CHAPITRE XXVI
MERCURE , ARGENT ET OR
( Mercure )
(Formule. . . Hg (Équivalent. . 1265,82
. (Formule. . . Cl2 Hg (Chlorure mercupique)^^^^
( Argent ) (Or). . .
(Formule. . . Ag (Équivalent. . 1351,61 (Formule. . . Au (Équivalent. . 1243,01
§262. Mercure. Les propriétés ptosiques de ce métal sont si bien connues que nous nous croyons dispensé d’en parler ici : nous nous bornerons à dire un mot des moyens d’en reconnaître la pureté. Celui du commerce peut renfermer des métaux étrangers , tels que du plomb , du bismuth , du cuivre et de l’étain , ■mais dans une proportion ordinairement très faible, parce qu’autrement le mercure cesserait d’être liquide, propriété qui, à elle seule, permet de le distinguer des autres métaux.
Le mercure , soumis à la distillation , ne laisse , quand il est pur, aucun résidu , se dissout complètement si on le traite par l’acide nitrique, et sa dissolution dans ce dernier acide, traitée par le sulfide hydrique , doit fournir un précipité de sulfure mercuriquc , insoluble dans l’acide nitrique concentré. S’il contenait de l’étain ou de l’antimoine , on obtiendrait par l’acide nitrique un résidu insoluble ; s’il renfermait du cuivre, du plomb et de l’argent , le précipité obtenu par le sulfide hydrique se dissoudrait partiellement dans l’acide nitrique, et l’on pourrait reconnaître la présence de ces métaux en suivant la marche indiquée pag, 765 de notre Introduction à l’étude de la chimie.
§ 263. Applications. Jusqu’à présent on s’est borné, dans les fabriques, à faire servir le mercure à la préparation de quel-
ques composés salins. Ainsi, en traitant ce métal par des proportions variables d’acide nitrique, on obtient du nitrate mercureux ou mercurique , le premier quand le mercure est en excès , le second quand c’est T acide qui domine. En traitant le mercure par l’acide sulfurique, on forme le sulfate mercurique , sel auquel on fait subir par voie sèche, en présence du chlorure sodique , une double décomposition qui a pour résultat la formation du chlorure mercurique (sublimé corrosif) . Ce dernier se vend dans le commerce ; il est toujours facile d’en reconnaître la pureté au double caractère qu’il présente de se dissoudre complètement dans l’eau chaude et de se sublimer sans laisser aucun résidu, lorsqu’on le chauffe, à la lampe à l’alcool, dans un petit tube dont l’une des extrémités est préalablement scellée.
Le nitrate et le chlorure mercuriques agissent comme corps oxidants dans la préparation des réserves fortes, employées dans les bleus cuvés. (Voyez Gros bleu , Bleu lapis. ) On a tenté , comme nous le dirons en parlant des couleurs d’application , d’utiliser l’iodure mercurique en raison de sa couleur rouge éclatante, et le sulfure mercurique (vermillon); mais nous verrons plus tard quels ont été les obstacles qui se sont opposés à l’application de ces deux matières colorantes.
§ 26V Argent. L’argent se vend dans le commerce sous des formes différentes : quand il est à peu près pur, il porte le nom d’argent fin , qu’on trouve tantôt en lingots , tantôt en grenailles, tantôt en feuilles plus ou moins minces ; uni à diverses proportions de cuivre, il constitue les différents alliages d’argent du commerce. Indépendamment de toutes les propriétés physiques qui le distinguent , l’argent doit, quand il est pur, se dissoudre complètement dans l’acide nitrique pur, et sa dissolution étendue d’eau , traitée par un excès de chloride hydrique et évaporée à siccité, ne laisser aucun résidu.
§ 265. Applications. Anciennement on employait assez fréquemment l’argent en feuilles pour faire sur les tissus des impressions métalliques. Aujourd’hui ce genre est à peu près aban-
MERCURE , ARGENT ET OR
donné. Il existe encore d’anciennes recettes pour noir d’application solide, dans lesquelles figure le nitrate argentique, qu’on prépare directement en dissolvant l’argent dans l’acide nitrique; mais d’un côté le prix élevé de l’argent, de l’autre le bas prix des toiles peintes , ne permet plus l’emploi de ce métal malgré tous les avantages que certains de ses composés pourraient offrir dans l’impression de ces toiles.
§ 266. Or. L’or, ainsi que l’argent, est fourni par le commerce pur ou allié ; il est trop cher pour qu’on cherche à en appliquer les composés. A une certaine époque on faisait beaucoup d’impressions à reflets métalliques au moyen de l’or en feuilles ; mais maintenant, dans ce genre de fabrication , on remplace ce métal précieux par un alliage qui l’imite assez bien, l’or d’Allemagne.
Nous ne dirons rien , dans ce chapitre , des autres métaux précieux , tels que le platine , le palladium , l’osmium , l’iridium et le rhodium , attendu que nous nous réservons de parler des travaux dont ils ont été l’objet , et des applications dont ils sont susceptibles, en traitant de l’impression des couleurs métalliques. A cette occasion nous passerons aussi en revue les applications que pourraient recevoir les métaux rares , le molybdène, le tungstène , le cobalt, le nickel , etc., si leur prix élevé permettait de les employer dans les arts .