plus vigoureux, lève en i printemps et produira une moyenne récolte, quoique pas si forte la ' première année que celle du treffle. Là où l'on observe un assolement régulier ce plan réussira parfaitement bien, parceque cbaque année on sèmera quelque portion de la terre, et on aura par conséquent une succession régulière de treffle et de mil. Un bon fermier ne peut pas convenablement ôter à la charrue de la terre sans la semer en treffle et autres hîîrbacées. Lorsqu'on sème le treffle seul, on aura sans doute besoin de plus de graine que lorsqu'il se sème avec du mil, c'est-à-dire près de 8 livres par acre.

En choisissant les graines on doit surtout faire attention à ce qu'elles soient propres et de bonne qualité ; lorsque la graine de treffle est d'une couleur pourpre, elle a mûri et est bien conservée; et s'il j a des graines de mauvaises herbes on les découvre facilement en examinant attentivement ; mais avec la graine de mil il y a ordinairement grand nombre de mauvaises berbes, qu'il est difficile de découvrir sans en être un parfait connaisseur. On a trouvé que le treffle rouge introduit en Angleterre, de France ou d'Hollande meurt dans la saison dans laquelle il a été coupé ou paccagé, pendant qué la graine anglaise produit des plantes qui durent encore la deuxième et souvent la troisième année, de sorte qu'à compter de l'année qu'elles été seixvée elle reste quatre étés en terre,

La culture subséquente du treffle et du mil consiste seulement à ôter quelques pierres ou autres corps durs qui peuvent se trouver à la surfece le printemps après qu'il a été setné, et à sortir les racines des char-

dons, d'o«eille et d'autres mauvaises herbes. Après cela la surface devrait être roulée une fois s'il est nécessaire, afin de l'égaliser pour la huK. On a beaucoup recommandé d'engraisser avec du gypse ou plâtre de Paris le treffle et toute sorte d'herbacées. On prétend que lorsqu'une forte récolte de treffle ou de vesce étouffe sur le champ et y reste pendant un certain temps, sa fertilité en est considérablement augmentée. Je sais par expérience qu'il en est ainsi.

La récolte du treffle en Canada est toute réduite en foin. On n'a pas encore beaucoup adopté la pratique de nouriir les bestiaux dans les bâtimens avec du treffle vert. Sur toutes les fermes qui sont bien conduites une partie de ces herbes devrait être coupée verte pour les chevaux de travail, et en beaucoup de cas pour les vaches laitières, surtout près ou dans les villes. Des chevaux de travail nourris de cette manière, seraient toujours à la main et rempliraient leur estomac plus rapidement que lorsqu'ils doivent courrir après leur nourriture daxs un pâturage sec, court et misérable.

En nourrissant les bestiaux avec du treffle vert, il faut faire attention de prévenir qu'ils ne gonflent, ce qui arrive facilement lorsqu'ils sont d'abord mis a cette nourruure, surtout lorsqu'elle est moite de pluie ou de rosée ; et les bestiaux sont exposés à ce mal soit qu'on les mette dans le pâturage de treffle, ou qu'on le leur coupe et fasse consommer k Ja maison ; quoique, lorsque les plantes sont bien fortes, le danger est plus grand dans le pâturage. Accoutumés à cette nourriture depuis quelques jours pendant lesquels on devrait la leur donner avec épargne, le danger est rrioindre ; mais il n'est jamais prudent de laisser manger aux vaches de gi*andes quantités de treffle humide. Lorsque je mets me« vaches dans la seconde pousse de treffle en août, je ne leur permets pas, s'il est bien fort, d'y rester plus d'une heure pendant les premiers deux ou trois jours, et jamais à mes bestiaux il n'est arrivé aucun accident pour avoir mangé du treffle vert.

Le procédé de faire le foin de treffle est différent de celui qu'on observe pour le faire des autres herbacées naturelles. Toute la tribe des herba- <:ées doit être fauchée lorsque les plantes sont entièrement fleuries, et avant que la graine est mûre, afin que tout le jus et la nourriture de l'herbe reste dansle foin. En adoptant ce système, le foin est coupé en medleure saison, on peut le rentrer plus aisément, et il est meilleur ; et la force de la plante n'est pas logée dans la graine qui est souvent perdue. Il serait bon que l'avantage de réduireen foin l'herbe avant qu'elle nesoit mûre fût entièrement compris. Il y a plus de matière sucrée, et elle est par conséquent bien plus nutritive. Le treffle, le sain-foin, coupés dans une partie peu avancée de la saison, peuvent être dix pour cent plus légers, que lorsqu'ils sont en pleine matûrité ; mais la perte est amplement contrebalancée, en ce qu'on obtient un article plus précieux et plus nutritif plus de bonne heure ; en même temps que la prochaine récolte sera beaucoup plus forte. Le foin fait de vieille herbe qui a mûri sa graine entièrement ou en partie fera vivre les bestiaux ; mais ce n'est qu'avec du foin ùit avec de la jeune herbe peu de temps après qu'elle a été en fleur, qu'on pourra les engraisser. Lorsque les tiges

du (reffle deviennent dures et sèches, parcequo leura graines font à malûrité, elles ne valent pas plus comme fourrage qu'une quantité égale d'une sorte plus fine d ^ paille de grains.

Le mode de faire le foin de trèfle et de toutes sortes d'herbes, tel que pratiqué par les meilleurs fermiers de l'Angleterre et qui convient également en Canada, est le suivant : — L'herbe est coupée aussi près de la terre et aussi uniformément et parfaitement que possible, au moyen d'une faux bien affilée; le chaume après avoir été fauchée doit-être aussi court et égal qu'une plaine d'herbe bien, rasée. La partie des tiges laissée par la faux non seulement est perdue, mais elle empêche la deuxième pousse d'être aussi vigoureuse et épaisse, que lorsque la première fauchaison a été aussi basse que possible. Dès que le rang d'herbe coupée est entièrement sec par dessus, on le vire doucement sans le casser, on prend garde de le répandre. On fait cela avec un râteau ou une petite fourche, on fait surtout attention de ne pas rompre les rangs. L'herbe tournée le matin d'une journée sèche, est mise en veillotes l'.iprès-midi. La manière de faire ceci est simple et expéditive. Si le retour est fort, une série de veillotes est placés entre trois ou quatre rangs ou trois planches étroites. Un homme qui ramasse et un aulre qui racle chacun de son côté feront un rang suffisamment large pour des veillotes, qui devraient être proprement et bien faites par une autre personne qui suit ceux-ci. Cinq personnes pourront donc être employées après chaque rang de veillotes.

Il est impossible d'établir des règles de traiter le foin après qu'une fois il a été mis en veillotes ; cependant on devrait toujours faire attention à une chose, de ne pas secouer, répandre ni exposer le foin plus souvent qu'il n'est nécessaire pour sa conservation. Si le treffle est sec, quoique pas encore fané, lorsqu'on le met en veillotes, il peut rester pendant deux ou trois jours dans cet état, être répandu le troisième ou quatrième jour, tourné une ou deux fois et mis dans la grange ou en meule, le salant régulièrement. Si le fermier a du vieux foin, il fera bien de le mêler avec le treffle nouvellement coupé, et dans ce cas le treffle peut être rentré plutôt qu'on ne pourrait le faire sans ce mélange, et le vieux foin en deviendra meilleur.

En Canada il est plus aisé de sauver le foin de treffle qu'en Angleterre et quoique rentré frais et vert, il ne perdra ni sa couleur ni son excellent goût, pourvu qu'il soit bien salé. Dans des saisons mouilleuses pourtant, le treffle est difficile à bien traiter ; mais si une fois il se trouve en veillotes bien faites sans avoir perdu sa couleur, on peut prévenir tout dommage, en refaisant souvent ces veillotes. Des saisons pluvieuses ne sont pas communes dans ce pays, et lorsqu'elles ont lieu, les pluies ne continuent pas si longtemps, ne sont pas si constantes que dans les lies Britanniques. J'ai vu la seconde pousse de treffle dans des saisons moites et chaudes, donner une bonne récolte, mais à l'exception qu'on le donne à manger dans les bâtimens, il serait dans presque tous les cas plus avantageux d'en faire un pâturage que de le faucher une seconde fois. Si on le fauche une seconde fois pour en faire du foin, on fera bien de le mêler avec de la bonne paille fraiche qui

absorbera une partie de son jus, et les bestiaux mangeront volontiers le mélange.

Le produit d'une première récolte de foin de treffle, ou de treffle et mil (quoique la première année il n'y aura pas beaucoup du dernier ) sera sur les meilleures terres de 200, 300 ou 400 bottes par acre. Cette espèce de foin, quelque bien traité qu'il soit, ne se vendra pas à si haut prix au marché de Montréal que le bon foin de mil. Si la terre est bien riche et fertile, elle donnera la deuxième année un retour de treffle aussi bon que le premier ; il dominera sur le mil, mais la troisième année il fait ordinairement place au mil et il reste très peu de treffle. Le treffle eti meule et même dans la grange, diminue, dit-on, de 25 k 30 pour cent,

La valeur du foin de treffle comparée à celle de la paille de fèves et de pois, et à celle de ia meilleure paille de grain, est considéré en proportion de deux à un. Un acre de treffle rouge ou hirge donne à ce qu'on prétend autant de nourriture pour les chevaux et les bestiaux que trois acres de pâturage ordinaire ; et si on le coupe occasionneilement pour le leur donner frais, on ira plus loin encore, p in equ'aucune parïîe n'en est foulée aux pieds.

En Angleterre le treffle ne fera pas de graine bonne à êlre conservée dans une partie peu avancée de l'année ; donc la première crue est enlevée soit comme nourriture soit à la faux, et la graine est prise des têtes qui viennent en automne. Le traitement du treffle dans le but d'en obtenir la graine, est indiqué par un agriculteur anglais de la manière suivante. *' Un champ modérément épais est généralement le plus productif en graine, et un sol passablement riche, violent et sec est le plus propre à avoir de telles tiges. On peut faire paccager le champ jusque vers la mi-mai, ou couper le treffle vers la tin de mai ; on le laisse ensuite intact jusqu'à la matûrité delà 2me. récolte ou que la 2me. crûe est achevée. En Canada une première récolte pourrait bien être faite, soit pour servir de nourriture dans les bâtimens, soit pour ein faire du foin, jusque vers la mi-juin, et alors on laisserait mûrir la deuxième crûe. Le mois d'août est le mois de la maturation, et on reconnait la maturité de la graine en ce que les feuilles brunissent et tombent. Observez la graine de temps en temps, et quand sa couleur d'un jaune brillant a changé en un pourpre foncé, elle sera prête pour la faux. Après que le treffle est coupé, secouez-le le moins possible avec la fourche ou le râteau. Faites en de petites veillotes, pas plus fortes que des tas de fumier. Si le temps est favorable, on n'a qu'à virer une fois ces veillotes peu de temps avant de les entrer. Et si le temps est inconstant, ces petites veillotes de paille fanée sont bientôt séchées, peut-être dans une seule journée sèche, en exposant le fond au soleil après que la tête est sèche. Après avoir été quelque-temps dans le champ, les veillotes baissent considérablement et ss collent, de sorte que les fleurs adhèrent l'une à l'autre et repoussent la pluie ; on ne peut naturellement pas soufi'rir de perte de têtes en les tournant douce ment pour sécher. On voit que le treffle destiné à porter de la graine n'est pas si aisément endommagé que le foin de treffle. En général 4

à 6 jours de temps favOfaLle permettent delà rentrer. On peut le battre à l'aide d'un fîeau léger, ou d'une machine à battre, qui à cet effet a une couverture particulière introduite au-dessous du tambour ou batteur. Dès que la graine est entièrement séparée de la paille, on la nettoie moyennant la passoir à trèffle qui est bien connu© aux fabricans de passoirs. Le produit est à peu-près de 4 à 5 bushels ou 300 livres par ^cre. "

Le tfeffle blanc et jaune, le sain-foin, la lucerne, lorsqu'on veut en élever ]â graine, sont traités à peu près de la même manière.

La fertilité du sol doit considérablement souffrir lorsque la seconde crue de treffle parvient à mûrir ses graines de cette manière, mais le prix élevé de cette semaille engage beaucoup à en élever dans des situation» favorables ; et tout fermier qui peut en élever doit le faire, afin de promouvoir la culture de cette excellente plante.

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