TAUREAU^ COURTES CORNES
TAUWEAU DE LA RACF Ut UEVUNSt» !t*
texte race d'animaux a été améliorée de sorte à présenter des races particulières à chacun de ces objets, et elles sont bien supérieures à tout ce qu'on peut trouver dans d'autres pays. Cependant il reste encore beaucoup à savoir à l'égard de la nourriture que peuvent fournir les différentes espèces d'herbes et de racines ; la quantité d'alimens consommés par les différentes races tant en raison de leur poids dans le temps, qu'en raison de leur augmentation ; et l'avantage d'employer dans des circonstances données de grands ou de petits animaux. On n'a pas même essayé d'en venir à une grande exactitude, quant aux degrés de progrès fait en engraissant le bétriil en général ; parceque des machmes pour peser de lemps à autre les bestiaux et leur nourriture, n'étaient pas généralement introduites dans la Grande-Bretagne.
Les variétés de vaches européennes sont innombrables. La flexibilité de leur nature est telle, qu'elles ont pris des formes difTé rentes, et acquis des qualités entièrement ditrérentes de celles qui leur étaient naturelles. Les Uris ou vaches de Lithuanie sont presque grandes comme un éléphant ; pendant que celles des hauteurs Grampianes excèdent peu la grandeur d'une chèvre; et on trouve des vaches de toute sorte de variété, entre les unes et les autres. Elles ne diffèrent pas moins quant à leur taille. Le bison, qui est une espèce de famille du boeuf, et qui re propage en effet avec nos vaches, a la crinière longue et velue comme le lion ; la barbe comme la chèvre, autant de poil sous la nuque et le poitrail comme il y en a qui couvre ses jambes ; une bosse sur les épaules, presqu'aussi grande que celle du chameau (quelquefois du poids de quarante à cinquante livres,) avec une queue qui atteint à peine la cuisse; et il ressemble plutôt au lion qu'à nos vaches domestiques ou à d'autres espèces de la même variété.
La variété des qualités dans la famille des vaches est aussi bien grande. Nos vaches sont si intrépides et inactives qu'elles connaissent à peine le chemin de leur étable a leur pâturage ; pendant que celles des Hottentots sont si traitables, qu'on leur confia la charge d'autres animaux, qu'elles empêchent de passer dans les champs de grains, ou dans d'autres terres prohibées. Elles se battent aussi pour leurs maîtres, et meurtrissent ses ennemis de leurs cornes. Nos vaches à lait sont si faibles et inactives, qu'en faisant lentement uu mille deux fois par jour de leur gite au pâturage, elles se font du mal ; pendant que celles de la Toscane servent d'animaux de selle et de voiture. Celles de l'Indostan mènent des caresses, et vont de pair avec les chevaux au grand trot ; et les Hotîentots apprennent à leurs vaches à faire la chasse aux élans. Des vaches de la race sauvage négligée peuvent avec peine être transférées d'un enclos ou d'une colline à l'autre, pondan* que celles qu'on a attentivement soignées, sont dociles et font toute sorte d'ouvrage. Quelques vaches donneront plus de lait en un jour que d'autres n'en donnent en dix et peut-être en vingt jours. Celles-ci n'appartiennent pas à autant de difïerentes races d'animaux, mais elles sont toutes de la même espèce, toutes capables de procréer l'un avec l'autre des rejetons parfaits. Toutes ces variétés proviennent de la même race première, en partie par la différence du sol
et du climat, ou par d'autres circonstances accidentelles ou accessoirefs, et en partie en dernier lieu par l'adresse et l'industrie humaines.
De la variété européenne sont provenues les différentes races cultivées dans la Grande-Bretagne et aussi nos races canadiennes. Après ce qne j'ai déjà dit à l'égard de quelque^? unes de ces races qui sont et pourraient être très avantageusement cultivées ici, il n'est pas néces* saire de les décrire ici. Il y a pourtant deux races de bestiaux bien estimées dans la Grande-Bretagne, celle d'Ayrshire et de Devonshire, qne je n'ai pas décrites, et comme toutes les deux ont été introduites en Canada, il est juste de les mentionner.
Les bestiaux du Devonshire sont d'un rouge éclatant ( s'il y a quelques taches blanches on considère la race impure, surtout lorsque ces taches se confondent l'une dans l'autre) avec un anneau d'un brun legar autour des yeux et la mufle de la même couleur, d'os bien délicats, le cou dégagé, les cornes d'une longueur moyenne tournées en haut, Id tête mince, les mâchoires fines, les hanches larges, le corps moyen, mais un peu plat sur les côtés, la queue petite et posée bien haut; ils ont la peau mince, douce au toucher ; paissent en bas âge et parviennent plutôt à maturité que la plupart des autres races. On les considère comme des modèles pour tous ceux qui élèvent des bœufs pour le joug. J'ai connu des hommes en Irlande qui les ont importés d'Angleterre pour en avoir des bœufs de labour ; quoique le poids de la vache est ordinairement de 30 à 40 stones (420 à 5601bs.) et celui des bœufs de 40 à 60 (560 à 8401bs.) La variété du nord de Devonshire surtout est très estimée à Sirdthtield par rapport au grain délicat de la chaire.
Les bestifiux de Devonshire sont excellents au trait et à l'engrais, noni pas pour la laiterie. La nature particulière de l'animal le dispose à devenir gras plutôt qu'à produire du lait. Quant à l'ouvrage cette race n'est surpassée par aucune autre en docilité, activité et vigueur, ce qui est prouvé sans doute par la circonstance, que dans le Devonshire un attelage de 4 bœufs laboure dans sa journée deux acres de friche avec la charrue à deux socs ; qu'on s'en sert généralement de même, ainsi qu'au trait, dans leur pays natal et dans d'autres pays, où on les a depuis introduits. On croit que c'est une des races originaires de la Grande-Breta^ïne, qui a le plus conservé sa forme primitive. Je crois que ce serait une race de bestiaux, qui, pour le labour et l'engrais, pourrait le mieux convenir aux provinces britanniques de l'Amérique du Nord.
La race d'Ayrshire est très estimée en Ecosse pour la laiterie et pour l'engrais, et elle est généralement d'une belle taille et d'une grandeur moyenne. Selon Aiton le poids des vaches laitières d'Ayrshire varie de 20 à 40 stones (280 à 5601bs.) selon la qualité ou l'abondance de leur nourriture. Si les bestiaux sont trop petits pour le sol, il s'élèvera bientôt à la taille qu'il peut maintenir, et vice versâ, s'ils sont trop grands pour qu'il puisse le faire. " Le même auteur dit (dans son agriculture d'Ayrshire) que cette race de bétail n'est pas surpassée sur un soi, dans un climat et des circonstances relatives non seulement quau
à la laiterie, mais encore quant a l'engrais pour la boucherie. Elle a été améliorée dans sa taille, sm forme et sas qualités uniquement par un choix judicieux, en les croisant, pnr la manière de les nourrir et de les traiter pendant une longue série d'années. Le produit de ces vaches en beurre dans une année est, dit-on, la moitié de leur poids (c'està-dire des quatre quartiers) ; pour cela le pâturage doit être bon, et la vache être bien te nue toute la saison. Par ce que j'ai vu de cette race, je la préférerais sans doute ii la race plus grande de bestiaux anglais qui ont été importés ici ; et les taureaux de celle race servi rnient admirablement à se croiser avec la race canadi^nn^. Ceux 'on u importés jusqu'à présent ne sont pas des animaux supérieurs de la ace d'Ayrshire.
Dans chaque partie de l'Amérique Britannique, il est très faisable d'obtenir une race supérieure et utile des bestiaux qui s'y trouvent déjà: tout ce qui est nécessaire à cette fin c'est un choix soigneux pour la propngation, en les croisant, nourrissant et traitant judicieusement. C'est de cette manière que les beetiaux des lies Britanniques ont été améliorés, et dans les colonies britanniques ils ne peuvent pa^ Pètre par d'autres moyens. Le fermier qui sait quelle est la meilleure forme et taille de ses animnux, pour donner le plus de profit, peut améliorer ses bestiaux jusqu'à ce qu'ils aient la taille et les formes requises avec les matériaux qui se trouvent déjà dans le pays, en tout tems qu il veut faire attention et vouer ses soins à leur propagation et nourriture. Un fermier doit avoir peu de connaissance des bestiaux, s'il s'imagine qu'iî peut améliorer la taille et la forme de ses animaux, en achetant un mâle supérieur d'une espèce quelconque pour croiser avec ses propres bestiaux, sans adopter en même temps une amélioration dans la nsanière de soigner et de traiter les rejetons de ce croiirement ; le défaut de soins et de traitement est peut-être la seule cause de ce que les bestiaux qu'il possède déjà sont inférieurs à ceux avec lesquels il veut les croiser. Les fermiers qui veulent élever et nourrir avec succès des bêtes à cornes et des moutons doivent avoir une grande connaissance des bestiaux et du traitement qui leur convient.
Les signes de l'excellence des bestiaux en général sont expliqués de la manière suivante par Mr. Wilkinson de Linton près de Nottingham en Angleterre. — (Remarks on caille, 1820.) Ceci peut être appliqué à des bestiaux de toute taille et de tout pays.
'* La tête doit être assez longue, le muffle fin ; l'air calme et tranquille, ce qui est un signe de la disposition d'engraisser; les cornes fines ; le cou léger, surtout là où il se joint à la tète ; le poitrail large, et bien prominent sur les jambes ; les épaules moyennement larges en haut, les jointures bien p'acées, et, lorsque l'animal est en bon état, l'échiné assez pleine pour laisser un creux derrière elle ; le flanc de devant bien rempli, et la ceinture derrière les épaules, profonde ; le dos droit, large et applati ; les côtes larges et l'espace entre elles et les hanches court ; le ventre bien reprimé et non pas tombant vers le milieu, mais formé de manière qu'une section en profil ressemblerait à un oval, dont les deux extrémités sont de la même largeur, et dont la forme ap-
proche celle d'un cercle ; les hanches globulaires, Iarg;es au travers, el au niveau dn dos même ; les quartiers de derrière, c'est-à«dire depuis les hanches jusqu'à i'extrêrnité du croupion longs et droits ; les pointe» du croupion grasses et montant bien vers la queue ; le cordon large, et la couture dans son milieu si bien remplie, que le tout présente un plan presque perpendiculaire à la ligne du dos ; la partie inférieure de la cuisse petite ; la queue large et platte vers le bout, mais la partie inférieure mince ; les jambes droites et d'un os fin j et, si l'animal est en bon état, la peau d'une apparence riche et soyeuse. "
On peut dire en efl'et que ce sont là les points les plus essentiels pour former une véritable symétrie dans les bestiaux ; il peut y en avoir d'autres d'une considération mineure, que Tattention et l'expérience indiqueront facilement.
Les formes les plus recherchées dans une vache laitière sont, la tête petite, mais assez longue et étroite au rauffle ; les cornes fines et nettes ; le cou long et délié, diminuant vers la tête, sans avoir une peau lâ^.he derrière ; les épaules minces ; les quartiers de devant légers, ceux de derrière gras, et forts vers les flancs ; le dos droit, large par derrière, les jointures assez déliées et ouvertes ; la carcasse profonde, large aux hanches, les parties de derrière larges et charnues ; la queue longue et mince ; les jambes petites et courtes en proportion de leur dimension, avec des jointures courtes et fermes ; le pis ample, large et quarré, ni charnu pendillant, ni lâche ; les tettes pas bien courtes ou minces, tournées en dehors, et assez distantes l'une de l'autre ; les veines de lait grandes et saillantes ; la peau mince, déliée et soyeuse ; la tête, les os, les cornes et toutes les parties d'une valeur inférieure, petites, et toute la figure bien proportionnée. D'un autre côté une vache avec une tête épaisse, un cou court, l'os du dos saillant, une poitrine légère, un ventre relevé, de légers quartiers de derrière, des parties postérieures minces, un tet pis, ou un sac charnu, des tettes courtes et minces, est absolument inutile à la laitière et à celui qui élève des animaux. Tels sont les signes qui approchent le plus de la perfection dans les bestiaux ; l'expérience des premiers fermiers des Iles bri-» tanniques les a confirmés.