DU TRAITEMENT DES VACHES LAITIÈRES
On a des vaches à lait pour la manufacture du beurre et du fromage^ pour engraisser les veaux pour le boucher et pour l'usîige immédiat dit lait. Lorsque le beurre et îe fromage sont les objets principaux, de telles vaches devraient toujours être choisies, qui sont connues pour donner le meilleur lait et la meilleure crème, en grande quantité quelle que soit d'ailleurs leur race. Mais le poids du beurre^ qu'on fait d'un nombre donné de vaches, doit toujours dépendre d'une variété de circonstances, p. e. la grandeur et la bonté de l'animal, l'espèce et la quantité de la nourriture, et la distance du temps de vêler. Quant à la première, il est à peine nécessaire de remarquer qu'une grande vache donnera généralement une plus grande quantité de lait pendant un ou deux mois après qu'elle a vêlé qu'une petite ; cependant des vaches d'une taille égale difièrent quant à la quantité de lait produite par chacune d'elles ; le laitier doit donc s'attanher particulièrement aux vaches qui non seulement donnent abondamment du iait, mais dont le lait par une richesse particulière à elle, produit le plus de crème ; et si la vache manque de l'une ou de l'autre de ces qualités, on doit s'en défure et la remplacer par une autre qui est meilleure à cet égard. Quant au second che> l'espèce et la quantité de nourriture, ceux qui désirent faire des profits avec leur laiterie, doivent se procurer du foin d'une qualité supérieure, pour le leur donner au cœur de l'hiver, et cela à un degré illimité, pour qu'elles puissent toujours manger jusqu'à ce qu'elles soient pleinement satisftiites.
Le profit des vaches laitières dépend beaucoup de la bonté du pâturage et de celle de la race. Les vallées de Buckinghamshire et d'Oxfordshire produisent, dit-on, le beurre le plus doux de l'Angleterre ; et quoique Therbe sur d'autres terres puisso être également abondante, la
Tache la mêni^ race et la crême en égale abondance, on a pourtant trouvé upe préférence décidée en faveur des vaches nourries dans les vallées ; car, comn.e un animal à l'engrais profitera plus sur des terres riches que sur des terres pauvres, quoique l'herbe soit plus courte sur les premières que sur les dernières, ainsi les vaches donneront plus de lait et celui-ci d'une qualité plus nutritive, si elles sont paccagées dans des prairies fertiles que djîns celles qui sont d'une qualité inférieure. On doit bien prendre garde de ne pas surcharger les pâtui âges d'animaux. Les vaches à lait devraient toujours avoir abondance d'une herbe épaisse, courte et fine. En Angleterre on a observé que Therbe trop avancée donne un gout rance au l'romage et au beurre, c'est pourquoi on l'évite.
Les vaches doivent toujours être tenues en bon état, car lorsqu'une fois on les laisse trop maigrir, surtout en hiver, il est impossible qu'elles puissent tîonner une grande quantité de lait, en les mettant en bon état pendant l'été. Si les vaches sont maigres lorsqu'elles vêlent, aucun traitement postérieur ne saurait les rendre capables de donner du lait en proportion de ce qu'elles auraient donné, si pendant l'hiver elles avaient été en bon état. On doit donc donner de la nourriture la plus nutritive et la plus succulente en proportion convenable pendant les mois froids et incléments, et les animaux doivent être tenus chauds, et bien fournies d'eau pure. Si les vaches sont en bon état, on peut les traire peu de temps après qu'elles ont vêlé, c'est-à-dire un mois ou deux au plus. Si l'on s'attend que les vaches vêlent bientôt, on doit les loger pendant la nuit dans une étable séparée et assez grande, pendant une semaine au moins avant qu'elles ne vêlent, parce qu'on sauvera par là peut-être la vie du veau et de la mère.
Une vache à lait est à la fleur de son âge à 4 ou 5 ans, et continuera une bonne laitière jusqu'à 10 et quelquefois plus tard ; mais cela dépend beaucoup de la constitution de l'animal. On ne doit pas garder les vaches plus longtemps qu'elles ne donnent des retours profitables en raison de la nourriture qu'elles consomment. Les grandes vaches donneront beaucoup de lait dans des pâturages où elles trouvent de l'herbe en abondance, mais comme elles exigent une plus am.ple provision qu'elles n'en trouveraient sur la généralité des fermes en Canada, il parait que des fermiers dont les terres ne sont pas dans l'état de la plus grnnde fertilité, né devraient pas en tenir ; car avec un traitement ordinaire une petite vache donnera plus de profit qu'une grande, qui, étant en Angleterre même bonne seulement sur les meilleures terres et dans les plus riches pâturages, mourraient de faim, où une vache canadienne trouvera une nourriture abondante.
Ceux qui désirent tirer le plus grand profit des vaches, soit en nourrissant des veaux, ou en vendant le lait, ou comme laitiers près des villes, doivent toujours avoir un taureau avec le troupeau. Les taureaux ne doivent jamais être gardés au-delà de l'âge de 5 à 6 ans ; après cette époque, ils contractent aisément des dispositions vicieuses et deviennent intraitables. Toutes les fois que cela arrive, on doit les châtrer immédiatement et les mettre à l'engrais. Dans le voisinage des
villes on peut nourrir les vaches à lait avec les grains des brasseries et distilleries, en raison d'un à un bushel et demi par jour. En mêlant ces grains avec de la drèche ou de la recoupe, à la proportion de deux gallons de grains avec un gallon de son, on suivra une bonne méthode- Trois gallons de ce mélange humecté avec de Feau chaude, feront un bon repas pour une vache, et en lui en donnant deux ou trois par jour, elle sera suffisamment nourrie. On trouvera profitable de mêler au grain de la paille ou du foin hâché, et si on pouvait soumettre l'une ou l'autre à l'action de la vapeur avant de la mêler au grain, la nourriture serait encore supérieure. Lorsqu'on dorme des pommes de terre on devrait les cuire. Les pommes de terre sont plus utiles pour engraisser les bestiaux que pour les vaches à lait. A celles-ci les carottes ou les betteraves conviennent très bien, et on peut les donner aux vaches en raison d'un bushel par jour, avec un repas de grains ou de son à midi. Avec une quantité suffisante de bon foin cette nourriture produira du lait en abondance, pourvu que les vaches soient d'une bonne espèce. Du son, de l'avoine, de l'orge ou du blé d'inde moulus mais non bluttés peuvent remplacer les grains si on ne peut pas bien se les procurer. Trois gallons de son ou un gallon et demi de farine non bluttés suffiront à une vache par jour, si on les met en boite avec de l'eau chaude. On en aura une meilleure crème que des grains. Des fermiers à une distance de la ville n'ont pas besoin de nourrir leurs animaux de cette manière. Les agrains, la paille bâchée, les pommes de terre, les carottes feront une nourriture suffisante pour leurs animaux, si leur traitement est judicieux, et s'ils font cuire ce grain inférieur, cette paille éùc, qui peuvent être mêlés avec de la paille ou du foin hâché. Dans toutes les situations il est nécessaire que les vaches soient tenues chaudes et propres, et régulièrement soignées quant à leurs repas, à la traite, &c. Les fermiers doivent tâcher d'envoyer les vaches en printemps dans le pâturage en bon état, afin qu'elles puissent bien " partir, " car si les vaches ne sont pas en bon état lorsqu'on les met en pâturage, elles seront longtemps sans donner beaucoup de lait.