‹ Traité théorique et pratique de l'extraditionChapitre 69 sur 224 · V. M. Reuault, p · texte numérisé non relu

V. M. Reuault, p

DE l'extradition. 203

pour but et pour résultat la protection d'intérêts communs, non seulement au pays qui Taccorde, mais à tous les pays que menacerait l'impunité des malfaiteurs *.

Cette restriction dépasse ce qu'exige le respect des considérations, philosophiques sur lesquelles repose l'institution, en ce sens qu'elle aboutit à la rendre stationnaire. Poser en principe absolu que les nations lorsqu'elles se lient par des traités doivent stipuler que l'extradition n'aura lieu que pour les crimes et délits punis par toutes celles qui se proposent d'échanger les malfaiteurs, n'est-ce pas, en effet, s'exposer à diminuer les bienfaits que les peuples pourraient attendre d'une mesure commune reconnue commentant l'auxiliaire indispensable du droit de punir ? Que veulent donc les peuples en réalité ? S'assurer réciproquement l'exercice de leur souveraineté territoriale, ne pas soufl'rir que la facilité qu'ont les criminels de franchir la frontière qui les sépare rende leur répression impuissante et enfin ne pas s'enrichir de gens auxquels ils ont tout intérêt à dénier le droit d'asile. Qu'importe dès lors que le fait dont le Français s'est rendu coupable constitue un crime en France et un délit en Belgique, une contravention en Hollande ou qu'il ne soit môme pas puni en Turquie ? Qu'importe que la tentative d'assassinat soit punie de mort dans certains États et de la simple réclusion aux États-Unis ? L'extradition n'a pas pour but de faciliter la répression d'un crime contre le droit des gens, mais l'atteinte portée aux lois du pays requérant. Autre chose est l'extradition au XIX® siècle et l'extradition aux siècles précédents. A l'origine on l'emprisonnait dans les liens d'une étroite réciprocité parce que les pactes étaient dictés par une crainte et une défiance réciproques ; un Etat livrait les assassins et les empoisonneurs dans la crainte qu'on ne lui livrât pas les assassins et les empoisonneurs. Les contractants se défiaient à tel point les uns des autres qu'ils n'espéraient obtenir la tradition d'un criminel qu'en

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