ISO
Herbe.
.Produit îl l'époque que la graine [ est mûre, par acre, en livres chaque.
Foin.
Perte en séchant.
Matière nutritive.
Le produit de la deuxième fauchaison de l'ivraie vivace fut 3403 et 53 de matières nutritives ; du mil 9528 et 297 de matières nutritives ; Ja flouve odorante produisit plus de 17015 et de matière nutritive 1129 ; après elle la fétuque élevée 15654 et de matière nutritive 978 ; la fétuque dure 10209 et de matière nutritive 197. Ce sont les seules herbes dont le laltermath mérite l'attention. Ce produit est donné en poids de livre.
Il est nécessaire d'observer que la plupart de ces herbes furent élevées dans les circonstances le plus favorables, dans un sol convenable de la meilleure qualité ; on ne pouvait donc pas s'attendre à obtenir quelque chose de bien approchant dan? la culture ordinaire des champs. Il est cependant intéressant de savoir ce que des soins extrêmes et une bonne direction peuvent produire. Quelques-unes de ces herbes pourraient ne pas convenir au climat du Canada, mais cette table d'expériences peut servir en quelque manière de guide a des fermiers qui désirent introduire quelques herbes anglaises que nous ne cultivons pas à présent.
Sir H. Davy a fait quelques remarques précieuses sqr le produit nutritif, qui regardant le mode dans lequel les différentes substances, corn* posant la matière nutritive des plantes, agissent sur l'économie animale. Les seules substances qu'il découvrit dans les matières solubles contenues dans les herbes sont, le mucilago, le sucre, l'extrait amer, une substance analogue à l'albumine, et difiérentes matières salines. Quelques-uns (les produits de la dernière fauchaison (aftermath) donnent une faible indication de tannin. Dans les expériences faites sur la quantité de matières nutritives dans les herbes coupées quand la graine fut mûre, celle-ci eu fut toujours séparée, et c'est le calcul de la matière nutritive de l'herbe etnon du foin. L'ordre dans lequel ces matières sont nutritives est le suivant : — "L'albumine, le sucre et le mucilage, restent probablement dans le corps de l'animal, si le bétail est nourri avec de l'herbe ou du foin ; et le principe amer, l'extrait, la matière saline et le tannin, s'il y en a, sont probablement vidés, pour la plus grande partie, par la voie des excrémens, de même qne la fibre boiseuse. La matière extractive obtenue, en faisant bouillir le fumier vert des vaches, ressemble beaucoup dans son caractère chimique a celle qui existe dans les produits solubles des herbes. L'extrait du fumier qui a été conservé pendant quelques semaines avait toujours l'odeur du foin. Soupçonnant qu'il y eut dans le fumier quelque herbe non digérée, qui aurait pu fournir du mucilage et du sucre, ainsi que de l'extrait amer, j'examinai avec beaucoup de soin la matière soluble pour trouver ces substances. Elle ne donna pas un atome de sucre, et à peine une quantité sensible de mucilage. "
De ces faits il parait probable que l'extrait amer, quoiqu'il soit soluble dans une grande quantité d'eau, est peu nutritif ; et sert probablement à provenir jusqu'à un certain point la fermentation d'autres matières végétales, ou à modifier ou aider les fonctions de la digestion, et serait donc d'une grande importance en formant une partie constituante de la nourriture animale. Une petite quantité d'extrait amer et de matière saline est probablement tout ce qui est nécessaire ; et au-delà de cette quantité la matière soluble doit être d'autant plus nutritive qu'elle
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contient plus d'albumine, de sucre et de mucilage, et moins nutritive a raison qu'elle contient d'autres substances.
En comparant la composition des produits solubles donnés par diffèrens retours de la même herbe, Sir H. Davy trouve dans toutes ces expériences, la plus grande partie de matière vraiment nutritive dans le retour coupé, quand la graine était mûre, et moins d'extrait amer et de matière saline ; et plus de matière saccharine en raison des autres ingrédiens, dans le retour coupé lors de la fleuraison.
La matière soluble obtenue des différentes 'espèces de fétuque contenait une grande portion d'extrait amer. La matière soluble du retour graine de mil a plus de sucre qu'aucune espèce des herbes anglaises les plus estimées. Tous les extraits solubles de ces herbes, que les bestiaux aiment le plus, ont un goût salin ou sous-acidulé. On ne trouve pas de différence dans le produit nutritif des différentes herbes coupées dans la même saison, ce qui permettrait d'établir une échelle de leur pouvoirnutritif ; mais probablement les matières solubles du regain (aftermath) sont toujours d^un quart à un tiers moins nutritives que celles du retour en fleur ou en graine.
La table que j'ai donnée des expériences faites sur des herbes à Woburn, donnera toutes les informations nécessaires aux fermiers pour choisir des herbes et pour connaître la meilleure période de la fauchaison, de sorte à obtenir le retour le plus profitable de chacune d'elles. Mais, comme le mil est presque la seule herbe cultivée en Canada, je communiquerai les remarques à son égard selon les expériences de Woburn.
Le fléau des prés ou mil est natif d'Angleterre ; on le trouve dans les terres sèches et moites. Vers 1780 Thimolée Hudon y dirigea le premier l'attention, en l'introduisant de la Caroline du Sud, où l'on en fit grand cas. Quoique jusqu'à présent il n'ait pas été beaucoup cultivé en Angleterre, les expériences de Woburn présentent cette herbe comme une des plus prolifiques pour en faire du foin. Soixante-quatre drachmes de sa paille, en donnent sept de matière nutritive. Le pouvoir nutritif de la paille seule surpasse celui des feuilles dans la proportion de 28 à 8 ; le pouvoir nutritif à l'époque où l'herbe est en fleur surpasse celui de l'herbe en graine mûre dans la proportion de 10 à 23 ; et le pouvoir nutritif du second retour celui de l'herbe en fleur dans la proportion de 28 à 10. La valeur comparative de cette herbe est donc bien grande, à en juger par les détails que je viens de donner ; et je suis convaincu qu'il n'y a pas une herbe en Angleterre, qu'on pourrait cultiver avec plus d'avantage en Canada ; je l'ai vu bien venir en toute espèce de sol bien préparé pour la semence des herbes. Celle-ci à la qualité remarquable qu'elle a très peu de feuilles lorsqu'elle est mûre ou parée à être fauchée, et que ces feuilles ont à peine quelque prix comparées à la paille. Les variétés de la fétuque seules équivalaient au mil pour la quantité de leur produit ; mais aucune de ces herbes ne sont équivalentes au mil cotame foin ; et il n'y a pas d'herbe qui exige moins de temps pour sécher, afin d'être convertie en foin.
Le jonc ou herbe d'eau ( herbe à lien ? ) se trouve uniquement dans des marais, comme dans son sol naturel ; mais il viendra dans de fortes argiles, et donne un produit prodigieux, comme il est prouvé par les expériences de Woburn. Dans les niarais de Cambridgeshire, Lincolnshire, &c. de vastes portions de terre qui étaient ordinairement submergées et qui ne produisaient que des plantes aquatiques surperflues, et qui quoiqu'égoutées par des moulins, retiennent toujours beaucoup de moiture, sont couvertes de cette herbe, qui non seulement donne un pâturage abondant en été, mais encore la plus grande partie delà nourriture en hiver. Elle a une forte racine rampante, et on peut la faucher plusieurs fois. Dans le voisinage de la Tamise elle est souvent trois fois fauchée dans une même saison. Elle vient non seulement dans des terres bien nioites, mais dans l'eau même. Cette herbe convient bien à quelques terres marécageuses de l'Amérique Britannique, et dans des situations particulières, elle fournirait aux nouveaux planteurs une plus grande quantité de fourrage pour les bestiaux qu'aucune autre herbe, en même temps qu'elle vient dans des endroits où aucune autre herbe ne réussirait. Dans des terres moites et riches la fiorine (florin grass) produira abondamment, mais elle mûrit bien tard. Je l'ai vue en très grande abondance en Canada d;insune terre moite, sans aucune culture; et partout où el'e prend racine elle couvrira bientôt le sol à l'exclusion de toute autre herbe.
Il y a différentes herbes qui produisent des tiges propres à faire des tresses de paille pour des chapeaux ; les suivantes sont du nombre des meilleures : — ki crételle des prés, l'herbe étroite des prés, la fétuque ovine, l'herbe de l'orge sauvage, la folle avoine &c.
Le temps pour couper les tiges de ces herbes est lorsqu'elles sont en fleur. On les blanchit en versant de l'eau bouillante dessus, en les laissant dans l'eau chaude j)endant une ou deux heures, et en les répandant ensuite sur l'herbe pendant deux ou trois jours. Blanchies on les ramasse, on les lave et on les met encore moites dans un vaisseau bien fe rmé. C'est là qu'elles sont soumises à la fumée de souffre brûlant pendant deux heures. Des tiges vertes, plongées pendant dix minutes dans une forte solution d'acide acétique, et puis soumises à l'action du gas acide sulphurique sont parfaitement blanchies en une demie heure. Des tiges vertes plongées pendant quinze minutes dans de l'acide muriatique, délayée dans vingt fois son poids d'eau, et ensuite étendues sur l'herbe, seront parfaitement blanchies en quatre jours. Le tissu de la paille ne souffre pas le moindre dommage par ces procédés. Pour imiter les tresses de Livourne de la manière la plus parfaite, la paille devrait être tressée au rebours de la tresse commune de paille anglaise. Dans les tresses anglaises, la p'ô>i\\e est applatie par un petit moulin à main ; mais dans la tresse de Livourne la paille est tressée sans être applatie, et on la soumet à la presse après qu'elle est faite. Il est essentiel que ceux qui veulent rivaliser avec la plus belle manufacture de Livourne observent ces deux points. En renversant la manière ordinaire de tresser, les doigts ont plus de force à tricoter fermement et serrément la
paille ; et l'état de rondeur et de non applatissement permet de les tricoter plus serrement, circonstance qui donne l'apparence semblable à la tresse de Livourne.