CHAPITRE XIII
BARYUM ET STRONTIUM .
§ 131. Les composés de ces métaux, et à plus forte raison ces métaux eux-mêmes, n’ont jamais été jusqu’à présent d’une grande utilité dans la teinture et l’impression des tissus. Leurs oxides , bases très puissantes et plus solubles que la chaux , remplaceraient cependant avantageusement cette dernière ; mais comme on ne les prépare qu’en petite quantité et seulement dans les laboratoires , le prix en est trop élevé.
Le chlorure et le nitrate bary tique sont employés comme réactifs propres à déceler et à doser l’acide sulfurique et les sulfates ; et le sulfate bary tique entre dans quelques apprêts. Nous ferons voir, en traitant des mordants, qu’on substituerait avec avantage X acétate bary tique à l’acétate plombique dans tous les cas où l’on fait usage de ce dernier.
La préparation en grand de l’acétate bary tique serait très peu dispendieuse; car il suffirait , pour l’obtenir sans peine et en aussi grande quantité qu’on le désirerait :
1° De réduire le sulfate bary tique en sulfure, en calcinant le premier après l’avoir mélangé de charbon (Voyez cette préparation dans tous les ouvrages de chimie ) ;
2° De lessiver à l’eau le produit de la calcination, de manière à séparer le sulfure du sulfate qui aurait échappé à cette calcination , et de l’excès du charbon employé ;
3° De décomposer ce sulfure dans un appareil (Maire) par la vapeur de vinaigre. L’acide acétique déterminant cette décomposition avec le concours de l’eau dont les éléments se dissocient, il y aurait formation d’acétate bary tique et de sulfide ■ hydrique, d’après l’éq. A + S Ba + H2 O = A Ba-f-H2 S.
La vapeur d’eau et le sulfide hydrique seraient expulsés, et ce dernier pourrait même être brillé avec avantage. La saturation
une fois achevée, et l’acide acétique étant en léger excès, il n’y aurait qu’à concentrer la liqueur pour obtenir de l'acétate barytique. JJÆais avant de procéder à l’évaporation , il conviendrait de s’assurer si la liqueur ne contient pas de fer à l’etat de sulfoferrate. Si elle en renfermait, on le précipiterait par quelques gouttes de chlorite bary tique.
Comme le sulfo-sulfate barytique cristallise facilement sous forme de belles paillettes nacrées, on pourrait s’en servir dans l’impression pour produire des blancs miroitants imitant les effets delà broderie dans les mousselines. Pour l’obtenir ainsi en paillettes , on décompose une liqueur convenablement étendue de sulfo-sulfate sodique, par une dissolution de chlorure barytique.