V. M« Renault, p. 18, note
DE l'extradition, 261
qui ont voulu introduire la monarchie dans un gouvernement démocratique, et réciproquement * .» Ce tableau représente le beau côté du crime politique ; c'est le crime idéalisé. Mais il est loin de la réalité. Est-ce qu'une nation n'est pas maîtresse de se donner le gouvernement qu'elle préfère ? Est-ce que toutes les formes de gouvernement ne sont pas propres à protéger le développement de la liberté quand le peuple la veut sincèrement et fait ce qu'il doit faire pour la mériter ? Est-ce que sous l'empire des constitutions modernes, à quelques exceptions près, il n'a pas les moyens légaux de manifester ses aspirations, et faut-il qu'une poignée d'ambitieux substituent parla violence leurs conceptions chimériques aux régimes reconnus et fondés sur la presque universalité des volontés ? La conscience universelle est un mot dont on abuse au profit de quelques-uns uniquement parce que les nations se désintéressent des crimes qui désolent d'autres souverainetés tant qu'ellesmêmes ne sont pas atteintes directement. Mais que la révolution fasse, sur leur sol, des ruines comme elle en accumule ailleurs et la réprobation, au lieu de rester muette, s'élèvera éclatante et indignée. Monarchie ou république, tout régime paraîtra odieux s'il dresse des barrières pour arrêter les révolutionnaires I La morale universelle admet toutes les formes de gouvernement, mais elle proscrit les scélérats pour lesquels changer ces formes n'est qu'un prétexte audacieux pour commettre tous les attentats afin de saisir le pouvoir.
Si véritablement l'ordre général, l'harmonie universelle sont la résultante de l'ordre et de l'harmonie dans toutes les souverainetés, la justice universelle ne sera parfaite et satisfaite que lorsque tout attentat de droit commun qui, sous le masque de la politique, aura compromis Tordre établi dans quelqu'une de ces souverainetés aura été réprimé. Qu'une nation devienne le théâtre d'un de ces grands forfaits qui font reculer la civilisation jusqu'à la barbarie ;